The Trials of Jimmy Rose (2015): non coupable, mais de justesse

The Trials of Jimmy Rose est une nouvelle minisérie de trois épisodes qui a été diffusée du 30 août au 13 septembre sur les ondes d’ITV en Angleterre. Le tout commence alors que le protagoniste du même nom (Ray Winstone) vient tout juste d’être libéré après 12 ans passés derrière les verrous pour vol à main armée. Cette absence si longue a bien entendu causé des plaies au sein de sa propre famille. En même temps, la réinsertion ne s’effectue pas sans heurts alors qu’il croise sur son chemin Tony Chivers (Mel Raido), un gangster contre qui il a déjà travaillé et qui « insiste » pas très subtilement pour qu’ils collaborent. La pression est d’autant plus forte que le protagoniste a une importante dette à régler. Jamais une série ne s’est autant démenée pour réunir à la fois un public féminin et masculin et c’est cette tentative cahin-caha qui définit le mieux The Trials of Jimmy Rose. Par contre, elle est portée à bout de bras par ces acteurs chevronnés et la durée relativement courte de la fiction nous épargne des longueurs. En faisant fi de certaines séquences écrites au crayon-feutre, le divertissement est tout de même au rendez-vous.

Jaune, rouge et mauve

Jimmy est libéré après avoir servi sa peine à l’âge de 61 ans et outre sa fille Julie (Charlotte Randle) et son petit-fils Elliot (Jadon Carnelly Morris), qui sont ravis de le retrouver, c’est tout le contraire pour son épouse Jackie qui entre-temps a rencontré un autre homme (le détective Steve McIntyre (John Lynch), ce qu’elle lui révélera dans l’épisode subséquent), ni pour son fils Joe (Tom Cullen) qui ne lui adresse même plus la parole. Pour  faire référence au titre,  Jimmy devra plaider sa cause auprès de chacun de ceux qu’il a blessés du à son absence, à commencer par Ellie (Montanna Thompson), la fille de Julie qui a quitté le nid familial et a plongé dans la drogue. Alors qu’il parvient à retrouver les revendeurs, ceux-ci le tabassent et comme si ce n’était pas assez, ils font sauter sa voiture en guise d’avertissement. Prêt à tout pour sauver sa petite fille qui a une dette envers ceux-ci de plusieurs milliers de livres, le protagoniste se charge de payer la note, mais pour ce faire, il doit accepter de retravailler une dernière fois pour Tony dans une affaire impliquant la transaction de stupéfiants. Ayant avoué ce qu’il s’apprête à faire à Jackie, celle-ci le convainc de collaborer avec McIntyre afin d’arrêter les malfrats. Dès lors, c’est quitte ou double pour Jimmy.

S’il y a une chose qui nous frappe dans la mise en scène lors du visionnement de The Trials of Jimmy Rose et qui par conséquent la définit bien, c’est bien l’intensité de la couleur des murs de la maison familiale, délibérée sûrement, mais surtout symptomatique des forces et faiblesses de la série. Jimmy, l’homme par excellence déteste partager ses émotions, ce qui est en partie à l’origine de sa rupture d’avec sa femme et chaque fois qu’il est contrarié (et depuis sa libération, les occasions sont nombreuses), il s’enferme dans sa salle de billard aux murs d’un rouge très vif. À l’opposé, l’on retrouve presque tout le temps Jackie dans la cuisine-salle à manger, très lumineuse au jaune apaisant. C’est d’ailleurs le seul lien fiable qui subsiste entre tous ses enfants et son mari et qui serait susceptible d’apaiser les colères entre eux. Reste la chambre du couple d’un violet foncé qui dans la symbolique des couleurs signifie l’équilibre émotionnel, le romantisme et l’introspection. C’est justement dans cette pièce qu’ils ont toutes leurs discussions les plus graves ou du moins, les plus déterminantes quant à leur avenir commun.

Ce « casse-tête » multicolore est justement à l’image de la série où se chevauchent des intrigues à intensité variable, mais qui ne se complètent pas pour autant. Tantôt on a une course contre la montre entre Jimmy et des revendeurs de drogue, tantôt, on tombe dans le mélodrame lors d’une remise en question du couple. Si le titre de la fiction d’ITV ne laisse aucun doute sur la ligne principale prévue, on est plus ou moins convaincu en regardant le résultat final parce qu’en fait, la ferme volonté de Jimmy de sortir Ellie du milieu de la drogue et toutes les actions qui en découlent est le sujet principal, au détriment de ces supposés « procès » entre le père et sa famille. C’est dommage parce que cette orientation scénaristique inutilisée avait beaucoup de potentiel.

Quelques faiblesses

Dans sa structure, The Trials of Jimmy Rose nous rappelle The Driver, diffusé l’an dernier sur BBC One et dans laquelle un père de famille et chauffeur de taxi, accepte de servir de chauffeur à des membres du crime organisé. Certes, il s’enrichit, mais tombe inévitablement dans l’illégalité. La même chose se produit avec la série d’ITV parce qu’une fois libéré, on s’attend à ce que Jimmy veuille rester dans la légalité. Pourtant, au lieu d’hypothéquer sa grande maison ou de vendre une de ses voitures, il préfère travailler pour Tony. Comble de l’ironie afin de sortir définitivement sa petite-fille de l’enfer de la drogue, il accepte d’aller en voler à un revendeur concurrent pour toucher un bon montant. Puis, à la fin du second épisode, il se résout à prendre part à ce crime et affirme, un peu trop solennellement : « I’m done being a good boy ». Plus tard au commissariat, le détective McInyre implore Jimmy de collaborer avec la police, pour le bien de sa famille et au mur derrière lui, il y a une affiche géante où il est écrit : « Knowing someone is there always gives me hope ». Dans une scène suivante, le protagoniste a une discussion avec Jullie au sujet d’Ellie et on a encore droit à un poster tout aussi peu discret où il est écrit « Never give in! ». La conclusion du récit rachète en partie ces quelques carences, mais disons que la subtilité n’est pas au rendez-vous.

Le lancement de The Trials of Jimmy Rose n’a pas fait beaucoup de vagues, sans pour autant qu’on la qualifie d’échec. Le premier épisode a rassemblé 4,40 millions de téléspectateurs et s’est retrouvé au 14e rang des émissions les plus regardées de la chaîne durant cette semaine. La série s’est fait des fidèles, puisqu’à l’épisode suivant, le nombre d’auditeurs est passablement resté le même.  Quant à la finale, elle a tout de même conservé 3,53 millions et s’est retrouvée au 17e rang.

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