King & Maxwell (2013): du pareil au même

King & Maxwell est une nouvelle série policière diffusée sur les ondes de TNT depuis la mi-juin. Celle-ci est inspirée des romans de David Baldacci et le créateur responsable des adaptations est aussi à la barre de NCIS : Los Angeles. Sean King et Michelle Maxwell sont d’anciens agents secrets ayant travaillé pour le FBI à Washington. Sans qu’on sache trop pourquoi, leur carrière s’est achevée de façon abrupte et ils ont décidé de s’allier et de devenir des détectives privés. Héros au grand cœur, mais sans le sou, ils se retrouvent souvent dans les platebandes des policiers, menant des enquêtes parallèles et c’est avec l’aide d’Edgar Roy, un autiste doué en informatique, qu’ils parviennent à résoudre les mystères. Série policière tout ce qu’il y a de plus conventionnel, King & Maxwell ne sort pas du lot, mais s’y incruste. Les fans du genre y trouveront facilement un substitut aux séries diffusées en automne et en hiver. À voir ou à manquer, peu importe.

Jamais de répit

L’intérêt pour les séries policières est tel que même l’été, des chaînes télévisées n’hésitent pas à lancer de nouvelles séries du genre, sûrement coûteuses, mais qui représentent un risque peu élevé en terme d’audiences. King & Maxwell entre dans cette dynamique puisque le premier épisode a attiré environ 3,5 millions de téléspectateurs[1], transportant ainsi la série dans le top 5 des débuts les plus prometteurs de l’année pour une chaîne câblée. Chaque épisode de la série commence et finit toujours avec une pointe d’humour, provoquée par les interactions entre les deux détectives, alors que l’enquête principale prend une tournure dramatique en raison des crimes commis et des dangers auxquels ils sont exposés. Ces crimes jusqu’ici touchent le monde de la politique, qu’il s’agisse d’un diplomate, d’un avocat ou encore d’un agent secret qui a été suspendu après avoir attaqué un policier. Le criminel est toujours connu des policiers et des détectives, mais rarement soupçonné, ce qui crée un effet de surprise lorsqu’il est démasqué. En somme, une série très classique, et comme l’écrit Cory Baker dans son article en ligne :« King & Maxwell is far from great, but also far from poor. It’s the sort of populist fare that does big business for TNT, especially in the summer[2]».

Comme mentionné plus haut, la découverte du criminel à la toute fin prend de court le téléspectateur. Si l’effet de surprise est réussi, on peut par contre déplorer qu’au court des épisodes, on ne nous donne pas assez d’indices pour au moins avoir quelques suspects en tête. Le téléspectateur se trouve donc exclu de l’intrigue, ce qui est dommage justement parce qu’il s’agit d’une série policière et que les enquêteurs sont en quelque sorte notre reflet puisqu’ils découvrent en même temps que nous des éléments de preuve visant à inculper les suspects. Enfin, on peut blâmer le trop-plein de dialogues et le trop peu d’action, ce qui revient à un bourrage de crâne sans qu’il y ait des scènes suffisamment percutantes pour maintenir notre l’intérêt.

L’importance du duo

En 2013, la télévision canadienne nous a offert deux duos composés d’un homme et d’une femme dans des séries policières. Depuis janvier, CBC diffuse Cracked dans laquelle on retrouve le policier Aiden qui enquête avec la psychiatre Daniella sur des meurtres commis par des personnes souffrant de maladie mentale. Leurs compétences respectives sont donc jumelées à cet effet. Leur relation est très intéressante du fait qu’Aiden est lui-même atteint de troubles de stress post-traumatique et que Daniella s’occupe à la fois de lui et des enquêtes. C’est cette relation unique et le fait d’en apprendre un peu plus sur le passé de ces protagonistes qui a donné un souffle à la série. Depuis février, CTV diffuse Motive, dans laquelle Angie Flynn enquête avec Oscar Vega sur des crimes de toutes sortes. Angie est véritablement le point de mire des épisodes alors qu’Oscar ne sert que de faire-valoir. Moins d’importance est accordée à leur relation, l’attention se portant davantage sur les meurtriers.

Dans King & Maxwell, Michelle et Sean se complètent en vue de mener à bien les investigations. En plus d’être un ex-agent du FBI, Sean se sert aussi de sa formation d’avocat alors que Michelle se concentre sur les enquêtes. Tout dans le duo qu’ils incarnent est de nature à les rendre attachants, au point où ça parait forcé. Depuis qu’ils travaillent ensemble, plusieurs clients omettent de les payer et leurs problèmes monétaires font partie courante de leurs discutions (humoristiques) à chaque début d’épisode. Dans leurs multiples collaborations avec les policiers, ce sont eux qui font le plus gros du travail, amassent le plus d’indices, mais en fin de compte le crédit revient toujours aux forces de l’ordre, puisque ce sont eux qui ont le pouvoir légal d’arrêter les malfrats.  Les scénaristes jouent aussi beaucoup avec les contrastes. Les policiers qu’ils côtoient sont bornés, peu coopératifs et physiquement peu attirants. Michelle et Sean sont très beaux, intuitifs et plein d’imagination. Enfin, dès le second épisode, Edgar se joint à l’équipe dans les dossiers requérant des compétences informatiques. Autiste, il est brillant avec les chiffres, mais gauche dans tout le reste et le duo s’en occupe comme s’il s’agissait de leur fils; justement ce qui manquait au tableau dans le but de les rendre encore plus attendrissants. Cette perfection, jumelée à des défauts autant dérisoires qu’inutiles utilisés pour apporter un brin d’humour au début et à la fin de la série, s’avère lassante en fin de compte.

King & Maxwell est une série efficace, tant dans ses intrigues que dans la résolution des crimes et du duo formé de Sean et Michelle. Ils sont beaux, intelligents et ont toujours une longueur d’avance sur les policiers. Ayant de la difficulté à boucler leurs fins de mois, ils continuent néanmoins leurs enquêtes, telle une vocation. Mais justement, la série tente trop d’auréoler les deux protagonistes et toute perfection est toujours agaçante. King & Maxwell est diffusée tous les lundis soirs à 22 heures en même temps que Mistresses à ABC et Under the Dome à CBS, deux nouvelles séries. Je donnerais plutôt le bénéfice du doute à ces dernières.

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