Helix (2014): un virus incompréhensible

Helix est une nouvelle série diffusée depuis janvier sur les ondes de Syfy aux États-Unis et Showcase au Canada. Le pilote débute alors qu’une équipe d’un centre de contrôle et de protection des maladies, la CDC, doit se rendre en Arctique dans un important laboratoire de recherche rassemblant 106 scientifiques de 35 pays. C’est qu’un virus pour le moins étrange a déjà contaminé quelques employés et continue de se propager. Au grand dam de l’équipe dépêchée sur place, plus elle cherche à comprendre ce qui est en train de se passer, plus les interrogations se multiplient. Du créateur de Battlestar Galactica (sci-fi (2004-2009)), Ronald D. Moore, Helix apporte une diversité bienvenue dans le paysage télévisuel cet hiver. Si ses côtés science-fiction et thriller fonctionnent plutôt bien, c’est le scénario et le ton général de la série qui laissent à désirer ; les intrigues prennent un temps fou à se développer, si bien qu’on regarde plus d’une fois sa montre.

Nager en plein mystère

Pour contrer cette étrange épidémie qui pourrait bien se propager à travers la planète entière, on décide de faire appel au réputé Dr Alan Farragut (Billy Campbell),  précisément parce que son frère Peter (Neil Napier) qui travaille à la base est infecté. Alan s’y rend donc en compagnie des chercheurs Doreen Boyle (Catherine Lemieux), Sarah Jordan (Jordan Hayes) et le major Sergio Balleseros (Mark Ghanimé). Pour cette équipe fraîchement débarquée, c’est une série ininterrompue de découvertes macabres : cadavres désagrégés de scientifiques frappés par le virus, des rats sur qui on a fait des tests, qui se mettent à gonfler et gagnent en force physique, à l’extérieur, des singes par centaines sont congelés par le froid et dont l’aspect physique semble lui aussi s’être transformé et enfin, il y a Peter dont l’état vacille entre l’hébétude et des spasmes au cours desquels il agit comme une bête féroce.

Les phénomènes sont d’autant plus inexplicables que le maître de l’endroit, le Dr Hiroshi Hatake (Hiroyuki Sanada) refuse de lever le voile sur la plupart des expériences pratiquées. Entre-temps, la situation continue de se détériorer. Quelques scientifiques infectés n’ont pour but que de contaminer les autres. À la suite d’un test de dépistage concocté par Jordan et par mesure de sécurité, on décide de mettre en quarantaine une bonne douzaine de scientifiques, y compris Julia (Kyra Zagorsky), l’ex-femme d’Alan qui travaille aussi à la base. Cette séparation entre les contagieux et les autres ne se fait pas sans heurts d’autant plus que le major Balleseros fait sauter l’antenne parabolique de la base, la privant de tous contacts avec l’extérieur.

Monotonie

Une science-fiction réussie repose davantage sur ses effets spéciaux et la mise en scène et en ce sens, Helix excelle. À cause de l’isolement qui touche la base,  celle-ci se transforme en maison hantée avec ses zones d’ombres, ses recoins et ses passages secrets qu’utilisent les « mi-humains, mi-montres » avant d’attaquer leurs victimes à l’improviste, tels des loups-garous. L’aspect physique des gens contaminés est le résultat de maquilleurs chevronnés qui parviennent à nous faire gober une telle transformation qui n’est possible qu’en fiction. Donc, la base est là, et pourtant…

Sur papier, on a toutes les intrigues que l’on peut souhaiter. Le maître de céans a un petit côté docteur Moreau  du roman de science-fiction écrit par H. G. Wells. Le travail de sape de Balleseros ne cesse de nous étonner si bien qu’on ne sait plus il est à la solde de qui. Les tensions sont légions entre les membres de la mission et on a l’impression qu’ils ont tous un agenda caché. Enfin, quelle ampleur peut prendre dans le scénario les expériences pas du tout éthiques sur les singes et les rats? Le problème avec Helix, c’est qu’après avoir regardé quatre épisodes, on reste toujours dans l’ignorance la plus totale. On a très peu de pistes auxquelles s’accrocher et la difficulté qu’a la série à bâtir une tension se fait de plus en plus sentir, comme l’écrit Carole du site critictoo : « Une centaine de vies sont menacées, mais peu d’efforts sont faits pour que cela se ressente. »  Ceci s’explique surtout par le manque de rythme du montage. Certes, on parvient à créer du suspens, notamment par l’attitude imprévisible des gens infectés, mais dans la scène suivante, tout tombe à plat; on nous assomme avec des tirades à connotations scientifiques qui perdent le téléspectateur.

Cessez cette musique

La trame sonore est définitivement un point faible dans Helix. C’est que du début à la fin de chaque épisode, il y a ce son, tel un moteur qui fonctionne, en permanence. Ce vrombissement s’accorde parfaitement avec les dialogues scientifiques : monotones et endormants. Aussi, dès le premier plan du pilote, le docteur Hatake et un adjoint poursuivent un homme, sûrement un scientifique, qui est à bout de forces. Ils lui donnent ce qui semble être de l’eau et le pauvre homme est pris de convulsions et on devine qu’il vient d’être infecté. Le tout est accompagné d’une trame musicale du style bossa-nova. Celle-ci revient à plusieurs moments particulièrement stressants au cours des épisodes. Cette technique de contraster l’effroi d’une scène à l’insouciance d’une musique est fréquente et peut créer de très bons résultats, à l’exemple de cette bande-annonce de la seconde saison de Bates Motel.  Dans Helix, cette musique n’a tout simplement sa raison d’être; on sent à chaque mesure qu’elle a été ajoutée au montage et elle déconcentre de l’action plus qu’elle nous y investit.

Helix devrait contenter les amateurs de science-fiction puisqu’on y retrouve tous les ingrédients traditionnels du genre et on sent surtout qu’elle a bénéficié d’un budget considérable qui contribue à rendre la mise en scène crédible. De plus, la série a reçu en général un accueil positif des critiques et les cotes d’écoute vacillant autour de 1,5 million de téléspectateurs chaque semaine sont encourageantes considérant qu’il s’agit d’une chaîne câblée. Il n’y manque qu’un rythme plus soutenu et le défi pour l’avenir à très court terme sera d’expliquer les phénomènes saugrenus qu’on retrouve dans les épisodes, tout en restant crédible.


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