Younger / Weird Loners (2015): difficile de changer de vie

Younger est une nouvelle série de 12 épisodes diffusée depuis la fin mars sur les ondes de TV Land aux États-Unis et M3 au Canada. Le personnage principal, Liza (Sutton Foster), 40 ans, tente de retourner sur le marché du travail après une longue pause durant laquelle elle a élevé sa fille, maintenant âgée de 18 ans et en stage en Inde. Alors que le domaine de l’édition ne semble que jurer pour la jeunesse, sa meilleure ami Maggie (Debi Mazar) lui offre un make-over qui la rajeuni d’au moins 10 ans et grâce à ce subterfuge, elle est engagée chez Empirical Publishing, mais combien de temps parviendra-t-elle à berner tout le monde? Chez Fox à pareille date, on a lancé Weird Loners, une série de six épisodes diffusée aussi sur les ondes de CityTV au Canada. Elle met en scène quatre protagonistes allergiques aux relations de couple qui se retrouvent à partager le même toit, soit, Caryn (Becki Newton), Stosh (Zachary Knighton), Eric (Nate Torrence) et Zara (Meera Rohit Kumbhani). On assiste donc au quotidien de ces électrons libres qui est loin d’être banal. Ces deux séries comptent des personnages attachants et la simplicité des aventures qu’ils vivent chaque semaine fait leur charme. Et comme la popularité des comédies semble se jouer sur un coup de dés ces dernières années, espérons qu’elles récolteront le fruit de leur originalité.

Younger : au fond, laquelle est pathétique?

Le cas classique : le mari de Liza l’a récemment laissé pour une plus jeune et le couple était si endetté qu’il doit se départir de la maison familiale. Il est donc pressant pour cette quarantenaire qui a fait des études en littérature de se trouver un emploi. Après avoir essuyé plusieurs refus humiliants, de la part de patronnes bien plus jeunes qu’elle, elle rencontre un soir dans un bar Josh (Nico Tortorella) qu’il tente de séduire croyant qu’elle a plus ou moins son âge (mi-vingtaine). Ces compliments poussent Liza à jouer le jeu, ce qui lui réussit puisqu’elle devient l’assistante de Diana (Miriam Shor), une patronne de son âge, mais aigrie qui n’hésite pas à lui voler ses meilleures idées. Pendant ce temps, Liza continue de jouer la comédie avec Josh qu’elle affectionne de plus en plus et après trois épisodes, son mensonge est encore intact.

Adapté d’un roman éponyme de Pamela Redmond Satran et production de Darren Star (Melrose Place, Beverly Hills 90210, Sex & The City, etc.), on est surpris qu’avec d’aussi grandes pointures, cette série apparaisse sur la petite chaîne câblée qu’est TV Land. En effet, Younger a un certain charme notamment grâce au personnage de Liza. Elle a beau avoir été longtemps loin du marché du travail et être en retard sur la technologie, elle n’est pas idiote pour autant. En entrevue, lorsque Diana lui demande ce qu’elle a de spécial, elle répond tout simplement « I’m a grown up, not somebody special »; sarcasme envers la génération plus jeune. Certes, son côté « dépassé » nous fait rire (elle appelle encore Mumbai Bombay, ne sait pas qui est Lena Dunham et recherche sur bing comment ouvrir un compte Twitter), mais la production n’en fait pas trop, à la différence de Seflie à ABC cet automne qui au contraire voulait nous offrir un portrait de la jeune génération et qui s’est royalement plantée. Mais l’étincelle qui vient avec Younger est qu’on réalise qu’en fait de compte, ce sont les jeunes filles qui sont à plaindre et non leurs « aînées ». Et pour ceux qui mettraient en doute la prémisse : une femme de 40 ans qui arrive à se faire passer pour 26, c’est possible : l’actrice Sutton Foster a bel et bien 40 ans (née en 1975 : imdb.com)… qui l’eût cru?

Weird Loners : les plus beaux désaxés

Dès les premières minutes du pilote, on se fait une assez bonne idée des personnages principaux : Caryn, une hygiéniste dentaire est sensée se marier dans quelques jours, mais son fiancé, le dermatologiste Howard (David Wain), malgré toutes ses qualités est ennuyeux à mourir. Stosh, un représentant commercial, vient tout juste de perdre son emploi après avoir couché avec la femme de son parton. Non seulement son condo est saisi, mais il n’a plus un sou en poche. Son cousin Eric, un agent de péage paumé dont le père avec qui il vivait vient tout juste de mourir, est aussi le voisin de Caryn et Stoch en profite pour s’installer chez lui, sous prétexte qu’il veut l’aider dans son deuil. Reste Zara, une peintre qui quitte son petit ami parce qu’il commence à s’attacher un peu trop à elle. Elle rencontre Eric alors qu’il lui achète une toile, et de fil en aiguille devient amie avec tout le groupe et c’est Caryn qui lui propose de partager son appartement. Une famille peu ordinaire est née.

Weird Loners ne réinvente pas la roue et ce n’est certainement pas la première série à mettre en scène des protagonistes qui n’ont pas envie de s’engager. Stosh est un salaud de première, Eric, le portrait type de l’idiot du village, Caryn nous déconcerte dans ces choix et la bohème Zara est un peu trop cool, mais jamais on ne tombe dans les clichés et surtout, la chimie opère entre ces grands enfants qui se retrouvent toujours dans des situations à la fois inédites et loufoques. À surveiller en tant que moments marquants des trois premiers épisodes : un club de lecture monté de toutes pièces, un lip-sync hilarant durant un mariage, la danse dans une maison de retraite en Floride et une fête de cols bleus qui vire au désastre. Le seul bémol à la série est que Fox n’ait commandé que six épisodes de 30 minutes. Si cette pratique est courante en Angleterre, c’est plutôt inédit pour les États-Unis surtout s’il s’agit d’une comédie avec une continuité absente entre les épisodes, à l’opposé de Galavant par exemple. Ça envoie aussi cette (fausse?) perception que doutant de la qualité de son produit, Fox aurait préférée limiter le nombre d’épisodes, question de ne pas répéter la même erreur qu’avec Mulaney cet automne.

Bien que présente dans 80 % des foyers d’abonnés au câble, TV Land ne s’est jamais vraiment démarquée aux États-Unis, se contentant de rediffusions de variétés et de quelques téléréalités. Younger tout en apportant un vent de fraîcheur à la chaîne, a réuni 500 000 téléspectateurs pour son premier épisode, 416 000 et 510 000 pour les deux suivants : des chiffres modestes, mais déjà stables. De son côté, Weird Loners ne connaît que des performances catastrophiques depuis son lancement : 1,89 million pour le pilote, 1,71 pour le second et 1,43 million pour le troisième. C’est dommage puisque l’audace n’a pas payé ici, du moins auprès de la cible commerciale. Il faudrait bien s’y faire chez les networks…

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