Camp (2013) : nostalgie estivale?

Camp est la nouvelle série estivale diffusée sur les ondes de NBC aux États-Unis et Global au Canada. Bien que filmée au sud de Brisbane en Australie, l’action se déroule quelque part dans une campagne américaine alors que plusieurs familles s’offrent une retraite au « Little Otter Family Camp » géré par Mackenzie « Mack » Greenfield (Rachel Griffiths). La série nous offre un éventail de personnages de tous âges, qu’il s’agisse de parents de même sexe, de moniteurs qui préparent leur entrée dans le monde adulte ou d’adolescents qui ne pensent qu’à leur première expérience amoureuse… et sexuelle. C’est justement ce trop grand nombre de personnages qui portent ombrage à Camp, et ce, sans compter qu’on y retrouve moult clichés. La série n’est pourtant pas si mauvaise, ne se prend pas au sérieux et est truffée d’acteurs talentueux. Cette comédie dramatique très légère accompagne à point nommé la période estivale, si éphémère soit-elle.

Pastiche du genre

Camp pourrait entrer dans la catégorie des « summer movies », un genre qui s’est imposé avec le temps. Les adolescents étant en vacances pendant que les parents travaillent, cette période de l’année est particulièrement propice à de premières incursions dans la vie adulte, d’autant plus que ceux-ci se retrouvent loin de leur zone de confort, que ce soit en voyage ou dans ce cas-ci, dans un camp de vacances. Le problème est qu’on définit trop souvent les adolescents comme étant des êtres libidineux ou divisés en deux catégories : les populaires et les laissés pour compte.

Justement, Camp tombe facilement dans ce schéma. Buzz Granger (Charles Grounds), le fils de Mack, ne pense qu’à perdre sa virginité. Quant à sa mère, elle vit un douloureux divorce. En effet, son mari l’a quitté pour devinez qui? Une femme plus jeune, d’origine russe, aussi blonde qu’idiote et qui ne parle quasiment pas l’anglais. Parmi les campeurs, notons Zoe (Carmel Rose), Crystal (Kellie Jones) et Chloe (Natasha Bassett).   Ces trois jeunes adolescentes veulent obtenir leur brevet de sauvetage uniquement pour pouvoir profiter du soleil. Est-ce utile de mentionner qu’elles sont superficielles, sans aucune profondeur et qu’elles adorent se moquer des gens normaux? Enfin, de l’autre côté du lac se trouve un autre camp, mais pour les plus fortunés. Ceux qui y font la pluie et le beau temps sont de jeunes bellâtres avec des corps d’athlète qui adorent intimider leurs voisins dès qu’ils en ont l’occasion.

On accorde à tous ces personnages une petite place dans le scénario, auquel d’autres viennent s’ajouter. En effet, on assiste aussi (1) au flirt entre Kip (Tom Green), un adolescent asocial qui souffre de leucémie, et Marina (Lily Sullivan) dont le cœur vacille entre ce dernier et Greg (Jordan Rodrigues), (2) au triangle amoureux entre Mack, son assistant David (Nikolai Nikolaeff), et le propriétaire arrogant du camp voisin Roger (Rodger Corser), (3) l’entrée imminente dans le monde adulte des moniteurs Sarah (Dena Kaplan) qui souhaite faire partie de l’équipe olympique de natation et Robbie (Tim Pocock) qui vient d’être accepté à l’école de droit de l’Université Stanford, mais qui doit aussi prendre soin de sa mère, une joueuse compulsive. (Reprendre sa respiration…) Si certaines de ces histoires sont intéressantes, il y en a tout simplement trop, ce qui vient trop diluer la série. D’ailleurs, David Wiegand, dans son article écrit :« Camp essentially needs to calm down and narrow its central focus on maybe half the characters and storylines it bombards us with ».

C’est l’été après tout

S’il y a quelques fois surabondance de clichés et qu’il y a beaucoup trop de personnages principaux, il faut néanmoins donner crédit à NBC d’avoir décidé de diffuser une nouvelle série plus légère et gaie en cette période estivale. Rob Owen du Pittsburgh Post-Gazette abonde en ce sens :« Camp has a sweetness that makes it a nice summer diversion but nothing that elevates it above past comedies set at sleepaway camp ». En effet, lancer une série lourde, du genre The Following, serait totalement inapproprié pour les mois de juin à août.

Dans la mise en scène, Camp profite pleinement du cadre idyllique où le tournage a pris place. Les activités qui y sont organisées sont toujours intégrées aux intrigues, qu’il s’agisse de baignades, d’un jeu du drapeau qui oppose le camp en entier divisé en deux, de karaokés ou de soirées passées à la belle étoile. Ces activités, qui ne sont pas sans évoquer une certaine nostalgie auprès des téléspectateurs, ont pour effet de renforcer les liens entre certains campeurs et adultes (d’autant plus que ces groupes cohabitent très bien), tout en les ouvrant à de nouveaux horizons.

Dès le début de la série, Mack mentionne à tous qu’il n’y a pas de service internet à son camp de vacances. C’est en effet extrêmement rafraîchissant de voir toute l’action se dérouler sans que les campeurs n’utilisent un cellulaire, n’aient recours aux textos ou médias sociaux pour communiquer, privilégiant par le fait même les rapports humains. En ce sens, Camp se démarquait de façon originale de toutes les autres séries. Peine perdue; au troisième épisode, face à la pression populaire, Mack cède et consent à installer un réseau WiFi. C’était trop beau…

Camp ne marquera pas les esprits tellement son contenu est dilué par un trop grand nombre de trames narratives. Certains personnages, s’ils n’incarnent pas des clichés ambulants, sont carrément bizarres. Chloe par exemple, qui a le béguin pour Kip, lui dit à un moment « You almost drawned yesterday. That turns me on! » Néanmoins, la série s’en sort assez bien quant aux cotes d’écoute stables de semaine en semaine et une seconde saison pourrait voir le jour. Gageons que quelques changements dans sa structure seront à l’ordre du jour.

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