Once upon a time in Wonderland (2013): le Pays des merveilles revisité

Once upon a time in Wonderland est une nouvelle série diffusée depuis octobre sur les ondes d’ABC aux États-Unis et CityTV au Canada. Celle-ci nous amène au début du XXe siècle alors qu’Alice (Sophie Lowe), désormais adolescente, se retrouve dans un asile psychiatrique parce qu’elle s’évertue à affirmer que le Pays des merveilles existe vraiment. Ses amis le valet de cœur, aussi connu sous le nom de Will (Michel Socha), et le lapin blanc viendront la secourir in extrémis puisque les médecins étaient sur le point de lui administrer une drogue qui lui aurait fait tout oublier. Dès lors, ils se rendront tous dans ce pays à la fois charmant, rigolo ou carrément terrifiant. Dérivée de la série Once upon a time (2011- ) aussi diffusée sur ABC, Once upon a time in Wonderland a beaucoup plus de qualités que de défauts.  Outre des effets spéciaux d’envergure moyenne et une intrigue principale qui devra s’étoffer éventuellement, la chimie qui opère entre les personnages est remarquable et le ton général des épisodes est prompt à rassembler un auditoire très varié. À voir, ne serait-ce que pour satisfaire sa curiosité.

 

À la recherche du prince charmant

Dans Once upon a time in Wonderland, ABC est parvenue à s’inspirer du conte de 1865 dont la plupart connaissent les grandes lignes et à l’adapter au goût du jour. Alice accepte de suivre Will au Pays des merveilles non seulement pour échapper à l’enfer qu’elle vit à l’asile, mais aussi pour retrouver Cyrus (Peter Gadiot), un génie vivant dans une bouteille qui exauce les vœux et qu’elle croyait mort. Alice a rencontré celui-ci lors de son précédent séjour au Pays et de fil en aiguille ils sont tombés amoureux. Entre-temps, il a été kidnappé par Jafar (Naveen Andrews), un redoutable sorcier tout droit sorti des Milles et une nuit. Il aimerait bien que le génie exauce ses vœux, mais c’est pour le moment impossible parce que sa précédente maitresse, Alice, n’a pas encore formulé les siens (Cyrus ne peut qu’avoir un maître à la fois). Le sorcier a beau user de plusieurs subterfuges pour contrer la jeune femme à lâcher prise, il se trouve devant une ennemie redoutable. Alice est non seulement rusée, mais très courageuse et en plus manie très bien l’épée.  Son acolyte, Will, fait figure d’enfant terrible. Il s’est un temps allié avec une bande de voleurs qui dépouille les riches pour donner aux plus pauvres, mais a ensuite rompu son « serment d’allégeance » à la confrérie et s’est enfui avec sa part du butin. Après, il a multiplié les ennemis, y compris des femmes qui avaient le béguin pour lui. Lorsqu’il est arrivé au Pays, il était fiancé à Anastasia (Emma Rigby). Celle-ci est désormais l’acariâtre et narcissique reine rouge qui complote aux côtés de Jafar. Que s’est-il passé entre les deux fiancés? Que recherche cette femme dans cette alliance? On ne le sait pour le moment et ce mystère fait partie des intrigues à surveiller.

Ces différentes histoires laissent présager plusieurs rebondissements et il en faut, puisque la saison est supposée s’échelonner jusqu’à la fin décembre. Si à la longue la quête du prince charmant peut lasser, on en profite pour introduire de nouveaux personnages et petit à petit, l’intrigue se complexifie. On apprécie surtout les personnages féminins de la série. Comme l’écrit Pierre Sérisier dans son article :« Alice a un petit côté Nikita dans la maîtrise des arts martiaux et cela est surtout remarquablement mis en scène.» Si au départ, la reine rouge agace tellement elle semble superficielle, au fil des épisodes, elle nous paraît de plus en plus humaine, notamment grâce aux flashbacks de son passé avec Will. Ce dernier éclipse totalement l’affable Cyrus qui pour le moment, nous est toujours montré en cage, captif de Jafar. Gageons qu’éventuellement, un triangle amoureux s’installera et qu’Alice devra choisir entre un prince charmant placé sur un piédestal et son compagnon avec qui elle partage toutes ses aventures.

Dans l’ombre de Tim Burton

En 2010, l’éminent réalisateur Tim Burton a remporté deux Oscars pour son film Alice in Wonderland; celui des meilleurs costumes et direction artistique et a aussi été en nomination pour la beauté de ses effets visuels. Ce film fait partie du top 25 des plus lucratifs de l’année. Succès populaire et académique, on ne peut s’empêcher de le comparer avec Once upon in Wonderland qui bénéficie non seulement d’un budget moindre, mais dont les scénaristes doivent rivaliser d’originalité pour maintenir l’attention du téléspectateur durant plus d’une dizaine d’épisodes.

Ces aspects contraignants transpirent quelque peu sur la série. Bien que les décors d’arrière-plan soient magnifiques, on ne peut s’empêcher d’y voir la présence d’un fond bleu[1]. À ce sujet, une certaine cohérence fait défaut lors des scènes extérieures. À certains moments, les personnages se promènent dans une forêt féérique et à d’autres on filme les plans rapprochés de ce même lieu en décors plus réels (voir les photos plus haut). Par contre, les créatures animées peuvent rivaliser avec n’importe quel film fantastique, que l’on pense au chat de Cheshire, au lapin blanc où à la chenille. Enfin, l’univers dans lequel évolue la reine rouge est envoûtant. Elle vit dans un château en forme de jeu d’échecs isolé sur une montagne et on dirait que les plus grands designers  se sont disputé le privilège de lui confectionner les différentes robes qu’elle porte.

Série parallèle à Once upon a time aussi diffusée sur ABC, Once upon a time in Wonderland est un mélange de science-fiction,  de drame, d’aventure et de mystères. La chaîne étant une propriété de Disney, on n’hésite pas à agrémenter la trame narrative en puisant dans le répertoire des contes déjà exploités par l’empire, qu’on se réfère aux personnages et artéfacts empruntés à Aladdin (1992) ou Robin des bois (1973).  Et contrairement à des contes comme Cendrillon ou Blanche-Neige où l’action pourrait se dérouler dans une époque précise de l’histoire, l’univers de Once est totalement imaginaire et laisse place à l’interprétation; ce qui offre plus d’opportunités pour les épisodes à venir.

Once upon a time in Wonderland a bien démarré la saison en rassemblant presque 6 millions de téléspectateurs, mais les chiffres diminuent de semaine en semaine, si bien qu’on espère qu’elle tiendra le coup toute une saison. Il faut dire à sa défense qu’elle se retrouve à la même case horaire que les redoutées The big bang theory (CBS, 2007- ) et Parks and recreation (NBC, 2009- ). Espérons que les chiffres se stabiliseront parce que la série offre une saine alternative à toutes les séries criminelles et policières beaucoup trop présentes sur nos écrans. De plus, il a été annoncé  que la série comportera quelques épisodes partageant une trame commune avec Once upon a time; une convergence qui pourrait mousser encore plus sa popularité.


[1] Incrustation : technique à l’écran qui consiste à intégrer dans une même image des objets filmés séparément.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s