Rattrapage automnal anglais : Scrotal Recall/Detectorists (2014)

Scrotal Recall est une série de six épisodes qui a été diffusée sur les ondes de Channel 4 en Angleterre du 2 octobre au 6 novembre. Le tout commence alors que Dylan (Johnny Flynn) apprend qu’il a attrapé la chlamydia, mais ignore de quelle partenaire. Il décide donc de recontacter toutes les filles avec qui il a eu des relations sexuelles depuis 11 ans sous le regard amusé de ses deux colocataires, le macho Luke (Daniel Ings) et Evie (Antonia Thomas) qui en passe pour Dylan. De son côté, Detectorists est une série de BBC Four qui contient aussi 6 épisodes diffusés aux mêmes dates que celle de Channel 4. On suit le quotidien de Lance (Toby Jones) et Andy (Mackenzie Crook), deux amis de toujours qui dès qu’ils le peuvent, sortent avec leurs détecteurs de métaux à la recherche d’un trésor potentiel en pleine campagne anglaise. Ces deux comédies se démarquent par leurs thèmes peu exploités au petit écran et la sympathie que l’on éprouve envers les protagonistes. Et sans nécessairement réinventer le genre, elles nous offrent un bon moment de divertissement.

Scrotal Recall : prémisse trompeuse

Dès qu’il apprend qu’il est atteint de cette maladie vénérienne, Dylan a le premier réflexe de dresser sur une liste toutes les femmes avec qui il a couché et prévoit les appeler une à une pour leur dire la vérité. Dès lors, on revient dans son passé et on nous montre comment le protagoniste a rencontré toutes ces femmes. Ainsi, dans le pilote, il assiste à un mariage avec sa petite amie qui lui glisse à l’oreille en pleine cérémonie qu’elle veut rompre. Et le meilleur conseil que Luke trouve à lui donner est de se trouver au plus vite une conquête d’un soir. Après maints efforts, Dylan finit toutefois par coucher avec la barmaid de l’hôtel, Abigail (Hannah Britland). Dans le second épisode, il tombe amoureux d’Anna (Nikki Amua-Bird), mais celle-ci est beaucoup plus vieille que lui et ne veut pas s’engager. Dans le troisième, les trois colocataires se rendent à un anniversaire organisé dans une villa et voilà que Dylan et Evie couchent ensemble, mais cette fois-ci c’est le jeune homme qui ne veut pas aller plus loin, préférant qu’ils restent amis.

Quand on sait que chaque année, 100 000 nouveaux cas de chlamydia sont recensés au Royaume-Uni, on se dit que l’émission tombe à point d’autant plus qu’on n’aborde que rarement ce sujet au petit écran. Normalement, on s’attendrait à ce que les épisodes tournent autour de cette deuxième rencontre entre Dylan et ses anciennes flammes, ainsi que leurs réactions. Pourtant, il est peu question de ce moment de vérité dans Scrotal Recall et on est déçu de ce détour scénaristique un peu trop facile et classique. Au moins, la série se rachète notamment grâce au personnage principal. En blaguant, l’infirmière qui suit son état de santé lui dit à la blague qu’il ne devrait contacter que les filles qui ont compté pour lui, mais Dylan montre le bon exemple en voulant prévenir chacune d’elle (on élude par contre que les rejoindre toutes signifie qu’il n’a jamais porté le condom lors de ses relations sexuelles, mais la fiction ne se badre pas de ce détail…) Et pour une rare fois, c’est le protagoniste masculin qui désire être en couple et qui se bute constamment à des femmes pour la plupart superficielles qui ne veulent pas s’engager. Enfin, les scènes en collocation avec Evie et Luke sont les plus amusantes de la série; les trois formant un trio aussi disparate que coloré.

Detectorists : des ploucs sympathiques

Andy multiplie les petits boulots peu valorisants, alors qu’il rêve de devenir archéologue tandis que Lance, musicien à ses heures, est divorcé de Maggie (Lucy Benjamin), sans pour autant avoir réussi à tourner la page. Leur passion commune est la recherche d’artefacts à l’aide de détecteurs de métaux. Un peu comme la pêche où il faut beaucoup de patience, la phrase qui revient souvent au cours de la série et qui résume bien leurs recherches est : « What you got? Nothing ». En effet, tout ce qu’ils trouvent, ce sont des pièces de monnaie sans valeur ou des clous. Amères déceptions pour ces hommes qui sont à la recherche d’ossements ou de trésors. Ils parviennent à convaincre un propriétaire d’effectuer des recherches sur ses immenses terres, mais deux autres passionnés du même métier viennent leur mettre des bâtons dans les roues. Entretemps, ils font la connaissance de Sohie (Aimee Ffion-Edwards) qui désire en apprendre davantage sur leur hobby. Une chimie s’installe entre elle et Andy, au grand déplaisir de sa petite amie Becky (Rachael Stirling).

Tout dans Detectorists est synonyme d’ennui : Lance et Andy sont peu expressifs et il manque cette étincelle dans leur vie qu’une trouvaille issue de leurs recherches pourrait bien combler. Comme l’écrit Rupert Hawksley dans sa critique : «Andy and Lance are, of course, looking for something much more than scraps of metal in the ground – they are looking for something to ignite and improve the drudgery of life. » Passé le premier épisode, on se demande si ça vaut la peine de continuer à regarder la série vu le peu de rebondissements. Par exemple, Andy et Lance sont invités à assister à une conférence sur les boutons : au départ, ils s’en moquent, mais n’ont tellement rien à faire qu’ils s’y rendent… tout ça pour s’endormir durant toute la présentation. Mais cette morne au quotidien est au cœur de la série. Becky est une institutrice qui ne partage aucune des passions d’Andy et jamais elle ne l’accompagne, que ce soit au pub où sur le lieu de ses recherches. Pourtant, chaque fois qu’il rentre le soir, il lui raconte en détail ce qu’il a fait. Elle a beau se moquer de lui, reste qu’il parvient à la divertir et en ce sens, elle est le reflet de ce que peut éprouver le téléspectateur à l’égard de la série. Certes, les épisodes sont assez linéaires, mais on s’attache à ces ploucs sympathiques qui n’ont rien de caricatural. Et au moment où l’on croit qu’il ne se passera pas grand-chose, un élément « canon » survient comme lors de la fin du troisième épisode; de quoi nous accrocher pour le prochain.

Bien que les deux séries soient très différentes, elles ont toutes deux récolté une moyenne de 500 000 téléspectateurs pas épisode. Ces chiffres moyens ont tout de même convaincus BBC Four d’accorder une seconde saison à Detectorists. Pour ce qui est de Scrotal Recall, la liste de Dylan de femmes à recontacter est encore longue, si bien que les scénaristes n’auraient pas de quoi chômer si un deuxième opus était annoncé.

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