Garfunkel & Oates/ Partners (2014) : à la recherche du rire

Garfunkel & Oates est une nouvelle comédie de huit épisodes diffusée sur les ondes de IFC depuis le début août. Elle met en scène le duo Riki Lindhome et Kate Micucci jouant une sorte de parodie d’elles-mêmes alors qu’elles tentent de faire carrière à Los Angeles en tant qu’actrices, comédiennes de stand-up et chanteuses. De son côté, Partners est une nouvelle sitcom de dix épisodes diffusée aussi depuis août sur les ondes de FX aux États-Unis et Global au Canada. À Chicago, les avocats Allen Braddock (Kelsey Grammer) et Marcus Jackson (Martin Lawrence) se rencontrent dans une salle de cours alors que le premier se voit imposer des dossiers pro bono et que le deuxième est en pleine instance de divorce. Les deux hommes qui traversent une période difficile décident de s’associer, mais leurs caractères et façons de procéder opposés les mettent plus souvent qu’autrement dans l’eau chaude. Ces deux comédies qui arrivent tardivement dans la saison estivale ont en commun d’être peu divertissantes. Si celle d’IFC n’arrive pas à trouver sa place entre la comédie télé et celle destinée au web, celle de FX nous bombarde de blagues et stéréotypes d’un autre âge.

Du web au grand écran

Dans Garfunkel & Oates, les filles participent à des auditions, se font engager pour quelques contrats ici et là et passent aussi leur temps libre à philosopher sur le sexe et les relations. Dans les deux premiers épisodes, on tombe vite dans la vulgarité. Riki rencontre un nouvel humoriste qui se spécialise dans les blagues entourant la masturbation et lorsqu’ils couchent ensemble, elle ne parvient pas à donner une fellation appropriée et régurgite sur lui. Cette mésaventure inspire au duo une chanson sur le sujet. Dans le second épisode, elles voient leur notoriété en prendre un coup alors que les deux filles qui les ont parodiées dans un film pornographique (appelées Garfinger & Butts) obtiennent un meilleur succès qu’elles sur les réseaux sociaux (dont leur hit Come on me…). Enfin, dans l’épisode suivant, Riki et Kate se livrent à une expérience : aller à des rancards, mais sans parler de toute la soirée. Elles constatent rapidement que cette technique fonctionne très bien auprès des garçons.

C’est d’abord cette inconstance de ton qui pose problème. Dans sa critique, Caroline Framke écrit : « it points out the fact that the show has a bit of an identity crisis. Garfunkel And Oates can’t decide in which direction to go—naughty or nice—so it spends most of its time vacillating wildly between the two in hopes that there are enough good moments to sustain it. » De plus, Garfunkel & Oates souffre du même problème que The Backpackers : la difficile transition du web à la télévision. Avant d’avoir leur tribune sur IFC, Riki et Kate se sont notamment démarquées par des clips musicaux à saveur humoristique sur Youtube et par quelques apparitions dans les talk-shows de Jay Leno. Un projet de série à HBO ayant échoué, la chaîne a en fait de courts webisodes sur son service de vidéos en ligne. Cette carrière davantage concentrée dans l’instantané et la toile n’est pas nécessairement compatible avec la télévision. À plus d’une reprise, on a l’impression que les intrigues ne sont que prétextes aux chansons (très longues et pas pour tous les goûts) qu’elles ont composées pour l’occasion et les constantes références au milieu du stand up californien échappent complètement à un public international.

Un bien mauvais timing

Dans le pilote de Partners, Allen, dans la cinquantaine, vient d’être renvoyé par son père de la firme d’avocats familiale. Il a depuis peu divorcé, mais sa belle-fille Lizzie (McKaley Miller) continue toujours de le fréquenter, surtout en raison de son portefeuille bien garni. Lorsqu’en cour, il s’aperçoit que Marcus ne fait aucun effort pour exiger ce qui lui revient de droit dans le procès entourant son divorce, il se propose aussitôt de le représenter et bon an, mal an, les deux décident de s’associer. Dans le second épisode, ils se font passer pour un couple gai afin de mettre la main au collet d’un planificateur de mariage véreux alors que dans le suivant, ils intentent une poursuite contre une luxueuse boutique de complets pour hommes.

Autant Allen est fourbe et quelquefois snob, autant Marcus est incapable de mentir et fait preuve d’un peu trop de naïveté. On table sur ces frictions pour provoquer le rire, ce qui se révèle peu efficace. Le duo manque de chimie et les personnages de leur entourage n’en rajoutent pas non plus. Les blagues? D’une autre époque, comme lorsqu’ils prétendent être gais (Allen) : «There are two things that gay men simply will not tolerate: Having their name misspelled on a latte, and deception » (Marcus) : « I thought he was going to say ‘breasts ». Ou encore (Allen): « I think you’re making a ‘Brokeback Mountain’ out of a molehill ». Ce film gai date de 2005… il y en a eu d’autres depuis.

Le pire se produit durant le troisième épisode alors que Marcus se cherche dans une boutique un nouveau complet en compagnie d’Allen. Les employés, tous blancs, ne cessent de le surveiller (noir = voleur). Lorsqu’ils sortent bredouilles, un employé s’est aperçu qu’une montre en or a disparu, se jette sur Marcus et le fouille de force. Tout l’épisode est centré sur cette poursuite à l’encontre du magasin, alors que c’est Allen qui par mégarde a oublié qu’il avait cette montre à son poignet lorsqu’il a quitté les lieux. Quand on pense que depuis plus d’une semaine, le Missouri est en proie à de violentes émeutes après qu’un jeune noir, victime de profilage racial, ait été tué par un policier. Vraiment, le timing n’aurait pu être plus mauvais, surtout que Marcus perd le procès.

Aucune des deux séries ne marquera l’été. Garfunkel & Oates est bâtie comme s’il s’agissait de capsules web et ignore à chaque épisode dans quel sens ira l’humour : le vulgaire ou le fleur bleue. Quant à Partners, elle a attiré 1,12 million de téléspectateurs lors de sa première, mais ils n’étaient plus que 0.38 trois semaines plus tard. En cas de succès, FX comptait commander 90 épisodes supplémentaires, mais vu les chiffres, les chances sont très minces. Vivement l’automne en espérant des comédies avec plus de potentiel.

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