The crazy ones et The Michael J. Fox show (2013) : Williams 1, J. Fox 0

The crazy ones est une nouvelle comédie diffusée sur les ondes de CBS aux États-Unis et CityTV au Canada. L’action se déroule à Chicago dans une agence de publicité où travaillent le consultant exécutif Simon Roberts (Robin Williams) et sa fille Sydney (Sarah Michelle Gellar). Ce milieu hautement compétitif ne leur laisse pas une minute de répit et avec une équipe chevronnée, ils font des pieds et des mains afin de séduire de gros clients, qu’ils soient issus du milieu de la restauration rapide, de l’alimentation ou des assurances. The Michael J. Fox show est pour sa part diffusée à NBC et Global et nous amène au sein de la famille Henry dont le père, Mike (Michael J. Fox), est atteint de la maladie de Parkinson. Suivi de près par son médecin, il se sent d’attaque pour retourner travailler à la chaîne NBC 4 en tant qu’animateur, tout en veillant sur sa famille. Les deux séries ont pour point commun d’avoir exploité la notoriété d’acteurs qui jouissent d’une grande popularité auprès des Américains afin de créer l’engouement. Dans la série de CBS, on a misé sur le talent d’humoriste de Robin Williams alors qu’à NBC, on a joué sur les zones grises étant donné que Mr J. Fox est lui-même atteint du Parkinson. Ces choix scénaristiques ont porté fruit pour Willams, mais pas pour Fox.

The Crazy ones : satyre inversée

Véritable surdoué dans le domaine de la publicité, Simon Roberts peut vendre n’importe quoi à n’importe qui. Des idées aussi originales qu’excentriques semblent sortir de sa tête à tout moment. Il semble ne rien prendre au sérieux et s’amuser sans arrêt. Ces traits de caractère forcent l’admiration de ses collègues Zach (James Wolk) et Andrew (Hamish Linklater), mais exaspèrent quelque peu sa fille Sydney qui est davantage terre-à-terre et qui a tendance à douter d’elle-même. Lorsqu’elle était plus jeune, son père était peu présent et c’est quand ils doivent concocter des pitch publicitaires ensemble qu’ils en profitent pour régler leurs différends. Sinon, on assiste aux incessantes guerres entre Zach et Andrew, tous deux cherchant à attirer l’attention de Simon. Voilà pour le quotidien des épisodes.

Avant sa diffusion officielle, CBS a qualifié The Crazy ones de « top comedy of the year ». C’était placer la barre bien haute, mais force est de constater que la série livre la marchandise. Si on combine le nombre d’Américains ayant regardé la première au moment de sa diffusion et ceux qui l’ont enregistré, on atteint presque 19 millions de personnes; un chiffre record pour l’automne 2013. Depuis, l’audience s’est stabilisée aux alentours de 8 millions par épisodes, ce qui est considérable.  Ce qui séduit le plus dans cette comédie, c’est l’immense talent des acteurs et la chimie qui s’opère entre eux. On assiste à plusieurs moments où Zach et Roberts doivent concocter des jingles pour des clients et leurs interprétations sont si convaincantes qu’on ne sait s’ils improvisent ou s’il s’agit d’un script dûment répété. Les excentricités de Robert sont aussi un point fort de la série. À un moment, il décide d’élever des canetons dans son bureau et plus tard, après s’être réconcilié avec sa fille, il la convaincra de faire du camping avec elle… dans son loft! Dans toutes ces situations, on exploite le talent de comédien de Robin Williams, lequel semble avoir un répertoire de mimiques et de faux accents à n’en plus finir.

À un moment, Robert convainc la chanteuse Kelly Clarkson[1] d’interpréter un jingle assez mièvre, mais qui finira par plaire à McDonald’s, un client de la boite. Dans un article mitigé sur la série, Tim Molloy écrit : « I’m also tired of seeing my pop stars sell products instead of songs. In a better, less cynical show, the peppy singer would be working against the multinational fast-food giant instead of for it. The ad types trying to recruit her would be bad guys». Le cliché serait justement que ces gens tentent de changer les attitudes des consommateurs et qu’ils s’insurgent d’avoir pour clients des compagnies comme la chaîne de restaurant. Au lieu de cela, on nous montre une chanteuse en quête d’un lucratif contrat et une équipe fort sympathique et prête à tout pour séduire McDo. Le cynisme est inversé est c’est exactement ce qui fait l’originalité de The crazy ones.

The Michael J. Fox show : faire rire grâce au réalisme

La famille Henry vit à New York et outre Mike, elle compte son épouse Annie (Betsy Brandt), leur fille Eve (Juliette Goglia) et leurs fils Ian (Connor Romero) et Graham (Jack Gore). Au cours des épisodes, on assiste à des bribes de leur quotidien. Par exemple, Eve tente de durcir son caractère après avoir été la cible d’intimidation sur Twitter et on suit les romances d’Ian, en pleine adolescence. Graham est le plus jeune de la famille et ses parents s’affrontent plus d’une fois sur les activités parascolaires auxquelles il devrait participer. La mère prône la poterie, tandis que le père privilégie le hockey. Dans tous les épisodes, le scénario est bien construit, mais manque d’éclat et ne se démarque nullement de ce qui a été fait jusqu’ici.

C’est le personnage atteint de Parkinson interprété par Michael J. Fox qui devait apporter la nouveauté à la série. Acteur très aimé du public, sa dernière apparition régulière dans une fiction date de 2001 alors qu’il incarnait Mike Flaherty dans la série Spin City (ABC, 1999-2002)). En 1999, il a révélé publiquement qu’il était atteint de la maladie. Presque 15 ans plus tard, l’acteur étant prêt à reprendre du service, NBC lui a proposé de jouer dans une série vaguement autobiographique (il n’y a qu’à se référer au titre). Le but de cette comédie est de dédramatiser la maladie grâce à l’humour. C’est justement cette approche qui ne fonctionne tout simplement pas dans The Michael J. Fox show. Dans sa critique Mike Hale, écrit justement : « The show is more concerned with making Henry a saint than it is with making him funny ». En effet, on ne va pas assez loin dans l’autodérision et au lieu de se concentrer sur Mike et sur sa maladie, la série tente trop de nous prouver qu’il est comme les autres. Alors en quoi se différencie-t-elle? De plus, il arrive souvent que les personnages s’adressent à la caméra et fassent part de leurs états d’âme. À un moment, Mike, en parlant de sa famille, nous révèle :« the ones who challenge you, support you and love you, no matter what ». Ce message, qui vaut aussi bien pour le personnage que pour l’acteur, agace parce qu’on sort trop de l’univers de la série. Et l’auteur cité plus haut de renchérir : « The problem is the feeling that you’re watching a long and expensive public service announcement ».

Deux projets de comédie, deux acteurs au talent indéniable. The crazy show n’a pas lésiné avec les moyens et les mises en situation hautement improbables. Qu’importe, CBS a tenu son pari et nous offre une comédie digne de ce nom. The Michael J. Fox Show a fait tout le contraire. On joue davantage la carte de la compassion et on a privilégié une certaine simplicité à un tel point qu’on s’ennuie et que les rires se font rares. Ce traitement n’a pas non plus séduit les Américains : la série a attiré plus de 7,5 millions de téléspectateurs et un mois plus tard, l’auditoire a fondu de moitié.


[1] Elle joue son proper role dans la série.

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