In the cut (2003) : souvenirs et horreur… en noir et blanc

Le court extrait ci-dessous provient du film de 2003, In the Cut, de Jane Campion. Celui-ci raconte l’histoire de Frannie qui tombe amoureuse du détective Giovanni Malloy qui enquête à New York sur un tueur en série qui ne s’attaque qu’aux femmes. Frannie est une femme solitaire qui se méfie beaucoup des hommes. Pourtant, elle aime évoquer la façon dont ses parents ont fait connaissance. Le couple se serait rencontré pour la première fois sur une patinoire extérieure. Au premier coup d’œil, ils sont tombés amoureux, son père s’est agenouillé et a demandé sa mère en mariage. Cette histoire est sortie tout droit d’un conte de fées. La vérité est qu’après quelques années de vie commune, son père a abandonné le foyer familial, laissant l’épouse devenir l’ombre d’elle même. Dans l’extrait ci-dessous, Frannie est de plus en plus nerveuse puisqu’elle se met à suspecter Malloy comme étant le meurtrier. Complètement saoule, elle s’assoupit et rêve à la rencontre de ses parents qui tourne mal…

La technique a été utilisée plusieurs fois. Au cinéma ou à la télévision, quand les gens rêvent, se remémorent ou que le montage nous expose à des flashbacks, il est très fréquent de nous montrer ces images en noir et blanc. Associé au muet, il signifie le passé. En même temps, a-t-on déjà vu des gens dans un film qui imaginent leur futur en noir et blanc? Non. L’effet du noir et blanc est aussi associé au genre du drame ou à l’horreur au cinéma. Que l’on pense à Sunset Boulevard de Billy Wilder (1950), à Pshycho d’Hitchcock (1960) ou à Whatever Happened to Baby Jane? de Robert Aldrich (1962). Ces trois films ont été tournés à une époque ou les films en couleurs étaient monnaie courante. Pourtant, les réalisateurs ont sciemment choisi de tourner en noir et blanc, sachant que l’effet horrifique du scénario s’en trouverait décuplé. Parmi les films muets les plus célèbres de l’histoire, notons Le Cabinet du Dr Caligari de Robert Wiene (1920) et Nosferatu de Friedrich Murnau (1922), tous deux appartenant à la période de l’expressionnisme allemand ;  genre qui a contribué à définir les balises du film d’horreur (voir les images ci-dessous). Dans l’extrait de In the Cut, le rêve de Frannie tourne littéralement en film d’horreur ou tout est exagéré : l’expression des personnages, la façon dont les jambes sont coupées et le film qui est en accéléré; toutes des caractéristiques associées au muet.

Nosferatu

Le Cabinet du Dr Caligari

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