The Carrie Diaries (2013): bla, bla, bla, bla…

The Carrie Diaries est une nouvelle série diffusée depuis janvier 2013 sur les ondes de CW aux États-Unis et de CityTV au Canada. L’action se déroule en 1984 au Connecticut, mettant en scène les adolescentes Jill Thompson, surnommée « Mouse » (?), Maggie Landers et… Carrie Bradshaw : le même personnage de la célèbre série des années 2000, Sex in the city, diffusée alors sur les ondes de HBO.  C’est d’ailleurs d’après le livre de Candace Bushnell qu’a été créé The Carrie Diaries; la même auteure qui a inspiré Sex in the city. Donc, on retourne en arrière pour explorer les jeunes années de la célèbre auteure des chroniques sur le sexe alors qu’elle tente de concilier ses amours avec un stage qui la propulse à New York quelques jours par semaine. Bavardages à n’en plus finir, émotions très fleur bleue, relations amoureuses compliquées; on assiste à un Sex and the city, mais sans sexe et sans ville, ce sur quoi le succès de la première série était fondé. Et il y en a pour 13 épisodes en cette première saison…

Carrie qui?

Comme l’écrit Pierre Langlais dans son blogue[1] :« Comme c’est inconfortable. Je ne sais pas sur quel pied danser : si je pense Sex & the City, je reste agacé. Au mieux, je m’amuse des clins d’oeil, de la volonté des scénaristes de ne pas oublier qu’ils racontent les origines de Carrie, au pire j’enrage de ne plus reconnaître la série d’HBO,  je me sens volé.» Force est de le constater, l’utilisation du personnage de Carrie Bradshaw n’était qu’un coup de marketing afin d’attiser la curiosité des téléspectateurs. En fait, Carrie Bradhsaw dans Sex & the City a très peu parlé de son passé dans les 6 saisons de  plus de 70 épisodes que comptait la série. La porte était donc grande ouverte à l’improvisation, ce qu’a pu se permettre dans un premier temps l’auteure Bushnell dans un nouveau livre et dans un autre temps, les scénaristes de l’émission. Carrie a une jeune sœur, un père avocat, une mère qui est décédée alors qu’elle était adolescente et a été remarquée pour la première fois à New York non pas pour sa plume sulfureuse, mais bien pour son goût pour la mode. Bref, effectuer un retour en arrière dans la vie de Carrie demeurait à la discrétion des auteurs tant le champ était libre de toute interprétation. S’il faut trouver un lien avec l’émission culte, c’est bien dans la structure des épisodes.

En effet, chaque épisode est assez indépendant du précédent et empreint d’une narration en voix hors champ de Carrie sous un thème qui touche chacun des protagonistes. À la fin de ceux-ci, il y a une certaine morale à tirer des expériences vécues par les personnages de la série. Alors que dans Sex & the city, Carrie écrivait toutes ses pensées à l’aide d’un ordinateur, dans Carrie Diaries, comme le dit le titre, c’est dans un journal intime qu’elle compile le tout. Enfin, Sex in the city commence avec l’objet de convoitise de la principale intéressée : Mr. Big. On en sait peu sur son passé (on ne connaîtra même pas son vrai nom!), et de ruptures en réconciliations, ce n’est qu’à la toute fin du dernier épisode de la saison finale qu’ils formeront un vrai couple. Dans Carries Diaries, on sent le même schéma se dessiner avec Sebastian Kydd, un beau petit fils de riche qui attire le regard de toutes les filles. Bien qu’il se rapproche sensiblement de Carrie, on sent qu’il cache sans cesse quelque chose. Mais à l’inverse, on ne sait si ça vaut la peine de suivre toutes ces tribulations (encore), d’autant plus qu’il s’agit ici d’adolescents un peu niais campés dans une décennie dont on ne saurait trop définir l’identité.

Être adolescent dans les années 80

L’action se déroule en 1984. À mi chemin entre la jeunesse d’aujourd’hui dont les médias sociaux et autres gadgets ont profondément changé les habitudes de vie et des années 50-60 ou le sexe demeurait très tabou, les années 80 sont pour moi une zone grise difficile à cerner. On se dit que forcément, les filles comme les garçons devaient être plus « innocents » quant au sexe d’autant plus que le SIDA devenait à peine un sujet d’actualité.

Dans Carries Diaries, on a l’impression que cette décennie est dépeinte uniquement de façon superficielle, mettant l’emphase sur la mode, la musique ou les objets du passé tels que le walkman et les pop tarts.  L’épisode 3 s’ouvre d’ailleurs sur cette pensée « profonde » de la protagoniste :« It was 1984. Ronald Reagan and shoulder pads were all the rage»… Alors que dans Sex & the city, il y avait des discussions parfois crues sur le sexe, voici un extrait du premier épisode entre Mouse, Maggie et Carrie sur la «première fois» :

– Mouse: Seth Glassman, he’s from Washington, he’s a freshman. He’s amazing and so smart; we’d stay up in the dorm and we’d just talk about everything and I’d wake up in his arms and just think…

– Maggie: That you got laid!

Carrie – Just because all you think about is loosing your virginity doesn’t mean Mouse does… Wait, you lost your virginity to Seth?

– Mouse: It was like putting a hot dog in a keyhole! It hurt so bad! I was thinking, like, when it is going to end and luckily it did because it was over like in two seconds.

Voilà donc un exemple du verbiage continuel auquel on a droit en regardant la série. Des réflexions sur la sexualité suite à ce genre d’échange, tout comme d’autres sur le fait, par exemple, d’analyser les conséquences de mentir à ses parents ne peuvent qu’indifférer le téléspectateur.

Finalement, le contenu de Carries Diaries déçoit. Alors que certaines séries mettant en scène un groupe d’adolescents sont parvenues à trouver leurs créneaux comme 90210 (monde privilégié, manigances) et Glee (interprétations musicales, groupe d’exclus), Carries Diaries échoue dans sa tentative de créer un lien avec Sex and the city (était-ce seulement possible?) et n’offre que des réflexions très banales sur les premières amours. La surabondance de dialogues et la représentation simpliste des années 80 viennent mettre un coup de hache à la série, comme en font foi les cotes d’écoute.

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