The Messengers (2015) : sauver (encore) l’humanité

The Messengers est une nouvelle série de 13 épisodes diffusée depuis la mi-avril sur les ondes de The CW aux États-Unis et KTLA au Canada. Le point de départ est une comète qui s’écrase dans le désert du Nouveau-Mexique, dégageant des ondes qui provoquent la mort de cinq personnes : Vera (Shantel VanSanten), Erin (Sofia Black-D’Elia), Peter (Joel Courtney) Raul (JD Prado) et Joshua (Jon Fletcher). Cependant, ceux-ci ressuscitent, tels des anges, dotés de pouvoirs surnaturels et ils devront en faire usage s’ils veulent contrecarrer les plans de L’Homme (« The Man » dans la série, Diogo Morgado) qui n’est nulle autre que… le diable et qui s’est mis en tête de réduire l’humanité à néant, rien de moins. Avec une prémisse aussi audacieuse, on aimerait bien voir nos cinq héros en action, mais après trois épisodes, c’est à peine s’ils ont décidé de faire front commun contre le mal. Encore une fois, The CW accouche d’une série « surnaturelle » qui mélange de façon maladroite super-pouvoirs et mysticisme; ce qui a déjà été fait ailleurs, et sans succès. Ajoutons à cela des personnages fades et un manque de structure à l’intérieur des épisodes, The Messenger est à l’image de sa case horaire : lancée au printemps un vendredi soir…

 

Chacun de son côté

C’est l’histoire classique, les personnages destinés à sauver la planète sont avant l’arrivée de la météorite en perte de repère et à la recherche d’un sens à leur vie, sans le savoir. Vera est une scientifique dont le fils a été enlevé il y a plusieurs années tandis qu’Erin essaie par tous les moyens d’éloigner sa fille Amy (Madison Dellamea) de son père; un ex-mari pour le moins violent. Du côté des garçons, Raul est agent fédéral dont les proches sont constamment menacés, Joshua est un télévangéliste à succès, mais sa femme l’a trompé avec son propre père et le bébé qu’elle porte pourrait être de l’un, comme de l’autre. Enfin, il y a Peter, un adolescent victime d’intimidation. Signe du destin, ils se retrouvent tous dans un hôpital alors que L’Homme demande à Vera de tuer une certaine Rose (Anna Diop) qui est dans le coma depuis sept ans, en échange de quoi, il lui dira où est son fils. Fort heureusement, la patiente reprend ses esprits au bon moment et peut enfin révéler à ses « disciples » qu’ils sont désormais des anges et que leur mission est d’enrayer le diable et surtout les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse dont les sabots se font déjà entendre. Pour cela, ils peuvent compter sur leurs nouveaux pouvoirs magiques : Amy peut guérir n’importe quelle âme, Joshua a des visions du futur, Raul peu entendre ce que les autres pensent, Vera peut passer à travers les murs, Peter est doté d’une force surhumaine tandis que Rose comprend toutes les langues de la terre. Ils sont donc armés pour affronter leurs ennemis, mais justement, qui sont-ils et quand est-ce que l’action commence?

C’est là tout le problème avec les trois premiers épisodes de The Messengers : l’intrigue tarde à démarrer et est par-dessus tout très mal découpée. Normalement, à la fin du pilote, on sait de quoi il sera question, mais pas ici. L’épisode se termine alors que la moitié des personnages ont découvert leurs nouveaux pouvoirs, et ce, sans qu’ils sachent (pas plus que nous d’ailleurs) de quoi il en retourne. Ce n’est que dans la première demie de l’épisode suivant que Rose nous annonce enfin l’objectif. Dès lors, on se serait attendu à ce les protagonistes commencent à travailler en équipe, mais non, chacun va dans sa direction régler ses problèmes. Pourtant, la dernière vision de Joshua impliquait des explosions et un premier ministre arabe qui pourrait lui-même être un des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse. Pendant que le télévangéliste attend bêtement une autre vision, Vera s’intéresse davantage à la comète, Raul est à la recherche de son frère tandis que Peter ne fait rien (il doit avoir dit un maximum de 4 à 5 phrases à la suite du pilote).

Cette première intrigue est donc en suspend à la fin du troisième épisode. Certes, la série n’a pas à emprunter le format classique du procédural, ce qui serait logique ici, mais le scénario n’est pas non plus « cinématographique », c’est-à-dire constitué d’une seule grande ligne. On n’a aucun repère quant à ce qui s’en vient, ce qui est un défaut dans ce cas-ci et bien qu’on ne doute pas que les « anges » finiront par travailler de concert éventuellement, The Messengers nous offre un départ plutôt bancal reflété par les cotes d’écoute.

 

Changez de disque!

