Almost humans (2013) : innovation nulle

Almost humans est une nouvelle série diffusée depuis la mi-novembre sur les ondes de Fox aux États-Unis et Global au Canada. La série nous transporte à Los Angeles en 2048 alors qu’inévitablement, la technologie est omniprésente dans toutes les sphères de la société, y compris les forces policières. Le policier John Kennex (Karl Urban) reprend du service après avoir passé 17 mois dans le coma à la suite d’une opération où il a perdu l’usage d’une jambe, laquelle est remplacée par une prothèse…2.0. La capitaine du département Sandra Maldonado (Lili Taylor) décide de lui assigner comme coéquipier Dorian (Michael Ealy), un robot dont la configuration lui permet aussi d’éprouver des sentiments. Création de J.J. Abrams (Revolution (NBC (2012- )), Person of interest (CBS (2011- )), on se demande en quoi Almost Humans innove, tellement le genre policier prend le dessus sur la science-fiction. En comparant cette série avec 100 % humains qui exploite aussi les thèmes du futur et des robots, la première fait piètre figure en termes d’originalité et de profondeur.

Une complicité… humaine

Dans la première scène d’Almost humans, on nous apprend que le taux de criminalité aux États-Unis ces dernières décennies a augmenté de 400 % et que la contrebande est contrôlée par des groupes anonymes très violents. Il faut croire que les policiers humains ne suffisent plus à la tâche parce que désormais, chaque policier doit avoir pour collègue un androïde. Sur les lieux d’un crime, ceux-ci peuvent par exemple prélever directement des échantillons sanguins ou identifier les empreintes digitales. Ces machines, bien qu’accomplies, fonctionnent comme des automates et c’est ce qui agace au plus haut point John, qui auparavant a perdu un partenaire de travail (et ami) à cause d’une bévue commise par un de ceux-là. Il est d’autant plus maussade puisque depuis qu’il est sorti du coma, sa petite amie a disparu sans laisser de traces. Son collègue « assigné », Dorian, est issu d’une génération antérieure à celle qu’utilise présentement la police et il est en mesure d’éprouver de l’empathie à l’égard des autres. Peu à peu, il parviendra à gagner la confiance de John et cette paire sera en mesure d’affronter les plus grands criminels.

Rien pour le moment dans Almost humans ne sort de l’ordinaire. On retrouve encore une fois un policier au cœur meurtri et au passé trouble, mais qui se consacre corps et âme à la sécurité de ses compatriotes. La relation qui se développe entre lui et Dorian est tout de même intéressante. Ce robot qui n’éprouve pas d’émotions parvient en revanche à déceler celle des autres. Ainsi, il tient le rôle d’une sorte d’ange gardien auprès de John. Il le conseille en amour, lui dit comment gagner la confiance des enfants lors d’une enquête et tente de le psychanalyser afin qu’il règle ses problèmes personnels. Après un temps, John passe par-dessus ses préjugés concernant ce robot et s’attache à lui… comme s’il s’agissait d’un être humain. C’est justement là qu’est le problème. Dorian a tout d’un être vivant et le téléspectateur oublie rapidement qu’on est dans une science-fiction. Dans sa critique, Alan Sepinwall[1] abonde en ce sens :« « Almost Human » is a formula cop show that just happens to feature a robot, and even that part only seems novel because of Ealy’s performance. In a TV world where even the straightforward police procedurals have a tint of science-fiction to them, (…) it becomes harder to stand out.»

Une même idée, deux adaptations

Il est intéressant de comparer Almost human à 100 % humains (STV1, (2012- )) puisque toutes deux ont pour thème le futur et l’omniprésence d’androïdes. Le deuxième épisode de la série américaine est très révélateur de cette différence de traitement puisqu’on y aborde la question de la prostitution de ces machines, un sujet qui avait aussi été abordé dans la série suédoise. Dans le premier cas, John et Dorian enquêtent pour retrouver ceux qui sont à la tête de ce réseau très lucratif. L’émission est à l’image de n’importe quel policier : on recueille des indices, on se rend chez l’ennemi, on assiste à une scène de combat et on procède aux arrestations. Dans 100 % humains, il s’agissait certes d’un marché noir, mais le côté « légal » ou non a été évacué du synopsis pour faire place  à certaines questions éthiques. Dans la série, deux femmes quittent leur mari pour aller vivre avec leurs hubots. Ils sont beaux, leur obéissent au doigt et à l’œil et elles peuvent les déconnecter quand bon leur chante. Dans une autre scène, Toby, un adolescent, devient obsédé par Anita et après beaucoup de culpabilité accumulée, il accepte d’aller voir un psychologue. Cet angle de traitement est hautement plus intéressant parce qu’on s’attarde à l’âme humaine et elle permet une certaine introspection sur ce que nous sommes et sur ce que nous deviendrons alors que le monde s’informatise à vitesse grand V.

Dans Almost humans, le divertissement sur lequel on mise est caractérisé par des scènes d’actions intenses, certes, mais vu maintes et maintes fois dans d’autres séries du même genre, qu’on soit dans le futur ou pas. On a simplement remplacé le bureau du coroner ou la salle d’urgence par un laboratoire de technicien informatique. Ce qu’il y a de déplorable, c’est qu’on peine à gober la décision des autorités policières d’intégrer des robots dans leurs unités. Dans le premier épisode, un criminel réussit à tous les désamorcer grâce à ses talents de hacker et lors du troisième, une fusillade éclate dans une tour de bureaux et ces machines tombent au moindre coup de feu. À que bon se servir de robot s’ils sont si vulnérables et si en plus, ils ne possèdent pas (à l’exception de Dorian) un certain sens critique pour jongler avec des situations requérant toute forme de jugement?

Almost humans a attiré plus de 9 millions de téléspectateurs lors du premier épisode et moins de 6,5 en moyenne pour les deux suivants, ce qui est considérable vu son manque flagrant d’imagination. De plus, cette série est diffusée en Amérique du Nord les lundis à 20 heures; une case horaire surprenante étant donné le haut taux de violence qu’on y retrouve en général. Vraiment… une nouveauté de fin de saison automnale peu concluante.

 

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