A to Z / Marry me (2014) : romantisme et humour

A to Z est une nouvelle comédie romantique de 13 épisodes diffusée depuis le début octobre sur les ondes de NBC. Tout au long des épisodes, on suit l’évolution du couple formé d’Andrew (Ben Feldman) qui travaille dans une compagnie qui développe des sites de rencontres et de Zelda (Cristin Milioti), une avocate affiliée aux cas pro bono. Ils se croisent un jour au bureau de ce dernier et tout de suite, c’est le coup de foudre. Andrew l’invite pour un rancard et après des débuts quelque peu houleux, l’amour est au rendez-vous pour… 8 mois, 3 semaines, 5 jours et une heure comme nous l’indique le générique à chaque épisode. De son côté, Marry Me est aussi une nouvelle comédie de NBC diffusée depuis la mi-octobre et s’intéresse à Annie (Casey Wilson) et Jake (Ken Marino), un couple qui est ensemble depuis six ans et qui décide finalement de se marier. En plus de cohabiter pour la première fois, cette union les force à prendre un peu plus leurs responsabilités, ce qui n’est pas chose facile. Pour ses deux nouvelles comédies, NBC s’en tire très bien. Drôles, mignonnes, elles nous offrent aussi quelques réflexions sur l’amour, fort différentes, mais avec une touche de modernisme. Deux surprises de l’automne, mais captiveront-elles le public à long terme?

A to Z : s’aimer jusqu’à quand?

Andrew est l’homme romantique par excellence. Lorsqu’il sort avec Zelda pour la première fois, il se rappelle l’avoir déjà croisée du regard il y a quelques années déjà dans un concert et d’avoir ressenti quelque chose. Dans un premier temps, celle-ci nie ce « contact visuel » pour la simple et bonne raison qu’à journée longue, elle règle en cour des divorces et qu’elle ne croit pas vraiment au grand amour. Pourtant, elle ne peut rester insensible aux charmes de son acolyte et donne une chance à leur relation. Au cours du second épisode, ils n’osent pas « tomber » trop vite en amour et vont à d’autres rencarts, mais se rendent vite compte que c’est une perte de temps. Lors du troisième vient l’étape de « googler » en douce l’autre pour en apprendre plus sur leurs passés respectifs… à leur grand désarroi.

Quelques éléments du scénario d’A to Z ressemblent étrangement à Manhattan love story, surtout lors de l’épisode no 2 alors qu’ils décident de rencontrer d’autres gens. Seulement, la série de NBC ne commet pas les mêmes erreurs : d’une part, on ne les entend pas penser continuellement à l’écran et d’autre part, Andrew et Zelda ne sont pas constamment en train de se confronter, mais se disent autant que possible la vérité, tout en partageant leurs impressions avec leurs amis.

Encore plus intéressant est l’univers dans lequel ils évoluent. Andrew travaille pour une matrone que l’on surnomme « Big Bird » (Christina Kirk) qui bien qu’à la tête d’un site de rencontre amoureuse, fait tout pour que ses clients ne rencontrent pas le grand amour. C’est qu’à chaque fois que cela se produit, elle perd des clients. Elle encourage donc la boîte à créer de nouvelles applications qui proposeront à ceux-ci de recevoir instantanément de nouveaux profils susceptibles d’intéresser ces célibataires, les entrainant dans une course effrénée de speed dating à n’en plus finir. Les amis du nouveau couple tombent à fond dans le panneau. Stu (Henry Zebrowski) est le looser par excellence qui se crée de faux profils pour obtenir des rendez-vous alors que Stephie (Lenora Crishlow) est du genre à croire au grand amour dès qu’elle tombe sur une photo qui lui plaît. Dans tout ce chaos, Seuls Zelda et Andrew développent une relation honnête, à la limite mièvre, mais on y croit, en grande partie grâce à la chimie entre les protagonistes, comme le souligne Mekeisha Madden Toby dans son article : « their anime-like eyes light up when they look at each other, their voices dance when they talk to each other and they click. »

Marry Me : ils s’aiment au fond

La première scène du pilote est tout à fait délirante : Jake et Annie reviennent de vacances et celle-ci explose parce qu’il n’en a pas profité pour la demander en mariage. Elle lui crie par la tête et insulte tous leurs proches, mais dos à lui si bien qu’elle ne voit pas qu’il a un genou à terre, prêt à faire sa grande demande. Lorsqu’elle se retourne enfin elle est doublement mal à l’aise parce qu’en plus, tous ses amis qu’elle vient d’insulter se trouvaient cachés ici et là dans l’appartement! Durant tout le pilote, ils se font mutuellement d’autres demandes en mariage, question de raconter une histoire plus romantique à leurs futurs petits-enfants. Dans le second épisode, Jake aménage officiellement chez Annie, mais celle-ci gère très mal la cohabitation. Dans le troisième, ils décident de ne plus aller à leur traditionnelle fête heavy metal d’Halloween pour organiser une fête d’enfants de leur voisinage, voulant s’habituer à vivre avec eux au quotidien.

Ce qu’il y a d’intéressant dans Marry me est que le couple est en selle depuis un bon moment, mais en même temps puéril parce qu’à l’aube de la trentaine, ils craignent de devoir vivre ensemble ou d’officialiser leur union par un « je le veux ». En même temps, entre eux, c’est du solide et ils ne remettent pas tout en question à chaque difficulté. Par exemple, depuis que Jake a aménagé, Annie souffre d’un manque d’intimité et pallie au problème en se créant son propre salon… dans sa voiture, tout ça pour ne pas déranger sa douce moitié. Aussi, ce sont les personnages féminins qui génèrent le plus d’humour; chose rare en comédie qui donne presque toujours la majorité des gags les plus croustillants aux hommes. Ainsi, outre Annie qui n’a aucun filtre, on remarque aussi ses amies Dennah (Sarah Wright Olsen), une magnifique blonde qui bien que sûre d’elle, se décide à se faire injecter du Botox… avec les conséquences qui vont avec et Kay (Timberlee Hill), leur voisine lesbienne, en rien caricaturale, qui est l’oreille (peu complaisante) de tous les protagonistes masculins de la série.

Malgré les bonnes critiques, le sort de A to Z a récemment été réglé : l’aventure se terminera après les 13 épisodes prévus initialement en raison d’une faible audience (le quatrième épisode n’a réuni que 2,5 millions de téléspectateurs). Deux choses peuvent expliquer cet insuccès : d’une part, la série est programmée tout de suite après la piètre nouveauté Bad Judge, les sujets de ces deux fictions ne concordant nullement et d’autre part, elle est diffusée en même temps que Scandal d’ABC qui ne fait pas de cadeaux à ses concurrents. L’avenir est meilleur pour Marry Me qui s’est vue confier une saison complète de 18 épisodes, l’audience avoisinant les 5,67 millions par semaine, surtout populaire auprès des 18-49 ans. De plus, celle-ci a été judicieusement programmée juste avant About a boy; de quoi offrir au public une belle heure de divertissement.

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