Clipped / Another Period (2015): on tourne la page

Clipped est une nouvelle sitcom de dix épisodes diffusée depuis la mi-juin sur les ondes de TBS aux États-Unis. Dans un des quartiers les plus pauvres de Boston se trouve le « Buzzy », un salon de coiffure réunissant sept protagonistes qui se connaissent depuis l’enfance et qui malgré des aspirations de carrières diverses, se retrouvent tous à exercer le même métier. De son côté, Another Period est une série d’autant d’épisodes diffusée depuis la fin juin sur les ondes de Comedy Central aux États-Unis et MTV au Canada. Comme son titre l’indique, nous effectuons un saut dans le temps pour atterrir en 1902 chez les Bellacourt, une richissime famille du Rhode Island. Les deux sœurs Lilian (Natasha Leggero) et Beatrice (Riki Lindhome) rêvent de tout ce qu’elles ne peuvent avoir, c’est-à-dire la célébrité, l’amour… et le divorce. Mais ces deux enfants gâtées ne sont pas à plaindre pour autant alors qu’elles s’efforcent de rendre la vie misérable à leurs domestiques, tout comme le reste de la famille d’ailleurs. Ces comédies ont quelque chose de narcissique dans le sens ou les personnages principaux ont peu d’interactions avec le monde extérieur, ce qui n’aurait pas nui aux deux œuvres. De cela, il en découle que la première ne lève pas et qu’on se lasse de la seconde après quelques scènes seulement.

Clipped : peu de coups de ciseaux

C’est à Buzzy (George Wendt), un homosexuel dans la soixantaine qu’appartenait le salon de coiffure, mais depuis peu, il a choisi de continuer à couper des cheveux sans s’embarrasser de la gestion si bien qu’il a vendu l’établissement au jeune Ben (Ryan Pinkston). Patron pingre, imbu de lui-même; il est systématiquement maintenu à l’égard du groupe. Justement, il a pour employés A.J. (Mike Castle) qui rêve plutôt de devenir joueur professionnel dans la MLB, Danni (Ashley Tisdale) qui convoite de devenir chanteuse professionnelle, Mo (Matt Cook), le faire-valoir de Ben, Charmaine (Diona Reasonover) qui n’ayant pas la langue dans sa poche se préoccupe peu de ses clients et la réceptionniste Joy (Lauren Lapkus), une ardente catholique. À chaque épisode, ces archétypes se plaignent de leurs rôles et rêvent d’un avenir meilleur, flirtent entre eux où s’adonnent à leur jeu favori : se moquer de Ben.

D’abord, mention honorable pour avoir situé l’action dans un salon de coiffure, un milieu de travail peu exploité à la télévision et qui pourtant regorge de potentiel. D’abord pour la mixité des clients : on a tous besoin d’une coupe de cheveux de temps en temps et on a tous une anecdote liée à notre visite. Certains clients ont tôt hâte d’avoir fini aussitôt arrivés alors que d’autres y vont pour se confier quitte à y passer de longues heures. Et qu’en est-il des coupes? Certains demeureront d’éternels insatisfaits et le contraire est aussi vrai, peu importe le goût des autres.

C’est justement là le problème avec Clipped; jamais au cours des premiers épisodes l’humour n’est axé sur l’expérience client. La série est une création de Max Mutchnick et David Kohan, les créateurs de Will & Grace et comme c’était le cas à l’époque, la fiction met l’accent sur l’amitié et non le travail avec des références incessantes à la culture populaire et un rythme soutenu des dialogues qui lorsque bien exécutés, enchaîne les blagues avec brio. Ici, malgré quelques bons gags, on a l’impression de réchauffé et on déplore surtout sur ce que la série aurait pu être.

Another Period : humour brouillon

Les Bellacourt ont beau être extrêmement riches, la classe, ça ne s’achète pas et elle fait défaut à toute la famille. Lilian et Beatrice ne font rien de la journée sinon de se montrer impitoyables envers leurs serviteurs et leurs maris, lesquelles s’en moquent par ailleurs puisqu’ils entretiennent une relation homosexuelle. Si Lilian est toujours à la recherche du grand amour, Beatrice a depuis longtemps trouvé le sien : Frederick (Jason Ritter), son propre frère. Dans le premier épisode, elles attendent avec impatience la visite d’un influent marquis qui avec ses importantes connexions avec le milieu artistique. Dans le second, elles font tout ce qu’elles peuvent pour divorcer et finissent éventuellement par convaincre leurs époux de faire semblant qu’ils sont morts, en échange d’une forte somme d’argent. Dans le troisième, c’est le faux enterrement, qui se conclut… par le retour en scène des deux maris!

En entrevue, Natasha Leggero décrivait Another Period comme un mélange entre Downton Abbey et Keeping Up With The Kardashians. En effet, en mettant en scène un mode de vie décadent, on n’a pas lésiné sur les prises de bec bien entendues féminines et les références à la Belle Époque sont nombreuses. Mais voilà, le scénario est écrit au crayon-feutre et les blagues sont surtout portées sur le sexe, qu’il s’agisse d’inceste, de viol, de violence conjugale ou d’hygiène corporelle (à un moment,  la matriarche Dodo (Paget Brewster) dit à l’une de ses filles : « Afternoons are for defecating and learning latin! »). Puis, lorsqu’on est à court de gags, même ceux que l’on semble avoir écrits sur le bout d’une table en 5 minutes, on casse quelque chose ou on insulte les employés. Et puisqu’il s’agit d’une parodie, tant pis si on voit les cheveux réels des actrices dépasser des perruques surdimensionnées ou si on ne croit pas bon d’y inclure un minimum de bon sens. Ça divertit peut-être le temps d’un épisode, mais assurément pas une saison complète.

Étant donné qu’il s’agit d’une chaîne câblée et que l’on soit en pleine période estivale, les performances de Clipped surprennent : 1,42 million de téléspectateurs ont assisté à la première et au bout de six semaines, la production se maintenait toujours au-dessus du million, ce qui n’est vraiment pas mal quand on pense que des dramatiques diffusées aux mêmes heures comme UnReal peinent à dépasser les 750 000 en auditoire (du moins, en direct). Du côté de Another Period, c’est carrément la débandade. Si la série avait vu son auditoire légèrement augmenter au second épisode, passant de 610 000 à 700 000 téléspectateurs, à la quatrième semaine, il n’en restait plus de 290 000. Les intrigues des Bellacourt ne feront donc pas long feu…

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