Public Morals (2015): vieille mentalité

Public Morals est une nouvelle série de dix épisodes diffusée depuis la mi-août sur les ondes de TNT aux États-Unis. On nous transporte au début des années 60 à New York alors qu’une division spéciale de la police doit s’assurer d’éliminer toutes traces de vices dans la ville, qu’il s’agisse de prostitution, de bars pour homosexuels ou encore de maisons de jeu clandestines. En même temps, ces représentants de l‘ordre sont conscients qu’il est impératif de conserver un certain équilibre entre les puissants malfrats, leurs clients qui ne demandent qu’à se divertir et la loi. À leur manière, les policiers y parviennent, mais un meurtre survenu au premier épisode pourrait bien changer la donne. Création du comédien Edward Burns qui réalise certains épisodes et qui joue l’officier Terry Muldoon, l’un des rôles principaux, Public Morals est un peu trop proprette étant donné le sujet qu’elle exploite et dans les trois premiers épisodes, on note un manque d’action flagrant et d’équilibre entre les scènes. De plus, c’est à se demander si l’imagination des programmeurs de TNT n’est pas à sec étant donné que la chaîne multiplie les nouvelles séries policières avec de piètres résultats.

Entre deux chaises

Depuis quelques années, le « vice » est en recrudescence à New York. Mais voilà que les proxénètes, maisons de jeux et tenanciers de bars jouissent d’une équipe considérable qu’il n’est pas aisé de déloger, si bien que l’équipe de Muldoon se garde d’intervenir, tout en amassant des pots-de-vin des faussaires en guise de dédommagement. La tension montre d’un cran lorsque le fils du chef de clan Joe Patton (Brian Dennehy) Rusty (Neal McDonough), assassine le chef rival Mr. O’ (Timothy Hutton) qui se trouve aussi être l’oncle de Muldoon. Dès lors, la bisbille commence à s’installer. Entre-temps, les policiers doivent aussi gérer leurs propres problèmes personnels : alors que Terry peine à s’entendre avec son plus vieux fils James (Cormac Cullinane), son acolyte Charlie (Michael Rapaport) ne digère tout simplement pas que son aînée veuille quitter le nid familial et tout de suite se marier. De plus, il entretient des relations floues avec Fortune (Katrina Bowden), une prostituée qui se retrouve toujours dans de sales draps (jeu de mots involontaire).

La première chose qu’on éprouve en regardant les premiers épisodes de Public Morals est l’ennui. En effet, les flics ici ne font que traîner de bar en bar sans vraiment s’engager à des actions concrètes, sinon de bavarder à l’infini. Le manque de punch est assurément le principal élément que l’on puisse reprocher à la série. Quelques coups de feu à la fin des deux premiers épisodes et il faut attendre le troisième pour voir comment les policiers procèdent pour extorquer de l’argent aux malfrats, et ce, de manière bien simplette. En fait, en début de saison, ils maintiennent tellement bien l’équilibre entre leurs deux fonctions qu’ils évitent de faire des vagues… et par conséquent, nous paraissent bien ternes. Entre-temps, leurs problèmes familiaux ne sont ni engageants et on est loin d’avoir l’impression qu’ils sont utiles aux intrigues.

Dans la même veine, il y a aussi cette décision très discutable d’avoir implanté le récit à l’orée des années 60. On veut manifestement évoquer un certain univers s’apparentant à la trilogie du Parrain, mais là aussi, on s’en tient au minimum : c’est à peine si les tenues et coiffures féminines obtiennent la moyenne, on boit du whisky en masse et la fumée de cigarette flotte constamment dans les airs… alors qu’aucun d’eux ne fume vraiment puisqu’ils n’expirent jamais la fumée! C’est justement ce qui énerve : l’un joue au mafieux, l’autre joue au policier, l’autre soigne un peu trop son accent irlandais et la gestuelle qui va apparemment avec.

Policiers en série

Quand on s’y attarde, force est d’admettre que la palette de TNT niveau fiction est plutôt réduite, du moins en terme d’offre. En effet, la chaîne est surtout reconnue pour ses nombreuses reprises de séries policières comme Bones, Castle, CSI :NY, Hawaï 5-0 et Law & Order. Et bien que la chaîne existe depuis 1988, il faudra attendre l’année 2000 pour qu’elle crée sa première série originale : Rizzoli & Isles. Encouragée par ce succès « policier » ou orienté vers les forces de l’ordre, TNT a lancé depuis une dizaine de fictions maison dont la moitié flirtant avec le même genre et qui par conséquent ne brillaient pas par leur originalité. En décembre 2013, on lance Mob City, un policier se déroulant dans les années 20 qui avec en moyenne 1,7 million de téléspectateurs a à peu près déçu tout le monde. Au début de l’été 2014, c’est King & Maxwell qui finalement est annulée après une saison, malgré une moyenne de 3,1 millions. Un mois plus tard, on y va avec Murder in the First qui rencontre un certain succès critique et avec 2,8 millions en auditoire, la série obtient une deuxième saison (laquelle se révèle catastrophique autant en audience que pour la nullité de son intrigue principale). Comme si ce n’était pas assez, au même été 2014, la chaîne lance en août Legends et malgré un score encore plus bas que les précédentes (1,5 million tandis que la finale a obtenu le plus bas score : 0,9), en voilà une autre de renouvelée. Finalement, on a presque tout essayé : années 20, duo homme/femme, un agent qui change d’identité; voilà maintenant Public Morals qui a pour seule distinction de se dérouler dans les années 60. What’s next?

Justement, avec les moyennes d’écoute ci-haut, il est difficile de déterminer à l’avance l’avenir des séries de TNT et dans le cas de Public Morals, c’est encore plus compliqué. C’est que la chaîne a lancé la série le 25 août et que le lendemain, elle a mis les épisodes 2 à 4 en ligne. Certes, cette technique peut donner l’impression que TNT est « dans le coup », mais ne serait-ce pas parce que les premiers épisodes sont si lents qu’on espère qu’en les regardant rapidement, le portrait général séduira davantage? Quoi qu’il en soit, la première projection télé a attiré 2,14 millions de téléspectateurs et la semaine suivante, 1,53 étaient toujours au rendez-vous. Avec ce casse-tête entourant les différentes diffusions, qui sait si la série reviendra, mais disons que rien que pour sa suffisance, la série devrait être mise aux oubliettes.

 

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