Rattrapage automnal anglais : The Passing Bells (2014)

Rattrapage automnal anglais : The Passing Bells (2014)

The Passing Bells est une série de cinq épisodes qui ont été diffusés du 3 au 7 novembre sur les ondes de BBC One en Angleterre, dans le cadre des célébrations du centenaire entourant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. L’action commence bien évidemment en 1914 alors que la guerre vient tout juste d’embraser l’Europe. En Allemagne, le jeune Michael (Jack Lowden) décide de s’engager alors qu’au même moment, Tommy (Patrick Gibson), un Anglais, fait de même, quitte à mentir sur son âge pour pouvoir défendre son pays. Ces deux jeunes pour le moins naïfs sont vite confrontés à des combats, de même que des horreurs qui n’en finissent plus. Scénario de Tony Jordan qui écrit depuis moult années les textes du populaire soap Eastenders, The Passing Bells qui se voulait une série s’adressant aux plus jeunes rencontre quelques problèmes. Sans être nécessairement enfantine, on ne va pas assez loin dans le traitement de l’histoire et la répétition de plusieurs clichés entourant cet événement tragique finit par nous laisser indifférents à l’histoire.

La guerre supposément vue par les jeunes

C’est par une belle journée d’été, alors que Michael et sa petite amie Katie (Sabrina Bartlett) se promènent dans une campagne quelque part en Allemagne qu’ils apprennent que la guerre vient d’éclater. Issu d’une famille de fermier, Michael n’a aucune envie de travailler dans les champs et à la recherche de sensations fortes, il n’a qu’une idée en tête : s’engager pour aller au front. Même chose en Angleterre pour Tommy qui avant le conflit, gagne sa vie en tant que livreur. Évidemment, leurs parents respectifs ne sont pas d’accord avec leurs choix, mais tous les jeunes sont happés par cette sorte de frénésie guerrière, et de toute façon, tout le monde le sait, le conflit sera terminé avant Noël. Dans la même veine, une certaine insouciance règne durant le camp d’entraînement. Du côté anglais, Tommy et ses amis font même des farces à savoir lequel d’entre eux sera atteint d’une balle en premier. La réalité les rattrape rapidement, notamment lorsqu’ils sont confrontés pou la première fois à une attaque au gaz et ce n’est que le commencement. Lors d’une permission, Michael retourne chez lui et réalise que le conflit touche aussi la population locale alors que tous sont soumis au rationnement. Durant ce congé, il marie Katie alors que Tommy, blessé d’une balle, s’amourache d’une infirmière, Joanna (Erika Karkuszewska), laquelle vient de perdre un frère au combat.

Depuis le début des célébrations entourant le centenaire de la guerre, en plus d’une quantité impressionnante de documentaires et d’entrevues, la BBC nous a présenté quelques fictions sur l’événement, ayant entre autres pour thème la politique avec 37 days et l’effort des femmes sur le front avec Crimson Field. Avec The Passing Bells, on a voulu raconter ces quatre années du point de vue des jeunes, comme l’a confirmé Tony Jordan en entrevue : « It’s not about armies, or nations, causes of war, rights and wrongs of war, goodies or baddies. It’s just about boys. » Quelques très bons flashs émanent de cette vision des choses, notamment un montage au début où l’on voit tous ces adolescents en rang, nus, prêts à passer un examen médical avec en juxtaposition des plans d’étampes qui les autorisent à aller combattre; de la chaire à canon, en somme. Plus tard, sur le terrain, nous avons droit à deux rangées de ces soldats (Allemands et Anglais) qui se retrouvent face à face et qui ne peuvent se résoudre à faire feu. Il y a aussi cette passion de Tommy pour les oiseaux qu’il aime dessiner dès qu’il a un peu de temps libre, même dans la boue lorsqu’il se retrouve dans les tranchées, ce qui n’est pas sans nous rappeler le chef-d’œuvre de 1930 All Quiet on The Western Front de Lewis Milestone et la passion (fatale) du protagoniste envers les papillons. Enfin, dans un premier temps, la trame sonore, digne d’un long métrage à de quoi nous séduire, mais bien vite, son omniprésence qui vient appuyer chaque moment d’émotion finit par nous lasser.

Justement, ces émotions sont un peu trop forcées et se mêlent aux clichés entourant la Grande Guerre. Les jeunes innocents, voir inconscients, leurs idylles, la guerre qui se terminera rapidement, la mort dans les tranchées, la présence de coquelicots, etc. En soi, tous ces éléments sont valables, voir cruciaux lorsqu’il est question d’une série sur la Première Guerre mondiale, mais pour que l’on ait droit à quelque chose d’assez engageant, il faut éviter de rester en surface de ces thèmes et c’est ce qui se produit avec The Passing Bells. En effet, on appréhende sans trop d’effort le contenu des scènes à venir et on ne ressent plus grand-chose.

19 heures…

L’autre problème est la durée et la case horaire de la série. 30 minutes par épisodes sont nettement insuffisantes et le point de vue « adolescent » que Jordan voulait souligner est loin de nous sauter aux yeux. De plus, et c’est rare que l’on adresse ce genre de reproche, il manque de violence, qu’elle soit graphique ou psychologique, qui se prête bien entendu à ce genre vu les dégâts que la guerre a causés. Évidemment, lorsque l’on diffuse ce genre de série tous les soirs à 19 heures, une autocensure s’impose puisque cette case horaire est avant tout « familiale » et s’adresse à un public de tous âges. Les adolescents d’aujourd’hui en ont vu bien d’autres et ce traitement beaucoup trop conventionnel, voir fleur-bleu n’a pas beaucoup de chance de rallier ce public cible.

Le public adolescent n’est pas le plus facile à conquérir et The Passing Bells, tout comme Résistance diffusée cet été, manque de mordant et n’exploite pas assez à fond tout son potentiel. Par contre, la série de BBC One a rassemblé en moyenne 3,3 millions de téléspectateurs par épisode. Ces chiffres sont malgré tout encourageants puisqu’ils prouvent qu’il y a toujours un intérêt pour l’histoire et que le projet de célébrer le centenaire de la Grande Guerre n’aura pas été en vain.

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