The Millers & Package deal (2013): des familles embarrassantes

 

The Millers est une nouvelle comédie diffusée sur les ondes de CBS aux États-Unis et Global au Canada. L’action commence alors que Nathan Miller (Will Arnett), un célèbre journaliste, annonce à ses parents, Tom (Beau Bridges) et Carol (Margo Martindale) qu’il a récemment divorcé. Ces derniers qui sont mariés depuis plus de 40 ans prennent très mal la nouvelle qui fait boule de neige et Tom va aussi demander le divorce. Dès lors, Carol restera avec Nathan tandis que Tom ira vivre chez leur fille, Debbie (Jayma Mays) et son mari Adam (Nelson Franklin) : une cohabitation qui de part et d’autre ne se fera pas dans la plus grande harmonie. De son côté, Package deal est une nouvelle sitcom canadienne diffusée sur les ondes de CityTV.  Danny (Randal Edwards) est un jeune avocat qui sort depuis peu avec Kim (Julia Voth) alors qu’il cohabite avec ses deux envahissants frères Sheldon (Harland Williams) et Ryan (Jay Malone). Ceux-ci ne cessent d’interférer dans sa relation de couple, provoquant toutes sortes de quiproquos. Ces deux comédies automnales ont été tournées devant le public et contiennent plusieurs cocasseries, mais on déplore que seuls les personnages principaux aient un tant soit peu de profondeur alors que leur proche entourage est réduit à une poignée de clichés.

Manque de subtilité

C’est la séparation de Carol et Tom qui est le point de départ dans The Millers. C’est lorsqu’ils vont vivre chacun chez un de leurs enfants que ces derniers seront à même de regretter la rupture. Carol est une épouse et mère extrêmement contrôlante. Elle veut tout superviser et ne laisse jamais le bénéfice du doute à qui que ce soit. Lorsque son mari la quitte, toute son attention est transférée sur Nathan. Ainsi, elle tente de sauver sa relation avec son ex, lui confectionne des vêtements un peu trop enfantins et lors du deuxième épisode, elle se met en tête de réorganiser l’emplacement des tombes de chaque membre de la famille puisque désormais, elle répugne à l’idée d’être enterrée aux côtés de son époux. De son côté, Tom, bien qu’exaspéré à la longue de cette emprise, est devenu malgré tout dépendant des soins prodigués par sa femme si bien qu’il ne sait rien faire. Il a aucune idée comment fonctionne un poêle, une machine à laver ou un grille-pain et va même jusqu’à oublier de prendre ses médicaments. Lors du troisième épisode, Debbie n’en peut plus et demande à son frère s’ils peuvent « échanger » leurs parents. Qu’importe, le constat sera le même : Carole critique sa fille sur la façon dont elle gère le nid familial, tandis que Nathan a l’idée de doter son père d’un téléphone intelligent qui lui dit quoi faire quant aux tâches journalières. L’expérience ne fonctionne qu’à court terme puisque Tom a tôt fait d’égarer ou de briser les cellulaires et la facture monte en flèche.

Ce qu’il y a d’agaçant dans The Millers, c’est qu’on tombe rapidement dans les clichés concernant les personnes plus âgées. Tom et Carol n’ont évidemment pas fait l’amour depuis des lustres, ils prennent toutes sortes de pilules et ont quelques blancs de mémoires. Tom est incapable de faire quoi que ce soit et on va tellement dans les extrêmes qu’on se demande comment il parvient à s’habiller le matin. De son côté, Carol émet des flatulences sans s’en rendre compte (comme si on ne s’en apercevait pas passé la cinquantaine…) et s’ensuit une kyrielle de blagues à ce sujet, montrant ainsi la limite créatrice des scénaristes. À ce sujet, Samantha Highfill écrit dans son article : « The characters are too simplified (other than Arnett’s), their traits are too big, and the actual laugh-out-loud moments are too hard to find. »  Cependant, il y a quand même quelques moments mémorables dans la série. Carol fait quelquefois penser au personnage de Hyacinth (Patricia Routledge) dans la mythique comédie de BBC One Keeping up appearances (1990-1995) en voulant tout contrôler et en ne se rendant pas compte qu’elle dérange.  De plus, quelques scènes nous font sourire tout simplement parce qu’ils nous rappellent notre propre famille comme lorsque le père cherche ses lunettes, qu’il n’est pas capable de faire fonctionner la télécommande ou que leur génération peine à faire fonctionner un téléphone intelligent.

