Masters of sex (2013): le sexe pour la science

Masters of sex est une nouvelle série de 12 épisodes diffusée sur les ondes de Showtime aux États-Unis et The Movie Network au Canada. Celle-ci nous transporte dans les années 50 à l’Université de Washington au Missouri alors que le renommé docteur William Masters (Michael Sheen) décide d’orienter désormais ses recherches dans l’étude des comportements sexuels, en particulier celui des femmes. En compagnie de son assistante Virginia Johnson (Lizzy Caplan), ils entrent dans un monde complexe, bourré de préjugés et de fausse pudeur. Adaptation de la biographie de l’auteur Thomas Maier:« Masters of Sex: The Life and Times of William Masters and Virginia Johnson », la série parvient à maintenir un équilibre remarquable entre tout le sérieux qui définit généralement le genre médical à la télévision et les instants cocasses et divertissants (un peu comme dans Sex & The City) qui viennent avec le sujet principal qu’est le sexe. Jamais on ne tombe dans la vulgarité et les personnages sont tout simplement fascinants à regarder évoluer.

Enfantement ou plaisir?

Au cours d’une discussion avec un de ses collègues, le Dr Masters affirme :« There are libraries on how babies are born, but not a single study on how babies are made ». C’est là tout le point de départ de Masters of sex. C’est sous le couvert de l’université où il travaille qu’il espère mener à bien une étude sur les rouages de la sexualité féminine. Dans son esprit, si la femme a du plaisir durant l’acte, ça facilitera la grossesse et c’est peut-être ce qui fait défaut à celles qui n’arrivent pas à procréer. Or, l’orgasme étant synonyme de satisfaction sexuelle, il est surpris de découvrir le nombre élevé de femmes qui font semblant de jouir et c’est sous cet angle qu’il souhaite développer ses recherches.

Évidemment, dans les années 50, la sexualité reste un sujet tabou, encore plus pour les femmes et durant les trois premiers épisodes, le Dr peine à convaincre ses supérieurs. Il recrute des femmes et des hommes, sous l’anonymat, couvre leurs corps d’électrodes afin de mesurer leur niveau d’excitation et les regarde faire l’amour, chronomètre en main : il faut bien un point de départ à tout! Mais avant qu’il n’ait pu en conclure quoi que ce soit, ses recherches sont interrompues par le principal de l’établissement, Scully Burton (Beau Bridges). Ne baissant pas les bras, il déménagera tout son bureau dans une maison close. C’est qu’il connaît bien Betty DiMello (Annaleigh Ashford), une prostituée qui y travaille et qui convainc ses « collègues » de se prêter à l’expérience, pour quelques dollars de plus. Masters découvre assez rapidement que de prendre des prostituées pour ses recherches tend à donner des résultats peu fiables. Ces femmes qui accumulent les clients n’ont aucun plaisir pour l’acte. C’est la même chose pour leurs amis masculins qui ont aussi participé à l’expérience, lesquels se prostituent régulièrement avec d’autres hommes. L’un d’entre eux, Dale (Finn Wittrock), viendra néanmoins changer le cours des choses. Il avoue à Masters qu’un de ses clients réguliers n’est nul autre que Burton. Le Dr se servira de cette information pour faire chanter son supérieur et ainsi, réintégrer l’hôpital. On retourne donc à la case zéro, mais sur des bases plus stables.

Hommes et femmes : rôles inversés

Ce qu’il y a de particulièrement intéressant avec Masters of sex, c’est que le synopsis met l’emphase sur toute l’ambiguïté de la recherche : c’est que les protagonistes veulent étudier le plaisir relié au sexe d’un point de vue purement médical, mais leurs pulsions et personnalités distinctes entrent indubitablement en ligne de compte. Étonnement, ce sont les hommes ici qui éprouvent certains complexes face au sexe et non les femmes, à commencer par William Masters. Celui-ci est marié depuis plusieurs années avec Libby (Caitlin FitzGerald), mais le couple n’a toujours pas d’enfants. Ce qu’il ne se résout pas à lui avouer, c’est qu’il est presque stérile et pendant ce temps, l’épouse se fait du sang d’encre, persuadée qu’elle est la cause du problème. Au lit, les choses ne vont pas mieux. Il fait l’amour à sa femme de façon très « médicale », s’assurant qu’elle se trouve dans les meilleures positions pour procréer. Les deux ne se déshabillent même pas et le manque de passion saute aux yeux. Lorsqu’il est avec Virginia, il lui dit d’un ton détaché qu’ils devraient aussi coucher ensemble, comme les autres patients afin de mieux comprendre le processus. Dès lors, on comprend mieux l’homme. D’un côté, ces recherches pourraient peut-être apporter une réponse à la stérilité du couple et d’un autre, on sait qu’il est secrètement épris de Virginia et qu’il aimerait devenir un meilleur amant.

Les autres hommes de la série ne se portent pas mieux. Austin Langham (Teddy Sears), un médecin de l’hôpital, est malheureux en mariage et voit une opportunité d’assouvir ses désirs en décidant de participer « physiquement » aux recherches. Le plus proche collègue de Masters, Ethan Haas (Nicholas D’Agosto) est célibataire, mais obsédé par Virginia. Éconduit, il est désemparé et lèvera même la main sur elle dans un instant de rage.

 

L’assistante de Masters, Virginia Johnson, était autrefois chanteuse dans un cabaret et est mère de deux enfants. Contrairement aux hommes de la série, elle assume pleinement sa sexualité et concilie très bien travail et famille puisqu’elle est aussi mère célibataire de deux enfants. C’est de loin le personnage le plus équilibré. Toujours du point de vue du sexe, l’infirmière Jane Martin (Heléne York) se porte volontaire pour les recherches et sera la partenaire de Langham. Contrairement à ce dernier, elle le fait non pas pour le plaisir, mais pour la science; une décision plus mature qui est tout à son honneur. Enfin, il y a la prostituée Betty mentionnée plus haut. Le fait que les hommes paient pour coucher avec elle ne la rend pas pour autant vulnérable. Pas du tout embarrassée par son métier, en échange de son aide, elle parviendra à persuader Masters de lui décrocher un emploi d’assistante à l’hôpital. Dans l’Amérique puritaine des années 50, ce sont davantage les femmes qui font preuve d’ouverture d’esprit et c’est sans compter que la plupart d’entre elles ont les hommes à leurs pieds grâce à leurs charmes. On a l’impression que tout dans la vie leur sourit… il ne manque plus que l’orgasme!

Dès son arrivée en ondes, Masters of sex a su faire sa marque dans la grille horaire déjà très chargée du dimanche soir. Celle-ci a rassemblé plus d’un million de curieux lors de sa première (ce qui est considérable étant donné qu’il s’agit d’une chaîne câblée) et le 22 octobre, Showtime a annoncé qu’elle avait commandé une seconde saison prévue pour 2014.  La série met en lumière un côté du milieu hospitalier très peu exploité jusqu’ici sur les écrans et grâce à elle, on est à même de constater les obstacles qu’ont dû traverser ces scientifiques en ayant eu le cran de s’intéresser à un sujet aussi tabou qu’est la sexualité; ce qui est tout à leur honneur.

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