Our Zoo (2014): sauvés par des pingouins!

Our zoo est une nouvelle série de six épisodes diffusée sur les ondes de BBC One au Royaume-Uni depuis le début septembre. On nous transporte en 1930 alors que George Mottershead (Lee Ingleby) se demande encore quoi faire de sa vie. Portant encore les séquelles de sa traumatisante vie en tant que soldat durant la Première Guerre mondiale, le contact auprès des animaux le rassure. Un jour alors qu’il se promène dans les environs de Chester, il croise le manoir abandonné d’Oakfield et se met à rêver : pourquoi ne pas acquérir cette propriété de plus neuf acres et ne pas en faire un zoo à aire ouverte? Mais voilà : la tâche qui attend la famille Mottershead est colossale et c’est sans compter l’hostilité de la population à un tel projet. Qu’importe; George a un rêve et il est déterminé. Basé sur une histoire vraie, Our zoo entre dans cette lignée des histoires à succès qui peuplent de plus en plus nos écrans et qui trouvent écho auprès des téléspectateurs. La chaleur que dégagent les protagonistes (tout comme les animaux!) ainsi que le ton de la série, à la fois magique et dénué de tout effet dramatique superflu pourraient bien en faire un des succès automnaux du petit écran. Déjà…

Des histoires inspirantes : les pionniers

George vit dans un petit appartement aux côtés de sa femme Lizzie (Liz White) et de ses deux filles : l’adolescente Muriel (Amelia Clarkson) et June (Honor Kneafsey) qui est sur le point de commencer sa première année à l’école. Ils vivent au-dessus d’une épicerie qui appartient aux parents de George : Albert (Peter Wight) et Lucy (Ann Reid). Toute la famille est donc soudée, mais vit entassée comme des sardines. Un jour, George acquiert un singe, un perroquet et un chameau qui étaient destinés à l’abattoir et il se rend compte que plusieurs voisins iraient jusqu’à payer pour les voir. Dès lors, l’idée de créer un zoo sans cage germe dans la tête de George et avec les encouragements d’une nouvelle connaissance, Lady Katherine Longmore (Sophia Myles), il obtient un prêt de plus de 3 000 livres qui, lorsque son père se résout à vendre l’épicerie familiale, se révèle assez pour acquérir le manoir à vendre. Celui-ci est en piteux état, de même que le jardin, si bien que la tâche est colossale. De plus, ce n’est pas tous les membres de la famille qui sont enthousiastes à un tel projet. Si Lizzie finit par se laisser convaincre, il en est autrement de Muriel, en pleine crise d’adolescence et surtout de Lucy qui fait preuve de mauvaise foi. Néanmoins, ce qui n’était au départ qu’un rêve des plus fou devient de plus en plus concret. Alors que l’aménagement du terrain prend forme, George acquiert plusieurs espèces animales supplémentaires : deux ours, plusieurs oiseaux exotiques, un iguane et des pingouins.

June Mottershead dans les années 30

Mais tout le monde ne voit pas ce projet de la même façon. Les Mottershead sont nouveaux à Chester et les villageois regardent avec suspicion ces étrangers. Mais c’est le révérend Aaron Web (Stephen Campbell Moore) dont la nouvelle famille doit le plus se méfier. En surface, il les accueille avec chaleur, mais dès qu’ils ont le dos tourné, il en profite pour monter le village contre eux et même les membres du conseil municipal qui tardent à accorder le permis d’opérer. C’est qu’on apprend lors du second épisode que c’est sa sœur et son mari qui habitaient Oakfield avant qu’ils ne se ruinent. Le révérend aurait même essayé de racheter le manoir, mais sans succès. Qui plus est, l’existence même du futur zoo est menacée, mais c’est sans compter le charme des animaux.

 

Les histoires individuelles à succès, qu’il s’agisse de Mr Selfridge (ITV), Masters of sex (Showtime) ou Klondike (DC) ont toujours la cote auprès du public, et ce, bien qu’on sache comment elles finiront (suffit d’aller sur wikipédia). En ce sens, Our zoo reste dans la forme classique. George est d’origine modeste et comme le lui dit sa mère « people like us don’t do things like this ». C’est justement ce côté visionnaire, le fait qu’il agisse envers et contre tous qui ne lasse pas. On aime regarder des gens affronter l’adversité tout en sachant que l’avenir leur donnera raison. Et contrairement aux autres « success story » mentionnées ci-haut, Our Zoo part avec une longueur d’avance, puisque le « produit » que George offre à ses potentiels clients sont des animaux, tous plus craquants les uns que les autres. De quoi attendrir n’importe quel téléspectateur, pourvu que le synopsis soit de qualité, ce qui est le cas ici.

Vendre de l’émerveillement

Si les études de William Masters ont bouleversé notre conception de la sexualité, de même que les techniques marketing de Selfridge ont révolutionné le monde de la consommation, le zoo (en devenir) des Mottershead n’apporte pas grand-chose à l’humanité si ce n’est que d’apporter du bonheur aux gens. Pourtant, ça vaut son pesant d’or. La série porte en elle une certaine innocence bien livrée par la jeune June qui effectue la narration au cours des épisodes. Dans Houdini, on peine à nous faire connaître ce petit fils d’immigrants pauvre qui ébahira des foules dans le monde entier grâce à ses tours de magie. Dans ce cas-ci, la narration sensée nous entrainer dans l’intimité de ce «self-made-man » sonne creux et comporte son lot de clichés. Si cette production de History Channel peine à nous faire apprécier le personnage, elle se rachète grâce à son côté spectacle. Avec Our zoo, on s’attache à tous les personnages et son synopsis ressemble en quelques points à celui de Jean de Florette (1986) dans lequel le personnage éponyme interprété par Gérard Depardieu décide d’acheter une ferme pour y élever des lapins, et ce, bien qu’il n’ait aucune expérience en la matière. Seulement, la série de BBC One ne tombe pas dans le mélodrame et nous offre à nous aussi, quelques heures d’émerveillement.

 

La première de Our zoo a rassemblé plus de 5 millions de téléspectateurs et le deuxième opus en a retenu 4,3 millions. Le troisième épisode, avec près de 4 millions, semble indiquer une certaine stabilité.  Malgré cette baisse, la séries reste toujours en tête devant ses concurrents. Ces chiffres encourageants nous laissent espérer une seconde saison, bien que rien n’ait été annoncé pour le moment. Manifestement, l’Angleterre a le don de nous intéresser à revisiter son histoire, qu’on ait pour sujet des membres de l’aristocratie ou de simples animaux! Et pour en savoir davantage sur les différentes espèces, on peut aussi consulter le site pédagogique de la BBC qui regorge d’informations sur la vie sauvage. En termes de richesse de contenu, les Anglais sont manifestement bien servis par leur diffuseur public.

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