Manque de mordant

Dès le premier épisode de Package deal, on apprend que lorsque Danny était encore très jeune, ses parents sont morts et ce sont Sheldon et Ryan qui l’ont élevé. Ces liens très forts dans la famille justifient que ces frères, dans la trentaine, vivent encore sous le même toit. Sheldon est célibataire et vendeur itinérant. Il se lance souvent dans des projets fous comme la vente de cercueils et parvient toujours à convaincre les autres qu’il est le seul à avoir raison. De son côté, Ryan est aigri depuis que son épouse a obtenu le divorce. Cet homme au foyer un peu nerd ne cesse de parler d’elle avec nostalgie et ne peut s’empêcher d’espionner ses moindres agissements sur sa page Facebook. Danny pour sa part est pris entre l’arbre et l’écorce. Il est follement amoureux de Kim, mais s’ennuie aussi du temps où il était célibataire et qu’il passait plus de temps avec ses frères. Ainsi, pour pouvoir continuer à participer à des soirées karaoké avec eux, il se met en tête « d’auditionner » une meilleure amie pour Kim afin de la tenir occupée. Sinon, il a la mauvaise habitude de demander conseil à ses frères concernant sa relation, lesquels sont plus que nuls en la matière.

À la base, l’idée de cohabitation entre les frères est intéressante, mais on tombe facilement dans la mièvrerie. Par exemple, tout un épisode tourne autour du fait que Danny ait dit trop vite à Kim qui l’aimait, laquelle n’a pas répondu. Ce genre d’intrigue a été exploité mille et une fois, de la comédie au drame. Sinon, Package deal manque surtout de nuances. Sheldon et Ryan sont des personnages secondaires unidimensionnels qui n’existent qu’à travers Danny. Pour nous faire rire, il faut bien évidemment qu’ils soient plus idiots chaque semaine, ce qu’on déplore. De plus, la série peine à nous faire sentir le lien affectif entre les frères. Comme l’écrit John Doyle à ce sujet : « In order for the show to hold together, the affection between the brothers has to seem genuine. Instead, Danny’s vulnerability is mocked. » Mais comme dans The Millers, certains moments sortent du lot pour leur originalité. C’est le cas lorsque Danny est assigné à être l’avocat d’un homme, Wayne, qu’il tabassait régulièrement à l’école. Dans son plaidoyer, Danny affirme que son si son client a des démêlés constants avec la justice, c’est parce qu’il a eu une enfance malheureuse et il blâme les gens dans son entourage qui l’on rendu ainsi, un peu comme s’il faisait son propre procès. Il n’y a malheureusement pas assez de moments comme ceux-ci et la comédie passe inévitablement inaperçue dans le paysage télévisuel.

Avec plus de 10 millions de téléspectateurs au rendez-vous chaque semaine, The Millers semble tirer son épingle du jeu. Dans le premier épisode, on a tenté d’en faire trop et on s’est appuyé sur des gags dénués de toute originalité. Cependant, on s’est réajusté au cours des émissions suivantes et la série, petit à petit, est en train de se forger une identité propre. Package deal n’a pas eu un départ des plus fracassants. Le premier épisode n’est même pas parvenu à attirer 200 000 téléspectateurs, ce qui, même au Canada, reste très faible. Cependant, la série ne s’avoue pas vaincue. CityTV l’a déplacé dans la grille horaire et elle est maintenant diffusée après The crazy ones, ce qui pourrait augmenter sa visibilité. De plus, la plantureuse Pamela Anderson devrait être du casting d’ici peu (si ce n’est déjà fait) et ce, pour quelques épisodes. Peut-être ces efforts porteront fruit.

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