How to live with your parents (for the rest of your life) (2013) : égayer le printemps

How to live with your parents est la nouvelle série humoristique diffusée sur les ondes d’ABC aux États-Unis et CityTV au Canada depuis avril. Il s’agit d’une comédie dans laquelle on suit le quotidien de Polly, une femme dans la trentaine récemment divorcée et mère d’une jeune fille, Natalie. Sans le sou et désemparée, elle décide de retourner vivre chez sa mère Elaine et son beau-père Max. S’ensuivront plusieurs mises en situation entre ces trois générations qui doivent composer avec le fait de vivre tous sur le même toit. Pour plusieurs, lancer une toute nouvelle série au mois d’avril représentait un risque, considérant que les épisodes de la saison télévisuelle « traditionnelle » tirent à leur fin. Mais à l’image du printemps, How to live with your parents se veut une série rafraîchissante qui ne se prend pas au sérieux et comprend une brochette d’acteurs talentueux. Reste à savoir si au cours des prochaines semaines, les téléspectateurs accompagneront cette série de 12 épisodes jusqu’à la fin.

De plaisants marginaux

Dans How to live with your parents, on suit semaine après semaine une famille représentée par trois générations. Le danger aurait été ici de tomber dans les clichés, à savoir, les grands-parents démodés, conservateurs et une Polly plus ouverte d’esprit et zen. Voilà que les rôles sont quelque peu inversés dans la série, ce qui tourne à son avantage. Elaine et Max, qui ont vécu leur jeunesse dans les années 70, sont très bien dans leur peau et toujours empreints de positivisme. De son côté, Polly, bien que dans la trentaine avancée, a gardé son cœur d’enfant, à la fois ingénu et impulsif. Enfin, Natalie est tout simplement adorable et évoluera beaucoup de cette cohabitation.

De prime abord, on aurait cru que c’est Polly qui aurait été embarrassée de retrouver la maison familiale, mais c’est le contraire qui se produit. Elle retrouve vite ses aises et ce sont davantage les parents qui subissent une certaine de perte de liberté. Lorsque Polly se blesse au dos en faisant du jogging, elle doit s’aliter plusieurs jours sans trop bouger et toutes les responsabilités incombent à Elaine et Max. Ces derniers doivent en premier lieu s’occuper de Natalie. Ce qu’il y a d’amusant, c’est qu’ils s’en sortent avec brio, mais avec des manières peu orthodoxes. L’épisode où Elaine se retrouve dans la classe de sa petite-fille et où elle tente d’expliquer à tous les autres enfants les desseins de Dieu et la vie après la mort est tout simplement désopilant. En somme, ils font tout le contraire de ce que Polly aurait fait.

Justement, cette nouvelle divorcée incarne un aspect intéressant de notre société. Autant elle est restée puérile dans sa façon d’aborder la vie, autant elle surprotège Natalie du monde qui l’entoure. Par exemple, elle dit à ses parents que sa fille a une peur bleue des chiens. Elaine et Max veulent que Natalie surmonte cette peur et en achètent un. On se rend compte qu’en fait, c’est Polly qui est effrayée par ces bestioles. Incapable de faire face à ses propres craintes, elle les transmet sans le vouloir à Natalie. Dans un blogue qui se penche sur cette série, il est écrit : « the way that Natalie interacts with her own grandparents is mostly with a lot of terror and fear. In fact, Polly even anticipates these problems and tries to prepare Natalie as much as possible ». À mon avis, on retrouve fréquemment de nos jours ce genre de comportement de la part des parents et c’est ce qui fait le charme de How to live with your parents. Ce sont Elaine et Max qui viennent dédramatiser des situations qui n’ont pas besoin de l’être, autant pour leur fille que pour leur petite-fille, et qui par le fait même rendent la cohabitation constructive et bénéfique pour tous.

Trouver le bon ton, le bon dosage

Ce genre de comédie de 30 minutes a fait beaucoup de petits au cours des dernières années. Pensons à Cougar town (2009), New girl (2011) ou plus récemment, The New normal (2012) et Seed (2013). À l’image des sitcoms enregistrées devant un public, les épisodes se déroulent dans seulement quelques décors et les personnages réguliers se comptent sur les doigts d’une main. Par contre, on ne peut compter sur la réaction immédiate du spectateur (les rires spontanés), pour se faire une idée de la force du scénario, ce sur quoi repose tout le concept. Dans Seed, le scénario était uniquement axé sur les gags et on avait tendance à jouer trop gros et à exagérer les situations, au point où le tout semblait quelque peu forcé. Dans The new normal, on opposait des scènes franchement hilarantes à des moments tristounets qui se prêtaient bien au sujet (l’homoparentalité). Dans ce cas-ci, How to live with your parents prenait davantage des airs de comédie sentimentale, au point où le rire n’était plus la caractéristique principale. Comme l’écrit John Kubieck sur son blogue : « this show reminds me a lot of what The New Normal could and should be if it weren’t so preachy, saccharine and schizophrenic. The hilarity and emotion are played in unison, not as opposing forces like on the NBC comedy[1] ». C’est justement ce bon dosage, c’est-à-dire s’en tenir strictement à la comédie sans en exagérer les mises en situation qui fait la force de la série.

Jusqu’ici, les cotes d’écoute de How to live with your parents ont été très favorables et se sont maintenues au cours des trois dernières semaines[2]. En ce printemps tardif, la série offre un contraste agréable avec toutes les séries violentes qui pullulent en ce moment sur les chaînes généralistes américaines (The Following, Hannibal, Dexter, etc.). Une comédie qui fait ressortir tout ce qu’il y a d’amusant dans les rapports intergénérationnels, sans tomber dans les clichés.

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