Revenge saison 1(2011): … qui se mange froid

Revenge en est à sa deuxième saison sur les ondes d’ABC et la première est actuellement diffusée en français à Radio-Canada (intitulée Vengeance). La série s’amorce avec l’arrivée d’Emily Thorne (Emily VanCamp), une jeune inconnue qui vient s’installer dans les Hamptons dans l’État de New York. On apprend qu’elle s’appelait autrefois Amanda Clarke, fille de David Clarke (James Tupper), un millionnaire qui a été arrêté jadis pour avoir été à l’origine de l’attentat d’un avion qui a fait un grand nombre de morts. Avant son décès, le père a laissé à sa fille une considérable fortune et une boîte contenant des documents qui sans l’innocenter complètement, révèlent le nom de tous ceux qui se sont ligués contre lui afin d’en faire le bouc émissaire de cette tragédie. Dès lors, Amanda retourne sous un faux nom là où tout a commencé, et compte bien faire payer chacun de ceux-ci pour le mal qu’ils ont infligé à sa famille.  Plus gros succès à ABC en termes d’audience[1] depuis Lost en 2006-2007, Revenge a tous les ingrédients qu’il faut pour plaire à tous genres et générations confondus. Complexité du personnage principal, intrigues à n’en plus finir, réflexion intéressante sur la vengeance, le tout avec en toile de fond un univers luxueux, Revenge pourrait s’avérer la série de l’été à Radio-Canada.

La notion du pardon

D’ordinaire, les séries s’étendant de l’automne au printemps, comptent une vingtaine d’épisodes et il arrive quelques fois qu’on étire la sauce. Dans le cas de Revenge, la longévité de la saison joue en sa faveur, puisqu’on prend le temps de développer la psyché des personnages, ce qui permet d’éviter les stéréotypes. Au cours de la saison, on voit cette photographie représentant tout le voisinage qui a contribué à causer la chute du père d’Amanda. Les mois succédant son arrivée, elle marque leurs visages d’un «X» rouge, comme quoi lentement, mais sûrement, elle parviendra à se faire justice. En même temps, le début et la fin de chaque épisode sont ponctués de réflexions d’Amanda sur la vengeance : justification quant aux actes qu’elle commet? Une chose est sûre, ces courts monologues mettent en perspective les notions de revanche et de pardon et nous permettent de nous questionner sur notre degré de tolérance face aux injustices.

Mais les épisodes progressent, tout comme le degré d’intensité des actes d’Amanda, ce qui entraîne des dommages collatéraux inévitables et contribue à faire pâlir son étoile. Va-t-elle trop loin? Ne sera-t-elle jamais rassasiée? Est-ce le bon moyen pour oublier ses chimères? D’une part, on réalise au cours de ses flashbacks à quel point l’entourage de son père a été immonde. Avocats, auteur, maîtresse, courtier, psychologue; tous ont leur part de responsabilité dans cette affaire. À la suite de l’arrestation de celui-ci, Amanda a été placée dans une famille d’adoption et a dû subir le harcèlement de ces derniers, pour ensuite se retrouver dans une prison pour jeunes délinquants. On ne peut donc qu’approuver ses agissements tellement elle a souffert dans son enfance. Cependant, au fil des épisodes, on apprend à mieux connaître ses ennemis et la plupart se révèlent attachants ou plus « humains » jusqu’à un certain point.

Dans cette lutte à finir, on conçoit dès lors l’importance de Nolan dans la série. Jeune milliardaire, c’est David Clarke qui lui a donné les fonds nécessaires pour partir sa compagnie. Avant son trépas, il l’a chargé de veiller sur sa fille : peine perdue puisque celle-ci ne déroge pas de ses objectifs. Au début, il l’aide dans ses plans, mais lorsque les manigances montent d’un cran, il devient sa conscience, l’expose aux risques qu’elle encourt et en ce sens, reflète bien l’opinion des téléspectateurs.

Commencer par la fin

Dès le début de Revenge, on trouve le moyen de nous accrocher : Emily et Daniel (Joshua Bowman) fêtent leurs fiançailles alors que ce dernier reçoit deux coups de feu dans le dos, probablement l’œuvre de Jack (Nick Wechsler), propriétaire du bar Stowaway. Puis, on revient cinq mois plus tôt. Le fait de commencer par la fin représente toujours un risque parce qu’évidemment, on sait comment tout cela se terminera. Mais voilà, une mer sépare l’épisode #1 de la conclusion et c’est justement tous ces indices, ces intrigues, ces alliances qui se forment et se déforment l’espace de 22 épisodes qui nous maintiennent sur le qui-vive. Malgré certains revers, Amanda n’est jamais à court d’idées et l’arrivée constante de nouveaux personnages qui apportent leur lot de problèmes et de distractions nous permet de passer à travers la saison à la vitesse de l’éclair. Il est aussi intéressant de noter que jusqu’ici, Amanda commet des actes en toute légalité. Si elle était arrêtée, on n’aurait rien de concret contre elle puisque tous ses ennemis ont commis des méfaits qu’elle se fait un plaisir de dénoncer. Au fond, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes.

Contenu déjà exploité, mais toujours prisé

Revenge tire son inspiration du roman phare d’Alexandre Dumas Le comte de Monte-Cristo publié en 1844 dans lequel un homme a été trahi par des proches et est emprisonné. Plus tard, il s’évade, s’empare d’une fortune qu’on lui a léguée et revient en France pour exercer sa vengeance sur ceux qui l’ont mis derrière les barreaux. Cette œuvre, adulée partout dans le monde a fait l’objet d’une vingtaine d’adaptations seulement au cinéma et un peu moins de dix à la télévision.

Le film qui fait le meilleur pont entre le roman et Revenge est sans conteste La mariée était en noir (1968) de François Truffaut (bande-annonce ci-dessous). Dans celui-ci, le mari de Julie Kohler a été tué accidentellement par cinq hommes au moment où ils venaient de s’unir, à la sortie de l’église. Seule à connaître leur identité, elle les éliminera un à un en adoptant diverses identités, quitte à finir en prison. Après chaque meurtre, elle raye d’un trait de crayon le nom des victimes, tout comme Amanda qui marque leurs visages photographiés d’un «X» rouge. Dans les deux cas, c’est une femme meurtrie qui se fait justice en décidant délibérément de se passer des autorités.  Le film, comme la série, seront toujours d’actualité et trouveront toujours écho au sein de la société.

En terminant, Revenge est un incontournable cet été au Québec. Outre le synopsis, c’est le soleil, la plage, la vie de luxe et les fêtes plus extravagantes les unes que les autres qui non seulement nous font rêver, mais surtout créent un fort contraste avec l’enfer que tous ces nantis s’apprêtent à vivre. Ajoutons à cela une trame sonore efficace et des acteurs chevronnés; le portrait est complet. Preuve que la série maintient l’attention, aux États-Unis, la saison 2 est sur le point de s’achever et un troisième opus est déjà en branle.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s