The Following (2013): un cauchemar en permanence

The Following est une nouvelle série diffusée depuis 2013 sur les ondes de Fox aux États-Unis et sur CTV au Canada. L’histoire commence en Virginie avec le tueur en série Joe Carroll qui s’est évadé de prison. Le policier, Ryan Hardy qui a contribué à l’emprisonner en 2003 est rappelé par les forces policières de l’État afin qu’il aide à la capture de Carroll, qu’il protège Claire, l’épouse du tueur et leur film Joey et surtout Sarah Fuller, la seule victime que Carroll n’a pu assassiner avant d’être interné auparavant. S’en suivent plusieurs morts affreuses et la rencontre finale entre Hardy et Carroll dans une maison déserte. Ce dernier est parvenu à tuer Sarah, mais la police arrive et le remet en tôle. Alors que tout devrait être terminé, on se rend compte que Carroll a plusieurs « adeptes » (d’où le titre) qui exécuteront les meurtres de leur maître à sa place. D’ailleurs, trois d’entre eux ont déjà kidnappé le petit Joey; la chasse ne fait que commencer…

Une violence justifiée?

J’ai été surpris lors de mes recherches avant d’écrire cette critique de la polémique qu’avait créée le premier épisode de cette série. En effet, plusieurs ont remis en question la violence très graphique de celle-ci, comme si les États-Unis en étaient à leur première série du genre. En fait, beaucoup ont fait le lien entre des séries comme The Following et le massacre récent à l’école primaire de Newtown au Connecticut qui a fait 27 morts, dont 20 jeunes enfants. C’est que la NRA[1], qui après avoir proposé d’armer les gardes de sécurité dans les écoles pour régler le problème des tueries, a ensuite blâmé la violence dans les films, jeux vidéo et à la télévision comme étant la cause de ces drames de plus en plus fréquents. En admettant que cela soit vrai, comment expliquer qu’au Canada, le nombre de crimes divers soit en baisse depuis 2000 (selon Statistiques Canada[2]) alors que nous consommons les mêmes produits culturels, en particulier du côté du Canada anglais[3]?

Je dois avouer que dès le premier épisode, j’ai été assez choqué par la violence de la série. En effet, dans les 35 premières minutes, j’ai compté quatre morts résultant de crimes très graphiques : sang partout, yeux crevés, suicide à l’aide d’un pic à glace d’une femme qui se dénude dans un poste de police, etc. J’avais déjà évoqué la violence graphique et surtout gratuite dans Boardwalk Empire. Dans cette série, elle était injustifiée parce qu’elle ne servait en rien le synopsis, sinon que de créer un effet spectacle. Dans le cas de The Following, Pierre Sérisier dans son blogue écrit :« La violence est présente, mais elle n’a rien de gratuit. Elle sert d’illustration de la détermination de Joe Carroll à écrire l’une des pages les plus marquantes de l’histoire du crime[4]». Carroll, qui était autrefois un renommé professeur de littérature à l’université, est un adepte des crimes commis dans la littérature de l’auteur Edgar Allan Poe. Les meurtres qu’il perpétue, de même que ceux de ses adeptes sont un hommage (très macabre) à l’écrivain reconnu pour son romantisme gothique.

 

Malsains, mais sains d’esprit

Au-delà de la violence déjà évoquée, c’est d’abord et avant tout le suspens qui prévaut dans The Following. On aurait pu croire que l’arrestation de Carroll à la fin du premier épisode aurait contribué à aplanir la trame narrative, mais c’est tout le contraire qui se produit puisque maintenant, ce sont ses adeptes qui font le travail à sa place. Dans les premiers épisodes, on peut en dénombrer une dizaine, mais ceux-ci se multiplient si bien qu’on doute constamment de la fidélité de l’entourage de Hardy. Tout le monde est suspect, même à l’intérieur des forces policières. Enfin, ce qui rend la série encore plus dramatique, c’est que les adeptes de Carroll devancent toujours l’équipe de Hardy lorsqu’ils commettent leurs crimes, laissant ces derniers impuissants.

Les flashbacks qui pullulent tout au long des épisodes contribuent à donner plus de profondeur aux personnages. Le premier exemple est bien entendu celui de Joe Carroll. On le voit en classe enseigner alors qu’il parvient à captiver ses étudiants. On comprend aussi que ceux qui se font complices de ses crimes tordus représentent un réel danger pour quiconque les croise. Le meilleur exemple est celui de l’ancienne étudiante de Carroll prénommée Emma. Elle parvient à se faire engager comme gardienne par Claire et s’empare de son enfant Joey, ayant dupé tout le monde. On apprend dans son passé qu’exécrée par une mère vindicative, elle n’hésite pas à la poignarder et à cacher son cadavre entre les murs de la maison familiale, lequel ne sera retrouvé que neuf ans plus tard. Le plus effrayant est qu’elle et les autres adeptes commettent ces meurtres de sang-froid et jamais ils ne se laissent aller à la démence. Comme il est écrit dans un article du Globe and Mail en ligne : «What’s truly disturbing in the show is the emergence of Carroll’s twisted, murderous followers. It is relentless in its stark depiction of people who wallow in the approval of a madman[5] ». En ce sens, ce fut un coup de maître de la part de Carroll d’avoir vu en eux de parfaits exécutants.

En conclusion, The Following est probablement une série phare de l’année 2013. Celle-ci dépeint un monde cauchemardesque à l’image des écrits d’Edgar Allan Poe. Le suspens est constant alors que les adeptes de Carroll prennent du terrain, Hardy et ses collègues sont dépassés par les événements, sentiment que ressent aisément le spectateur. Certes, la série contient beaucoup de scènes de violence et à plusieurs égards, nous rappelle le film Silence of the Lambs de Jonathan Demme (1991). Bien que le personnage principal, Hannibal Lecter soit ignoble, il parvient tout de même à provoquer la fascination chez tous ceux qui le croisent. La violence aussi y est omniprésente, mais ça n’a pas empêché le film de remporter cinq Oscars, dont celui du meilleur film.

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