Revolution (2012): un jeu virtuel où le courant ne passe pas

Revolution

Cette série est diffusée depuis septembre sur les ondes de NBC et Citytv au Canada. Le producteur, J.J. Abrams se spécialise dans les séries ou films de science-fiction alors qu’un des scénaristes est Eric Kripke qui a auparavant coécrit la populaire série Lost. Au début de Revolution, l’électricité disparaît de la surface de la Terre. Puis, on nous amène 15 ans plus tard alors que la population vit de la terre et qu’elle est dirigée par le gouvernement dictatorial Monroe. Le patriarche de la famille Matheson, qui semble détenir la clef de toute l’énigme entourant le black-out, refuse de suivre la milice venue le chercher et se fait tuer. Ceux-ci enlèvent son fils, Danny, et par la suite, sa sœur Charlie avec son oncle Miles, sa belle-mère Maggie et un ami de la famille, Aaron, entreprendront un long périple juché d’embûches afin de le délivrer.

Froideur des personnages

L’idée de base pouvait sembler intéressante, bien qu’elle ressemble un peu trop au schéma de Lost (l’avion qui s’écrase dans un lieu perdu, loin des technologies, etc.). La série aurait pu se positionner sur le fait que les gens doivent apprendre un nouveau mode de vie, s’adapter à la nature et tenter de cohabiter dans un univers où peu de temps auparavant, la communication virtuelle était maîtresse. Au lieu de cela, Revolution se définit comme un road trip… à pied. Pourtant, les moments d’émotions sont nombreux dans la série. L’enlèvement de Danny, les retrouvailles entre Charlie et son oncle alors que ce dernier apprend la mort de son frère, la mort de Maggie à la mi-saison et le moment où Danny, puis Charlie rencontrent leur mère Rachel qu’ils croyaient morte. Dans toutes ces scènes, le spectateur ressent très peu d’émotions. Aucun des personnages n’est vraiment attachant et la faiblesse des dialogues durant ces moments clés contribue à appauvrir les scènes. En fait, depuis le black-out et sous une république militaire, les personnages ont développé une attitude de survie. Tels des animaux, ils sont dotés d’un lien filial qui les pousse à se protéger les uns les autres (Miles et Charlie par exemple), mais pas à s’attacher ou à montrer leurs émotions ; la loi de la jungle. À défaut d’aimer les protagonistes, les spectateurs friands d’action pourront y trouver leur compte dans les combats.

Regarder un jeu vidéo

“I wanted to take everything I love about Lord of the Rings — swords and swashbuckling and quests and damsels in distress — put all that deep nerd fantasy stuff on the American highway,”. C’est ce qu’a affirmé le scénariste Eric Kripe lors de son écriture du script de la série. Le jeu vidéo de mon enfance, Mario Bros, mettait en scène Mario et son frère Luigi. Tous deux devaient parcourir plusieurs mondes afin d’aboutir au château de l’ennemi, Bowser, et de l’affronter dans le but de délivrer la princesse kidnappée. C’est exactement les grandes lignes de Revolution. Étant donné que les personnages se parlent peu et que le périple des protagonistes s’échelonne sur dix épisodes, il faut bien des combats pour égayer le spectateur. Sabres, fusils, mains nues, arts martiaux, carabines, arbalètes : tout y est pour ramener un peu de vie dans le synopsis.

Mario affrontant Bowser au jeu vidéo « Super Mario Bros. »

Les films d’action seront toujours populaires dans le monde. Dans les scènes de combat, chaque mouvement est chorégraphié et soigneusement étudié comme une danse. Pourtant, le schéma est assez simple : les bons affrontent une plus grande quantité de méchants, ne récoltent que quelques égratignures alors que les balles de fusil (ou une autre arme) les frôlent de temps en temps. Peu de sang coule et rares sont les scènes de réhabilitation!  Dans Revolution, c’est la redondance de ces scènes qui pose problème. La série se métamorphose en un jeu vidéo qui n’en finit plus, ne change jamais de décors et n’a rien d’autre à offrir.

En conclusion, le manque de profondeur ou de sentiments purs et simples des protagonistes et l’attention démesurée accordée aux scènes de combats rendent Revolution une série pénible à regarder. Pourtant, les cotes d’écoute, bien qu’elles aient baissé, conservent un niveau acceptable, si bien que NBC a commandé une saison complète qui reprendra au printemps à la même plage horaire. Afin d’expliquer le succès, encore très relatif de la série, peut-être devrions nous porter attention à la critique (négative) du blogue de Pierre Sérisier. Il y relève plusieurs thèmes chers dans l’imaginaire collectif américain : l’importance de la famille, la disparition de la démocratie, l’instauration d’un pouvoir militaire, un retour à l’époque de la conquête du territoire, la présence de méchants bandits, etc. Gageons sur la longévité de la série.

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4 réflexions sur “Revolution (2012): un jeu virtuel où le courant ne passe pas

  1. Je suis d’accord, ce n’est pas une très bonne série. Elle fait partie de ces nombreuses séries post-apocalyptiques qui essayent de percer (Falling Skies, The Event, FlashForward, TerraNova, etc.) Beaucoup de ces séries tournent autour de la famille, de la démocratie ou pas, etc.
    Pour ma part, Révolution est bien divertante. Et juste pour se poser soi-même la question « Mais qu’est ce que je deviendrais sans l’électricité ? » j’aime bien la regarder. 😉

    Bonne continuation et n’hésitez pas à faire un tour sur mon blog : http://howimetmyseries.wordpress.com/

    • Merci beaucoup pour la référence ! J’aime beaucoup ton wordpress: court, droit au but et très bien fait. Tu as aussi beaucoup de liens intéressants que je ne manquerai pas de consluter 🙂 Mon site web est très nouveau(un peu plus d’un mois), mais je compte bien m’y investir encore plus. Je me suis acheté un agenda rien que pour me tenir à jour sur les nouvelles dates de séries (The Following lundi prochain). Sinon, j’ai cherché ton appréciation de Downton Abbey sur ton site et ne l’ai pas trouvé, moi j’ai tout simplement adoré. J’ai hâte au 29 janvier alors que la 3è saison sera en vente au Québec.
      🙂 JF

      • Je fais les critiques au fur et à mesure, j’ai un fichier excel de 141 lignes… lol 0_o
        Downton abbey n’est pas encore passé 😉 Et puis j’attends de reprendre la saison 2 pour faire la critique.
        Hésites pas à laisser des com sur les autres séries que tu as aimé (ou pas)

        A bientôt pour les séries 😉

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