The Muppets / Life in Pieces (2015): un peu d’audace et c’est presque payant

The Muppets est une nouvelle sitcom de 13 épisodes diffusée depuis la mi-septembre sur les ondes d’ABC aux États-Unis et CityTV au Canada. La série ressort des boules à mites ces personnages qui ont charmé des tonnes d’enfants américains cette fois sous forme de « moqu-mentaire » pour un public plus adulte alors que tous travaillent à la production « Up Late With Miss Piggy », un genre de divertissement de fin de soirée mettant évidemment en vedette la populaire et irritable cochonne Peggy (Eric Jacobson) alors qu’elle et son fiancé, la grenouille Kermit (Steve Whitmire), viennent tout juste de se séparer. De son côté, Life in Pieces est une nouvelle comédie d’autant d’épisodes diffusée sur les ondes de CBS aux États-Unis et encore sur CityTV au Canada. Composée de plusieurs capsules indépendantes, on suit les hauts et les bas du quotidien d’un couple naissant, d’un deuxième qui vient d’avoir un bébé, d’un troisième dont les enfants entrent dans l’adolescence et d’un quatrième à la retraite pour ensuite apprendre qu’ils appartiennent tous à la même famille. Ces deux nouvelles comédies sortent des sentiers battus, tant pour leur contenant que pour leur contenu. S’il y a quelques petits ajustements à faire de part et d’autre, reste qu’on passe un bon moment et qu’on s’attache rapidement aux personnages.


The Muppets : trop ou pas assez de mordant?

Comme pour n’importe quelle variété, Miss Peggy et ses employés doivent faire des pieds et des mains pour recevoir des invités originaux à l’émission, mais c’est surtout la rupture entre les deux personnages principaux qui retiennent l’attention de tout le plateau. Si la cochonne en veut toujours à la grenouille qui l’a laissé, elle se console rapidement dans le second épisode dans les bras du chanteur Josh Groban, lequel tente insidieusement de partager la vedette du show de l’animatrice, ce qui se terminera par un échec. Sinon, parmi les nombreux techniciens, on s’intéresse surtout à Fozzy (Eric Jacobson) qui de semaine en semaine se retrouve toujours dans des situations ludiques : qu’il s’agisse de sa petite copine humaine ou d’une opportunité ratée pour lui d’écrire des textes d’humour pour Jay Leno.

Il s’agit de la deuxième apparition des Muppets à heure de grande écoute un soir de semaine. En effet, une version précédente n’avait duré que deux saisons jusqu’en 1998 pour une vingtaine d’épisodes. Sans ayant vraiment revampé le concept (les marionnettes évoluaient aussi dans l’univers d’une émission de variétés en télévision), force est d’admettre que la facture visuelle est réussie et que grâce au talent de ceux qui font les voix des personnages, on se prend rapidement au jeu oubliant presque qu’il s’agit de marionnettes. Quant aux moments les plus drôles de la série, c’est sans conteste lorsqu’ils sont en interactions avec les nombreuses stars invitées comme Elizabeth Banks, Tom Bergeron, Liam Hemsworth et mention toute spéciale à la prestation de Christina Applegate au troisième épisode. C’est que tous jouent une version plus ou moins caricaturale d’eux-mêmes tout en traitant ces Muppets comme si elles étaient de vraies personnes.

C’est justement là où on est un peu déçu à mesure que l’on enfile les épisodes qui sont d’une structure ultra classique et si c’était de réelles personnes qui auraient tenu tous les rôles, on doute que la série aurait fait long feu. Pour le moment, on ne mise pas assez sur l’aspect caricatural de ces créatures, ce qui aurait été une excellente manière de ruer davantage dans les brancards, d’autant plus qu’à la base les personnages sont issus d’une série pour enfants. Et si The Muppets manque de mordant selon certains, d’autres au contraire comme les One Million Moms, une association familiale conservatrice, l’on carrément qualifiée de « programme de nature perverse ». Ils dénoncent par-dessus tout les nombreuses répliques à connotations sexuelles (la comédie est diffusée à 20 heures) et des situations ambiguës, en plus d’exiger son retrait des ondes. On peut comprendre que certaines, ne serait-ce qu’une infime partie de la population, éprouvent une malaise en regardant cette émission avec leurs enfants, mais ce qu’il y a de plus choquant est qu’on hurle haut et fort à cause de quelques sous-entendus grivois alors qu’à la même heure, des émissions comme Gotham peuvent se permettre pratiquement n’importe quoi côté violence sans que personne n’élève la voix.


