Cedar Cove (2013) : Zzzzzzzzzzzzz

Cedar Cove est la première série produite par Hallmark Channel et est diffusée sur la chaîne depuis la fin juillet au Canada et aux États-Unis. Basée sur le roman éponyme de l’auteure Debbie Macomber, l’histoire prend place à Port Orchard à Washington (en réalité filmée à Vancouver) alors que la juge municipale Olivia Lockhart (Andie MacDowell) brigue un poste au gouvernement fédéral sous l’insistance d’un proche, le sénateur Pete Albertson (Barclay Hope). La nomination étant imminente, on suit aussi le quotidien des différents membres du village, leurs amours, aspirations, carrières, etc. Série aussi originale qu’un poème que l’on retrouve dans une carte de souhaits (de marque Hallmark de préférence), Cedar Cove  tombe facilement dans la mièvrerie et les intrigues sont trop banales pour retenir l’attention. Mais ce qu’il y a de plus étonnant, c’est que depuis les quatre dernières semaines, la série attire plus de deux millions de téléspectateurs; une performance exceptionnelle pour une chaîne câblée.

 

Un Murder she Wrote, mais sans les meurtres

Port Orchard est une petite ville sur la côte ouest des États-Unis. Tous les gens se connaissent et ont le sens de la communauté bien à cœur. Au cours des épisodes, nous rencontrons plusieurs d’entre eux, dont Justine (Sarah Smyth), la fille d’Olivia, qui travaille dans un café et confectionne des bijoux. Elle est vient tout juste de se fiancer avec Warren (Brennan Elliott), un entrepreneur qui a pour objectif de modifier le paysage résidentiel de Cedar Cove. Leur couple sera mis à l’épreuve en raison du retour de Seth (Corey Sevier), l’ancien petit ami de Justine qui éprouve toujours des sentiments à son égard. De son côté, Olivia n’est pas insensible aux charmes de Jack (Dylan Neal), le nouvel éditeur et reporter du journal local. Lorsqu’Olivia décroche enfin le poste de juge au fédéral, elle ne peut se résoudre à quitter la collectivité et décide de rester. Plus tard, c’est cet esprit de communauté qui poussera les citoyens à se réunir afin de protester contre la destruction du phare local, le terrain ayant été vendu à l’entreprise de Warren. À force de persévérance et grâce à une astuce d’Olivia, le projet de construction ne se réalisera pas et la population aura gain de cause.

Les personnages de la série, ainsi que les décors ne sont pas sans rappeler ceux que l’on retrouve à Cabot Cove, la petite ville côtière dans l’État du Maine intronisée à jamais dans les mémoires grâce à la série Murder She Wrote (1984-1996). Si cette ville jouxtant l’Atlantique servait de trame de fond à des histoires de meurtres élucidés épisode après épisode par l’écrivaine Jessica Fletcher (Angela Lansbury), celle de la côte ouest demeure à l’abri de toute forme de violence, médisance, combines… bref, dénuée d’intérêt.

Politically incorrect

Le premier élément qui frappe quand on regarde Cedar Cove, c’est que toute la population du village est blanche et hétérosexuelle. Lorsque certains d’entre eux sont exposés à des situations frustrantes où qu’ils ont vécu une dure journée, rien de mieux qu’un gâteau ou de la crème glacée pour oublier tous leurs problèmes. La population, très hermétique, n’hésite pas à s’en prendre à Warren à propos de la possible destruction du phare de la ville, un peu une métaphore de « l’étranger » qui s’attaquerait au symbole de ces résidents de souche. Pourquoi cette foule ne s’en prend-elle pas à ses élus municipaux? En effet, sauf quelques allusions, Cedar Cove reste très apolitique. David Hinckley dans un article du nydailynews.com résume très bien l’univers de la série :« Cedar Cove itself is a classic Hallmark town. It feels isolated and insulated, a secure little cocoon in a big mean old world that only occasionally intrudes».

En même temps, force est d’admettre que ces dernières années, plusieurs séries très violentes ont vu le jour, et ce, même sur des chaînes généralistes (The Following, (FOX) ou Hannibal (NBC) en sont de bons exemples). Quant à la sexualité exacerbée dans les séries, il y en a de plus en plus, mais se cantonne toujours au câble (Banshee (cinemax), The Borgias (Showtime), Da Vinci’s Demons (Starz & BBC). Brian Lowry, chroniqueur dans Variety écrit à ce sujet :« To be fair, Cedar Cove isn’t intended to rival the current crop of ambitious cable dramas, but rather to offer a distinct alternative to them». Devons-nous pour autant passer d’un extrême à l’autre? Aux plans de femmes dénudées dans toutes les positions sexuelles possibles dans certaines séries câblées, Cedar Cove nous montre des baisers chastes, du bout des lèvres dignes de films des années 50. De scènes, souvent gratuites, de combats sanglants, de meurtres et de mutilations dans ces mêmes séries, Cedar Cove gère toutes les situations discordantes avec une bonasserie qui frise l’irréalisme. Des feuilletons d’après-midi comme Top Modèles et Les Feux de l’Amour ont plus de mordant!

Enfin, une scène dans Cedar Cove qu’on peut interpréter comme une mise en abyme résume à elle seule la série. Jack était journaliste dans une grande ville (sûrement Washington) avant que ses problèmes d’alcool ne viennent compromettre sa carrière. Après une cure de désintoxication, il se trouve un emploi d’éditeur et de reporter dans le journal local de Port Orchard. En conversation avec Olivia, il se plaint d’être en manque d’inspiration et de n’avoir rien d’intéressant à écrire sur la ville. Finalement, il se rabattra sur l’attraction numéro un de la région : le Festival d’imitation de cris de mouettes[1]… ce sujet est tout compte fait aussi intéressant que la série.

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