Il faut donner ça à The CW, la chaîne recycle au possible ses succès. Dans le genre fantastique, on pouvait voir à l’œuvre au tournant du millénaire les sœurs Halliwell combattre les démons grâce à des pouvoirs magiques dans Charmed et une formule similaire a été reprise avec Supernatural, encore en ondes. The CW ne s’est pas arrêté là et nous a offert à la fin 2013 The Tomorrow People dans laquelle des jeunes dotés des mêmes pouvoirs combattaient des ennemis chaque semaine. La formule s’épuisant (la série a été annulée après une longue saison de 22 épisodes), il fallait en rajouter avec The Messengers, mais cette fois en y ajoutant un côté mystique puisqu’on s’appuie sur des versets du Nouveau Testament. Après Dig, Olympus, 12 Monkeys et dans une certaine mesure Ascension, on a tellement exploité le thème de la fin du monde qu’on l’a banalisé et de toute façon, outre les ailes d’ange et les yeux rouges de L’Homme, la spiritualité ne compte pour pas grand-chose dans la balance. Bref : à défaut de nous convaincre de la crédibilité de la mission des cinq, on nous balance pour compenser des phrases comme « He’s coming for us all », « God is angry », « This is the begining of the end ». Si au moins la série versait davantage dans le soap, pour combler ses lacunes (ce que Sleepy Hollow fait très bien). Quand même : une petite dose d’autodérision lorsque Vera affirme : « I’m trapped in a episode of Touched by an Angel »!

The Messengers a attiré 1,19 million de téléspectateurs lors de son premier épisode, puis, 770 000 pour le second, 700 000 pour le troisième et un faible taux de 0,2 sur les 18-49 ans. À titre de comparaison, iZombie cumule jusqu’ici une moyenne de 1,9 million tandis que Jane the Virgin fait 1,2 million et a été reconduite. Le temps est donc compté pour Vera, Erin, Raul, Peter et Joshua; en espérant qu’ils auront assez de temps pour arrêter le désastre.

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4 réflexions sur “The Messengers (2015) : sauver (encore) l’humanité

  1. Il doit être difficile quand on est critique de série en série, de devoir changer ses habitudes. Devant la richesse de l’offre, donner une vision globale d’une histoire de longue haleine (10,13-22 épisodes par saison, sur plusieurs saisons) en visionnant 3 épisodes, ce qui est pas mal. Beaucoup se contente du »pilote » pour asséner, avant les autres si possible « leur » vision d’expert sur une série au risque de la condamner. Je me rend compte que sur cette série vous êtes bien embarrassé car les codes « habituelles » sont un peu bousculés. Le « pilote » sensé poser les pièces de l’échiquier, avant que la partie ne se déroule au fil de la série, ne répond pas à vos attentes…pire j’ai l’impression que les 3 premiers épisodes mis bout à bout, ne suffisent pas à faire un « pilote » convenable…Alors comment faire? En l’état l’histoire semble difficilement jugeable, pouvons nous avoir alors une vision sur d’autres aspects? Qualité et/ou subtilité des dialogues, jeu des acteurs, qualité des images du son..Peut-être alors pourrions nous espérer que quelques courageux spectateurs regarderont jusqu’au bout la série et pourrons nous espérer donner une deuxième chance à certaines séries pouvant être intéressantes car sortant des codes….Beaucoup de critiques reprochent un certain conformisme aux œuvres qu’ils visionnent, et quand celles ci sortent de l’ordinaire les critiques, en désarroi, leur tombent dessus…Je viens d’en faire l’expérience avec z world, la laborieuse « 12 monkeys » (en cours de vision) qui bien que chaotique, cheap et parfois mal joué dispose de certains atouts (suis je sujet au syndrome de Stockholm ?)

    • Vous aimez définitivement les séries de science-fiction, ce qui – a priori- n’est pas ma tasse de thé, alors je dois vous sembler bien négatif! Je retiens cependant vos remarques quant à l’aspect « mise en scène » sur une série. Pour The Messengers, rien de vraiment spécial à signaler, d’autant plus que les superpouvoirs des héros pourraient être reproduits par n’importe quel adolescents avec un iPhone. Et les yeux qui changent de couleur (ici, rouge) tellement, tellement redondant… Concernant d’autres séries: quelque fois, l’histoire était bidon, mais je l’ai quand même suivie au moins une saison justement pour cet aspect (Da Vinci’s demons ou Sleepy Hollow par exemple) ce facteur peut évidemment venir jouer dans la balance.

  2. Fan de SF c’est vrai, par contre tout ce qui touche aux Sorcières, Loups Garous, Vampires, et supers Héros n’est pas ma tasse de thé (en gros le fantastique), je préfére la laisser aux ados. Me voilà donc déçu par cette info, des Elus que l’on dote de superpouvoirs pour sauver le monde….Le pitch me paraissait sympa pourtant mais bien souvent les scénaristes usent et abusent de « super pouvoirs » pour tirer leur « héros » de situations dangereuses. En général les histoires deviennent creuses et sans reliefs

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