Life in Pieces : ça passe mieux en pièces détachées

Life in Pieces est présentée en divers tableaux ou petites saynètes et dans l’ordre, on commence avec Matt (Thomas Sadoski), fin trentaine, célibataire, fauché et vivant toujours chez ses parents alors qu’il fait la connaissance de Colleen (Angelique Cabral) qui vit toujours avec son ex-fiancé et qui est tout aussi désaxée que lui. Puis, c’est au tour de Greg (Colin Hanks), le grand frère de Matt qui vient tout juste d’avoir un bébé avec son épouse Jen (Zoe Lister-Jones) : en gros, ils ne dorment plus et n’ont pas davantage de patience et d’énergie pour autre chose. Ensuite, c’est Heather (Betsy Brandt), l’aînée mariée à Tim (Dan Bakkendahl) et parents de trois enfants dont l’aîné Tyler (Niall Cunningham) est en pleine crise d’adolescence. Finalement, les parents de toute cette tribu sont John (James Brolin) et Joan (Dianne West), retraités, mais étant autant, sinon beaucoup plus actifs que leurs enfants et qui sont probablement aussi les plus zen face aux problèmes de la vie.

 

Si Life in Pieces ne réinvente pas la roue, on sait définitivement provoquer le rire grâce à un scénario allumé porté par des acteurs qui le sont tout autant. Et ce, en se basant sur des expériences très banales, qu’il s’agisse de présenter Colleen à la famille lors d’un brunch dominical, de visiter les collèges, de regarder un match de football en famille ou pour Tyler ou pour Greg, d’aller en pleine nuit au dépanneur acheter des couches. Fatiguée à son retour en voiture, la police l’arrête et l’amène au poste, pensant qu’il est saoul. Lorsqu’il apprend à Jen qu’il va passer quelques heures en prison, celle-ci de rétorquer : « I cannot believe you are getting a night away » !

La série tire aussi son épingle du jeu dans la construction de ses épisodes qui sont généralement divisés en 4 chapitres où on voit les couples, à différents stages de leurs vies évoluer à deux plutôt qu’en famille, sauf un segment environ par épisode. C’est qu’on semble s’être donné le mot chez les réseaux de toujours privilégier la famille lorsqu’on lance une nouvelle comédie, en particulier une sitcom, si bien que les différents protagonistes sont constamment dans la même pièce et n’ont que quelques répliques à eux dans un brouhaha familial exploité à l’extrême. Est-ce que Life in Pieces est assez originale et drôle pour être regardée chaque semaine en direct? Peut-être pas, mais elle n’est pas à reléguer aux oubliettes non plus.

The Muppets a connu un excellent démarrage avec 9,01 millions de téléspectateurs pour son pilote et un taux de 2,9 chez les 18-49 ans. Simple curiosité non satisfaisante? Il est permis de l’affirmer puisqu’à la quatrième semaine, il n’en restait que la moitié (4,5 millions) et même chose chez les plus jeunes (taux de 1,3). De son côté, Life in Pieces a aussi commencé en lion avec 11,28 millions de téléspectateurs et un taux de 2,6 chez les 18-49 ans. Si l’audience a baissé à 7,84 en quatrième semaine, son taux dans la case payante est à 1,8, ce qui est encore très bon. Gageons que la longévité est plus facile à prévoir du côté de CBS.

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