Schitt’s Creek/Still Open All Hours (2015) : du vieux rire pour 2015

Schitt’s Creek est une nouvelle comédie de 13 épisodes diffusée sur les ondes de CBC depuis la mi-janvier. Le tout commence alors que Johnny Rose (Eugene Levy) et Moira (Catherine O’Hara) perdent toute leur fortune. Avec leurs enfants David (Dan Levy) et Alexis (Annie Murphy), ils n’ont qu’un endroit où aller : Schitt’s Creek, un petite ville que Johnny avait acheté il y a quelques années alors qu’il voulait faire une farce à sa famille. Dès lors, ils doivent s’habituer à vivre dans une certaine pauvreté, ce qui n’est pas chose aisée lorsqu’on a des goûts luxueux. De son côté, Still Open All Hours est une sitcom de 6 épisodes qui a été diffusée sur les ondes de BBC One à partir de Noël. Séquel de la sitcom Open All Hours (1973-1985) qui a connu un succès monstre avec ses 26 épisodes, on se retrouve donc 30 ans plus tard dans la même petite épicerie administrée par Granville (David Jason) et son fils Leroy (James Baxter). Les interactions avec les différents clients constituent le quotidien du propriétaire qui est pour le moins radin. Ces deux séries récentes semblent être tournées à un autre âge. Si ça donne un charmant air vintage à celle de la BBC,  son acolyte canadienne n’étale que cliché par-dessus cliché, sans sens du rythme.

Schitt’s Creek : de l’humour, vraiment?

Johnny est un magnat de l’industrie de clubs vidéo, tandis que Moira est une ancienne starlette, ayant eu plusieurs rôles dans des soaps. Ils ont toujours mené grand train et inutile de mentionner qu’ils tombent de haut lorsqu’ils arrivent à Schitt’s Creek. Dans les deux premiers épisodes, ils sont accueillis par le maire Roland (Chris Elliott) qui les loge dans un hôtel miteux. Évidemment, personne n’est content et pour se renflouer, Johnny a l’idée de vendre la ville, mais il doit d’abord obtenir la signature du maire, ce qui le force, lui et sa femme à faire semblant de s’entendre avec lui. Entre-temps, Alexis dont le petit ami s’est cassé, cherche un nouveau « jouet », alors que dans le troisième épisode, le seul emploi que David parvient à dénicher est celui d’emballeur… et il sera renvoyé.

 

Des riches qui perdent tout et qui doivent vivre comme le commun des mortels : rien dans la prémisse de Schitt’s Creek n’est bien original. Pour sortir des sentiers battus, la comédie aurait deux choix scénaristiques à sa disposition : soit les épreuves qu’ils traversent les rapprochent, soit ils gagnent en profondeur à force de côtoyer les gens de la ville. Après trois épisodes, rien ne nous laisse croire qu’on s’en va dans une de ces directions. Pour le moment, tout ce à quoi on a droit, ce sont des jérémiades devant les membres du personnel du motel qui s’en contrefichent. On a beau découvrir un peu plus les personnages chaque épisode, ils demeurent tout de même des archétypes unidimensionnels de série B. Le pire dans cette comédie est son manque de rythme. On étire au maximum des gags pourtant très standards et vus des milliers de fois à la télévision.

Still Open All Hours : un cadeau de Noël au public

BBC ne fait pas que reprendre une vieille idée qui a fonctionné en espérant qu’elle rencontrera tout simplement le succès ; elle effectue cependant un vrai tour de force puisqu’elle a réussi à réunir la majorité des acteurs de la première mouture qui ont évidemment bien vieillis depuis. À l’époque, tous les épisodes reposaient sur les épaules de son personnage central : Arkwright (Ronnie Barker) qui était secondé de son neveu Granville et c’est maintenant lui qui, beaucoup plus âgé, est responsable du magasin. Si les nostalgiques s’ennuient du défunt, son nouveau remplaçant est du même tempérament et connait toutes les astuces pour parvenir à économiser ne serait-ce qu’un penny. En même temps, il espère toujours courtiser une voisine, Mavis (Maggie Ollerenshaw), mais il doit d’abord trouver un petit ami pour son acariâtre sœur Madge (Brigit Forsyth) qui leur met des bâtons dans les roues.

C’est nul autre que Roy Clarke qui a écrit les textes, tout comme ceux de la première mouture, de même qu’il a signé les scénarios de Keeping Up Appearances dans les années 90. Bien que ces succès datent, son type d’humour, non. Clarke a un don pour exploiter les manies de ses protagonistes auxquels on finit inéluctablement par s’attacher. Autant Hyacinth Bucket (Patricia Routledge) de KUA accordait de l’importance au paraître, autant Granville a tout ce qu’il faut pour vendre un congélateur à un eskimeau! Ces scènes où il apprend à son fils comment repasser du bacon afin qu’il ait l’air plus frais ou comment vendre des tartes préfaites dont la croute est cassée constituent des petites perles d’humour caractéristiques du scénariste. Et aux détracteurs de Still Open All Hours qui accusent la BBC de ressasser du vieux pour s’attirer de l’auditoire, il faut plutôt considérer ce remake comme étant un cadeau nostalgique destiné à être savouré durant la période des fêtes.

Schitt’s Creek a attiré en moyenne 1,37 million de téléspectateurs pour ses deux premiers épisodes et une faible baisse à 1,1 million la semaine suivante; des chiffres excellents pour le diffuseur public qui avait même commandé une seconde saison avant la diffusion du pilote au public. De l’autre côté de l’océan, les succès est total pour Still Open All Hours qui compte une moyenne de 7 millions en auditoire pour ses six épisodes. Et si on veut reprocher à ces comédies de ne pas être de leur temps, force est de constater qu’elles réussissent à rassembler les gens devant leur téléviseur, à l’inverse des quelques 15 nouveautés américaines de l’automne qui sont presque toutes dans le rouge.

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