Ascension (2014) : un concept qui ne va pas assez loin

Ascension est une nouvelle minisérie qui a été diffusée du 15 au 17 décembre sur les ondes de Syfy aux États-Unis et qui se retrouvera à CBC au Canada dès le 9 février 2015. Le tout commence dans les années 60 alors que l’URSS et les États-Unis sont non seulement en pleine Guerre froide, mais aussi à la conquête de l’espace. Pour ce faire, on a construit la fusée « Ascension » qui peuplée de quelques centaines de citoyens aux origines diverses entament un voyage de 100 ans dans l’espace à la recherche d’une autre planète que l’on pourrait coloniser. Dans les premiers plans, nous sommes en 2014 et la première génération d’explorateurs n’est plus. Mais les nuages s’amoncellent sur la communauté puisqu’un jour, le corps de Lorelei Wright (Amanda Thompson), une des participantes, est retrouvé percé d’une balle alors qu’il n’y avait aucun fusil à bord du vaisseau lorsque celui-ci a décollé. Une enquête est mise sur pied qui va ébranler tous ses membres, au point de remettre en question le but de leur expédition. Attendue avec impatience depuis qu’on a annoncé sa production, Ascension arrive sur nos écrans le champ libre de toute compétition (les séries lancées à l’automne étant en pause des fêtes) et avec une idée on ne peut plus originale. Malheureusement, cette minisérie trouve le moyen de courir dans tous les sens tout en nous assénant de longueurs qui gâchent la qualité des épisodes.

On s’en va où?

Après 50 ans de vie communautaire, c’est la première fois qu’un meurtre survient à bord du vaisseau. C’est Aaron Gault (Brandon P Bell), le chef des opérations qui est chargé de l’enquête et bientôt, tous les soupçons tombent sur John Stokes (Brad Carter), un mécanicien qui est le dernier à l’avoir vu. Alors que l’enquête progresse (c’est un bien grand mot), on fait la connaissance ade certains personnages clés, dont Christa (Ellie O’Brien), la jeune sœur de Lorelei qui a découvert le corps et qui est actuellement à l’hôpital. Celle-ci a des visions et a des crises de paranoïa; se sentant toujours épiée. Il y a aussi le couple Denninger. William (Brian Van Holt) est un des commandants en chef du vaisseau et a surtout la réputation de courir les femmes, au détriment de son épouse Viondra (Tricia Helfer). Celle-ci, en plus d’avoir son nez fourré partout, est superviseure d’un groupe d’hôtesses pour des fêtes en tout genre.

Sur la terre ferme, Harris Enzmann (Gil Bellows) monitore les activités du vaisseau grâce à des caméras de surveillance. Il a hérité cette charge de son père qui est l’instigateur de la mission et qui est désormais à deux doigts de la mort. Après le meurtre (qui n’a pas été capté par les caméras), la présidente de cette opération Katherine Warren (Wendy Crewson) envoie sur place Samantha Krueger (Lauren Lee Smith) une détective pour faire la lumière sur l’incident. Ce qu’elle découvre est pour le moins stupéfiant. Non seulement Enzmann ne veut pas intervenir dans l’affaire du meurtre, mais en plus, il s’avère que le vaisseau Ascension n’a jamais décollé de la Terre alors que ses habitants pensent toujours naviguer vers une autre planète.

C’est sur cette note étonnante que se conclut la première soirée et dès lors, le potentiel de la série semble illimité… un peu trop même. Pour rester fidèle à elle-même, Syfy s’évertue à donner du contenu de science-fiction à ses téléspectateurs. Ainsi, au cours des épisodes, Harris découvre que Christa, en plus de savoir où se trouvent toutes les caméras surveillants les passagers, est capable lorsqu’elle est en colère de déclencher une sorte de tempête avec des éclairs bleus qui finiront par rendre le système informatique inopérant. De plus, elle a des visions du fantôme (décomposé) de Lorelei, ce qui ajoute une touche d’horreur à l’élément surnaturel. Puis, on baigne dans le thriller durant toute l’enquête entourant le meurtre, mais il se passe tellement de choses entretemps qu’à la fin, l’exposition du meurtrier ne nous fait aucun pli. Et comme si ce n’était pas assez, on a aussi droit à quelques mélodrames, notamment de Viondra qui pourchasse les maîtresses de son mari tout en tentant de le garder auprès d’elle. Donc, on s’éparpille et on a surtout droit à moult scènes inutiles qui ne font pas avancer l’histoire d’un iota. C’est bête quand on pense au premier objectif établi par le père d’Harris : « The project is not to protect them, but learn from them »; ce sur quoi on a oublié de mettre l’emphase.

On efface et on recommence

C’est carrément une nouvelle société qui se crée dans ce supposé espace puisque la nouvelle génération n’est jamais sortie du vaisseau. Cette situation est doublement intéressante du fait que depuis leur départ dans les années 60, les pionniers ignorent tout des grands bouleversements, des nouvelles technologies et surtout de l’évolution des mœurs. Pourtant, la mise en scène, bien qu’unique, ne se démarque pas en ce sens. La mode semble avoir évolué comme à l’extérieur de même que la technologie, à l’exception du cinéma qui est toujours en noir et blanc. Même chose pour les mœurs : les femmes sont émancipées et les hommes ont évolué. Caucasiens, hispaniques, asiatiques et noirs cohabitent en toute sérénité, ce qui est surprenant surtout pour cette dernière catégorie considérant l’inégalité entre les races de l’époque aux États-Unis. Un détail par contre : il n’y a pas d’homosexuels sur le vaisseau, alors on ne peut se faire d’idée sur le traitement qui leur serait réservé. En même temps, ce ne sont pas toutes les séries qui ont des personnages gais alors il est difficile à savoir si ce choix scénaristique est délibéré ou non.   En bref,  pour des gens comme Haris qui observent cette petite colonie, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. En fait, la prémisse d’Ascension est hautement intéressante. On aurait envie d’effacer les épisodes qui s’ensuivent et de réécrire l’histoire sous cet angle. Dommage…

La saison complète d’Ascension a attiré une moyenne de 1,5 million de téléspectateurs, ce qui ressemble aux chiffres habituels de Syfy (à titre d’exemple, Z Nation et Helix ont pour moyenne 1,4 M et Dominion 1,6 M). La fin ouverte laisse la porte grande ouverte à une seconde saison, bien que rien du côté de la production n’ait été annoncé pour le moment. La série aurait surtout le potentiel de doubler son nombre d’épisodes, à condition bien sûr de recentrer correctement ses énergies.

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