The tomorrow people (2013): ces incontrôlables adolescents…

The tomorrow people est une nouvelle série diffusée depuis octobre sur les ondes de CW aux États-Unis et CTV au Canada. Celle-ci a pour personnage principal Stephen (Robbie Amell), un adolescent qui croit souffrir de troubles mentaux. En effet, il se déplace durant son sommeil, entend des voix constamment et il découvrira plus tard qu’il fait partie d’une race nommée les tomorrow people. Ces gens ont le pouvoir de se téléporter où ils veulent, de communiquer par télépathie et de bouger des objets à distance grâce à leur cerveau. Avec ses nouveaux amis, il tentera de retrouver son père (celui qui lui a transmis ces dons) tout en combattant plusieurs ennemis. The tomorrow people est une adaptation de la série britannique pour enfants du même nom qui a duré six saisons, soit, de 1973 à 1979. Le problème ici est que ce remake, qui a conservé la même trame narrative, s’adresse à un auditoire beaucoup plus âgé. La psychologie des personnages est bancale et leurs interprètes auraient un plus long avenir dans le mannequinat qu’en tant qu’acteurs.

Se méfier de la case horaire de 19 h…

L’automne 2013 compte un très grand nombre de nouvelles séries sur les réseaux américains et il est aisé de déterminer lesquelles ont le plus de potentiel, dépendamment de la case horaire où on choisit de les diffuser. En Amérique du Nord, c’est entre 20 h et 23 h et généralement du lundi au jeudi qu’on retrouve les émissions à plus fort potentiel. Ainsi, on sait qu’une série est sur le déclin si en cours de saison elle est déplacée au vendredi ou au samedi soir. Passé 21 h, celle-ci sera plus susceptible de contenir de la violence ou encore de la nudité puisqu’en théorie, c’est un auditoire plus mature qui est devant l’écran. Par contre, la case horaire de 19 h semble être un fourre-tout pour les réseaux anglophones : reprises de sitcoms, émissions à potins comme Etalk ou encore de jeux de société. The tomorrow people est diffusée à cette heure au Canada et après avoir visionné quelques épisodes, on comprend rapidement pourquoi.

Malgré des moyens impressionnants et des effets spéciaux réussis, la série n’a pas grand-chose à offrir, à commencer par l’intrigue principale. Dès que Stephen fait la connaissance des tomorrow people, sa vie change du tout au tout. Il découvre non seulement qu’il est doté de pouvoirs importants, mais aussi que son père est probablement en vie et qu’il est le plus puissant de sa race. Les tomorrow se mettent donc d’accord pour partir à sa recherche, du moins c’est ce qu’on nous dit parce que dans les faits, ils passent le plus clair de leur temps à fuir les Ultras dont le chef est Jedikiah Price (Mark Pellegrino), l’oncle de Stephen. Branche affiliée au FBI, ses membres ont pour mandat de neutraliser cette race (ou au pire, de les exterminer) par précaution pour l’humanité. Les deux clans ont alors une idée de génie (sarcasme) qui mettra Stephen à l’avant-plan. Ce dernier décide de faire croire à son oncle qu’il veut se joindre aux Ultras afin de les aider à traquer les tomorrow, mais son plan est en réalité d’amasser le plus d’informations possible sur ses ennemis. De son côté, Jedikiah fait semblant de lui faire confiance, alors qu’il sait très bien que tôt ou tard, son neveu entrera en contact avec les membres de sa bande et qu’il pourra ainsi les capturer. Donc, chacun pense duper l’autre, et ainsi vont les épisodes. Il n’y a que le téléspectateur qui n’est pas mené en bateau par ce scénario de pacotille.

C’est dans cette optique que d’avoir décidé de mettre The tomorrow people à 19 h prend tout son sens. Le scénario ne tient pas la route et ressemble davantage à celui d’un jeu vidéo. La quête est de trouver le père (pourquoi? Que pourrait-il faire de plus?) et les personnages sont très « noir et blanc » (les méchants et les gentils). On assiste aussi durant les épisodes à plusieurs scènes de combat, lesquelles sont aussi invraisemblables que copiées tout droit du virtuel (pas de sang, ni de blessures). Jamais CTV n’aurait pu mettre cette série en heure de grande écoute.

Médicamenter nos jeunes

Si on analyse plus en profondeur The tomorrow people, il est amusant de constater que celle-ci se résume à une métaphore de l’adolescence. Les séries ayant pour thème ce sujet pullulent et dans ce cas précis, on amène l’aspect science-fiction à titre de dérivatif. Les membres de tomorrow sont tout simplement des laissés pour compte; des gens qui n’entrent pas dans la norme. Stephen subit beaucoup d’intimidation à l’école. Il s’est fait voler ses médicaments à plusieurs reprises et s’est fait tabasser. Incapable au départ de se défendre (ce qui est surprenant puisqu’il a le gabarit d’un joueur de football), il se servira ensuite de ses pouvoirs spéciaux pour rendre la pareille. Douce revanche; un genre de fantasme qui ne peut se réaliser qu’à l’écran.

Ce sont ces mêmes pouvoirs qui leur attirent des ennuis auprès des adultes. Comme mentionné plus tôt, Stephen se téléporte sans le savoir durant son sommeil; une métaphore d’un adolescent qui sort en douce faire la fête toute la nuit. Même si sa mère ignore comment il y arrive, une chose est sûre,  elle ne trouve rien de mieux à faire que de le médicamenter pour régler le problème. Pour elle, il s’agit de la seule solution et elle est même prête à travailler des heures supplémentaires pour payer ces exorbitantes factures. Mais pendant ce temps, elle ne l’élève pas. À plus grande échelle, les Ultras symbolisent une police contre les jeunes, Jedekiah étant son chef. Comme l’écrit Mike Hale a propos de cet aspect de la série :« The seemingly ubiquitous supporting player Mark Pellegrino plays the condescending and therefore evil adult who demonizes the Tomorrow People in two words: “Unpredictable. Uncontrollable.” In other words, teenagers. » Lui aussi possède une drogue pour calmer ces enfants-roi et s’ils lui résistent, c’est tout simplement la mort qui les attend. Belle société!

The tomorrow people peine a maintenir son auditoire de départ (plus de 2 millions) et le cinquième épisode diffusé le 6 novembre a rassemblé seulement 1,5 million de téléspectateurs. À défaut d’un scénario solide, CW semble se servir de la beauté de ses acteurs comme appât; un pari aussi superficiel que vain à la longue. La série n’entrera pas dans l’histoire de sitôt et comme l’écrit Tim Goodman dans sa critique : « If you skip this, pretty soon Tomorrow People will be yesterday’s news ! ».


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