Red Widow (2013) : Sans plus

Red Widow est une nouvelle série diffusée sur les ondes d’ABC depuis mars 2013. Adaptée de la série à succès néerlandaise Penoza (2010-),  l’action se déroule à San Francisco au sein de la famille Walraven. Marta, mère de trois enfants, est issue d’une famille de la mafia russe. Son père Andrei, son frère Irwin, et son mari Evan travaillent dans l’import-export, couverture facilitant le commerce de la drogue. Dès le premier épisode, Evan est assassiné, peu de temps après qu’il ait demandé la protection du FBI. Au lieu de collaborer avec celui-ci, Marta décide de rencontrer Nicholae Schiller, un escroc à qui son mari devait de l’argent. Parce qu’elle craint pour la sécurité de ses enfants et qu’elle veut libérer son frère de prison, elle décide de faire fi de l’aide de la police et de travailler pour celui-ci dans le but de faire amende honorable. La série n’est pas mauvaise, mais se révèle un peu terne, incluant le personnage principal et les mises en situation.

Mafieuse malgré elle

À la suite du meurtre d’Evan, la police interroge Marta afin de faire la lumière sur toute cette affaire. Cette « veuve rouge » lui avoue qu’elle ne connaissait rien à la situation de son mari, ce qui tient difficilement la route. En effet, toute sa famille a toujours baigné dans des affaires louches, mais on cherche à nous convaincre qu’elle vivait une vie normale de banlieusarde aisée sans se soucier de la provenance du salaire de son mari, telle une ingénue d’une autre époque. Peu encline à jouer avec le feu, on comprend que Marta se lance dans cette aventure les yeux fermés. D’ailleurs, elle n’est pas très efficace. Elle et l’ancien associé d’Evan, Mike, doivent trouver un nouveau superviseur pour gérer la compagnie de la famille au port et posent leur regard sur Bob, un personnage hautement qualifié. Elle tente de l’amadouer par la séduction, ce qui échoue de façon pitoyable. Son personnage en fait trop et c’est d’ailleurs lorsqu’elle lui dit la vérité qu’elle parvient à le toucher et par le fait même le convaincre.

Lors du troisième épisode, Marta doit récupérer des boîtes contenant de la cocaïne au port et acheminer la marchandise à Schiller. Ainsi, elle se sera acquittée de sa dette et tout redeviendra normal. Tout l’épisode est concentré sur cette « mission ». Il y a des embuches, elle doit éviter la police, distraire une camionneuse qui a pris la livraison de drogue par erreur, mais elle parvient malgré tout à faire ce que l’on attend d’elle. Intéressant sur papier, l’épisode manque de rythme et ne parvient pas à nous tenir en haleine. Comme l’écrit Mike Nicholson dans un article en ligne: « Red Widow‘s debut episode moves at a leisurely pace, hitting all the expected beats exactly when you expect them. (…) But there are never any twists or turns and (…) that’s basically all that happens[1] ». À la fin du troisième épisode, Schiller est tellement impressionné par son travail qu’il la somme de continuer dans cette voie avec lui. Elle obéit, toujours en raison de la sacro-sainte sécurité de sa famille. Et voilà le destin de Marta tout tracé… malgré elle.

red widow

À vouloir être tout, on n’est rien

Si dans Cracked, par exemple, le synopsis entourant les enquêtes se révélait très conventionnel, c’est à travers le personnage principal que l’on s’attachait à la série. Dans Red Widow, le personnage de Marta déçoit. Elle n’a rien d’une vengeresse, rien d’une aventurière et pire, rien d’une bonne mère de famille. Son mari a été assassiné devant l’entrée de la maison, sous les yeux de son plus jeune fils. Celui-ci en a bien évidemment été traumatisé et fait plusieurs cauchemars. Après une séance chez la psychologue, cette dernière s’entretient avec Marta et lui dit :« sharing your feelings with them might help… [Marta reçoit au même moment un message texte sur son cellulaire] showing it’s okay to be sad, scared and angry».  Le texte que reçoit Marta concerne sa mission pour Schiller, ce qui la distrait de ces paroles pleines de bon sens et qu’elle ne mettra pas en application.

À l’inverse, lorsqu’elle se trouve au port pour s’emparer de la cocaïne et qu’en plus, elle aperçoit des policiers sur les lieux, elle est encore interrompue par son cellulaire (décidément…). Cette fois-ci, c’est sa sœur qui s’inquiète pour les enfants de Marta. Cette dernière laisse en plan toute sa mission (à un point crucial) pour appeler son fils et s’assurer que tout va bien. Dans un cas comme dans l’autre, elle ne s’investit pas à fond, ce qui dérange autant le téléspectateur que son entourage.

En conclusion, Red Widow n’est pas une série à prioriser dans la grille horaire du dimanche soir, tellement la compétition y est féroce, particulièrement au Québec. Intrigues qui manquent de poigne, scénario moyen, personnage principal peu attachant qui rate sa vocation à la fois comme mère de famille et comme trafiquante, voilà les principaux facteurs qui handicapent la série. Quand on regarde les cotes d’écoute[2] du 3 mars (date de la première), on constate une étonnante fidélité des Américains envers certaines séries qui semblent indétrônables  (The Simpsons, 24e saison, The Amazing Race, 22e saison, etc.). On ne peut cependant reprocher au réseau ABC de tenter l’aventure.

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