Blunt Talk (2015): un présentateur haut en couleurs

Blunt Talk est une nouvelle comédie de dix épisodes diffusée depuis la fin août sur les ondes de Starz aux États-Unis et son porte-étendard est Walter Blunt (Patrick Stewart), un commentateur de nouvelles de la chaîne fictive UBS qui a de moins en moins la cote auprès de son public. Mais voilà que plus que jamais sa carrière ne tient qu’à un fil après qu’il ait été arrêté par la police alors qu’il marchandait en pleine rue les services d’une prostituée… transsexuelle. Évidemment, une caméra de TMZ se trouvait dans les parages et la vidéo a fait le tour du pays. Ce n’est par contre qu’une malchance parmi d’autres qui frappent de plein fouet le protagoniste qui cahin-caha réussit toujours à s’en sortir, non sans perdre quelques plumes. Avec comme producteur exécutif Seth MacFarlane qui s’est récemment planté avec la sitcom Dads, on aurait pu craindre le pire, mais non. Blunt Talk est soutenue par un personnage principal fort, à la fois pathétique, excentrique et surtout très attachant. Épisodes avec « scénario en escalade », on ne sait jamais où ça nous mènera et on en redemande!

 

Hagard, mais alerte

Les premières minutes du pilote nous montrent un Walter déconnecté par rapport à la réalité : ivre, il fait monter dans sa voiture une prostituée et après qu’elle lui eu annoncé qu’elle était transsexuelle (ce à quoi il répond, « I’m English »), la police débarque et en moins de deux tout le monde est au courant du scandale. Ne baissant jamais les bras, il convainc son patron Bob (Romany Malco) de lui donner une dernière chance, mais on ne donne pas cher de sa peau alors que son valet Harry (Adrian Scarborough) ne cesse de lui donner des verres de whisky, son collègue Jim (Timm Sharp) des méthamphétamines et son psychologue Sam (Ken Weiler) des tranquillisants. Il s’en sort néanmoins et dans le deuxième épisode, il doit couvrir une tempête qui dévaste la ville de Galveston, mais ayant raté l’avion, il convainc son voisin, producteur de films pornographiques, de lui laisser utiliser son studio muni d’un green screen. Par contre, ça adonne qu’à ce moment même, des employés du département fédéral de la santé débarquent, convaincus que l’agence n’utilise pas de condoms. Finalement, dans le troisième épisode, Walter se voit obligé par un juge d’assister à une réunion des A.A.; un prétexte pour nous présenter toutes les dépendances bizarres de son équipe.

Il faut d’abord lever nos pouces à Patrick Stewart qui a manifestement un don inné pour la comédie. Autant on le plaint d’être le jouet de ses collègues qui dépendent tous de lui côté travail, autant il est toujours prêt à rebondir, quelles que soient les circonstances. Force de la nature, son comportement est empreint de nostalgie, citant Shakespeare ou Oscar Wilde au passage (« We’re all in the gutter… But some of us are looking at the stars. ») ou encore rêvant à des films hollywoodiens d’une autre époque lorsqu’il tombe dans le coma (ce qui lui arrive fréquemment). C’est aussi tout son entourage qui bien qu’un peu fade par moment, vient donner de la chair à l’os de Blunt Talk. Ici, on ne peut accoler les étiquettes de la garce, du nerd ou du crétin de service à ses collègues; dénués de cliché, on mise plutôt sur leurs petits défauts ou manies qui nous les rendent plutôt attachants.

Starz et l’Angleterre

Starz est une des chaînes câblées les plus inégales. Autant elle peut accoucher de drames prévisibles comme Power ou de comédies copieuses comme Survivor’s Remorse, autant elle nous fait voyager avec l’excellente Outlander et The Missing ; une coproduction avec BBC One. D’ailleurs, c’est lorsqu’elle se rapproche du style d’outre-mer qu’elle nous donne ce qu’elle a de mieux ; ce qui est le cas ici avec Blunt Talk. En effet, l’humour de la série très « british » nous fait tout de suite penser à Keeping Up Appearances avec un personnage principal à la fois guindé et gaffeur et surtout sur de savoureuses répliques comme : « I need to be a better father to the American people ! … and of course to my own children. », ou encore, en visite aux A.A. « You know, Harry, I know nothing about the 12-step movement. Do you? / Not really, sir. I imagine the 12 steps must be similar to the 10 Commandments. / Makes sense. ». Et c’est sans compter certaines mises en situation où l’on ne parle pas, dignes de comédies du muet où les personnages font des pieds et des mains pour se sortir du pétrin comme la scène de la salle de bain à l’aéroport…

Blunt Talk a très bien démarré avec 440 000 téléspectateurs en direct suivit de 341 000 pour son second épisode. Si ces chiffres semblent modestes, il faut aussi prendre en compte qu’en trois jours suivant cette diffusion, le premier épisode a été vu par 2,4 millions de gens en additionnant les enregistrements et la vidéo sur demande, ce qui est un record pour Starz. Ajoutons à cela le fait que ce soit la série qui ait fait le plus parler d’elle aux États-Unis sur Twitter ce samedi soir selon les chiffres de Nielsen, Blunt Talk a un bel avenir devant elle ; d’ailleurs, la chaîne a déjà commandé une seconde saison de dix épisodes également.

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