Goodwin games (2013) : on parie sur sa longévité?

Goodwin games est la nouvelle comédie diffusée depuis la mi-mai sur le réseau Fox aux États-Unis et sur Citytv au Canada. Le tout commence au New Hampshire avec la mort du patriarche Benjamin Goodwin alors que ses trois enfants sont appelés à se rendre à ses funérailles. L’aîné qui se prénomme Henry, est un médecin très terre-à-terre avec un penchant pour la bouteille, Chloe, est une aspirante actrice vivant à Los Angeles et le benjamin Jimmy, vient tout juste de sortir de prison. On comprend vite qu’en raison de leurs tempéraments ô combien différents, la famille ne s’est pas réunie depuis des lustres et qu’il y a des tensions à l’intérieur du clan. Mais voilà qu’à la lecture du testament, ils apprennent que leur père a amassé au cours de sa vie une somme de 23 millions $ et qu’elle sera léguée à seulement l’un d’entre eux, après qu’ils aient surmonté divers défis et épreuves. Aux États-Unis, 2013 n’est pas l’année des comédies, c’est le moins qu’on puisse dire. Toutes les nouvelles initiatives des grands réseaux n’ont pas passé le test et Goodwin games ne devrait pas faire exception à la règle. Les membres de la famille sont le problème majeur de la série : mal agencés, caricaturés, impliqués dans des situations vues mille fois en télévision; on s’ennuie. Avons-nous perdu notre sens de l’humour ou sont-ce les scénaristes qui sont en manque d’inspiration?

Henry, Jimmy et…

Dans toutes les comédies de ce genre, il faut trouver un élément central sur lequel se basera tout l’aspect comique d’une série. Dans le cas de Save me, c’était la religion alors que dans Seed, on exploitait le thème de la parentalité après qu’un donneur de sperme rencontrât ses enfants adoptifs. Pierre Sérisier sur son blogue résume très bien ce qu’il en est avec Goodwin games : « Le parti pris est celui de la différence pour tirer un effet comique provoqué par un rapprochement forcé[1] ». Cette différence fait référence aux personnalités des enfants de monsieur Goodwin. Dans les faits, les membres de la famille ne se sont pas vus depuis quelques années, mais on ne comprend pas pourquoi ils s’évitent à ce point. Les quelques flashbacks au cours des épisodes nous montrent les enfants dans leur jeunesse en compagnie de leur père. Là encore, ils donnent l’impression d’être une famille normale, avec des hauts et des bas.

On retrouve aussi un manque de profondeur (fréquent dans les séries de comédie), chez les personnages de Goodwin game. Ici, on préfère développer une seule facette des personnages et l’exploiter à fond afin de provoquer le rire. Henry par exemple, est le plus coincé et asocial de la famille. Au lieu de passer du temps avec eux comme le souhaiterait leur père, il prétexte d’avoir à travailler comme un fou afin de les éviter. Il affirme aussi être fiancé, mais on ne sait trop à ce point si sa dulcinée est imaginaire ou pas. Sa seule passion semble être le scotch. Lors de l’épisode #3, il rentre à la maison et se sert un verre. Puis, il se met à lui chuchoter des mots doux, à l’embrasser et à le caresser, ce qui le rend davantage pathétique que drôle. Parlant de pathétique, c’est le personnage de Jimmy qui remporte la palme. Autant son interprète (T.J. Miller) que son personnage tapent sur les nerfs. Récemment sorti de prison, il n’a rien d’un criminel endurci. Il est plutôt mollasson avec le quotient intellectuel d’un enfant. C’est par naïveté qu’il se fait entraîner dans des affaires louches et qui explique sûrement ses années derrière les barreaux. Du coup, il multiplie les gaffes et se fait effrontément exploiter, ce qui en décourage plus d’un, y compris le téléspectateur. Son personnage conviendrait davantage à un film du genre Dude, Where’s my car? (2000) ou encore There’s something about Mary (1996)

… et Chloe

Chloe est très belle, et surtout superficielle. Au cours de son adolescence, elle n’a pas hésité à duper ses amies pour arriver à ses fins et pour leur « piquer » leurs amoureux, tels des trophées de chasse. À l’image de la série GCB (2012), le retour au bercail de Chloe suscite beaucoup de rancœur et l’heure est à la revanche. Au départ, j’avais hâte de regarder des épisodes de Goodwin games en partie à cause de la présence de Becki Newton (dans le rôle de Chloe), que j’avais beaucoup apprécié dans le rôle d’Amanda dans la série Ugly Betty (2006-2010).  Étonnamment, elle y incarnait le même type de rôle : une femme à la fois légère et effrontée, rêvant d’une carrière due à son physique et peu portée à s’épancher sur les malheurs d’autrui. Si on l’adorait et qu’elle nous faisait rire dans son rôle d’Amanda, c’est le contraire dans la série actuelle. D’une part, son personnage semble recyclé, d’autre part, Amanda était comique justement parce que son personnage était secondaire et n’avait pas besoin d’être approfondi.

Goodwin games n’est pas foncièrement mauvaise, mais les moments d’humour ne parviennent par à supplanter les mises en scène forcées et mal ficelées. De plus, la prémisse de base, compétitionner pour obtenir l’héritage paternel, est complètement évacuée des épisodes #2 et 3. Avec un total 1.67 million de téléspectateurs lors de la diffusion du pilote (ce qui est très bas), le format des comédies actuelles est malheureusement en voie de disparition, si on en juge par le faible intérêt des téléspectateurs pour les nouvelles séries du genre en 2013.

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Une réflexion sur “Goodwin games (2013) : on parie sur sa longévité?

  1. C’est dommage, y’avait quand même une bonne idée de fond, un casting plutôt convaincant (Becki Newton) et un petit humour qui ne casse pas des briques mais sympathique !

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