Glee : une quatrième saison et une transition toute en douceur

Le problème se posera toujours lorsqu’on produit une série mettant en vedette des étudiants : ils grandissent, obtiennent leur diplôme (la plupart d’entre eux) et ils s’en vont à l’université. Du coup, au bout de deux ou trois ans, les producteurs doivent choisir. On peut remettre les pendules à zéro avec un nouveau casting. À ce propos, la populaire série britannique Skins que l’on peut retrouver sur Tou.tv s’en est très bien tirée : à tous les deux ans, on recommence avec de nouvelles têtes. Encore faut-il que les scénaristes ne soient pas à court d’imagination, ce qui jusqu’ici n’a jamais été le cas. L’autre option est de suivre les étudiants dans leur transition à l’université. Le concept avait été utilisé dans la série Beverly Hills 90210. De 1990 à 2000, il était temps que la série s’arrête (les cotes d’écoute en faisaient foi) et même les acteurs, de peur d’être catalogués à vie dans ses rôles, quittaient la série à un moment ou à un autre, laissant au final quatre des protagonistes principaux sur huit. Dans le cas de Glee, on a coupé la poire en deux et le résultat est étonnamment réussi.

En effet, du volumineux casting initial, neuf personnages principaux voguent vers d’autres cieux (Mike, Rachel, Finn, Mercedes, Quinn, Santana, Puckerman et Kurt), tandis qu’on a timidement introduit cette saison six nouveaux personnages (Kitty, Brody, Jake, Marley, Unique et Ryder, le gagnant du Glee Project). À défaut d’avoir un seul groupe uni comme dans les saisons précédentes, on alterne d’un épisode à l’autre entre la vie au lycée McKinley tout en suivant le parcours des finissants et les nouveaux défis qui les attendent. Ils entament une nouvelle vie et le fait d’avoir vu leur souhait le plus cher se réaliser : avoir remporté l’ultime prix; les « Nationals » à Chicago est désormais derrière eux. Par exemple, la fière Rachel constate qu’il est plus difficile de se faire une place parmi les « grands » maintenant qu’elle étudie à Nyada à New York. Il y a Kurt qui après avoir été refusé à cette même école, se trouve un stage à New York pour le site Web de Vogue. Comptons aussi Finn, qui après avoir été renvoyé de l’armée, revient à Lima pour finalement diriger la comédie musicale annuelle de Mckinley.

Les nouveaux personnages ne sont pas en reste. Brody, qui étudie avec Rachel risque fort de nouer une relation intime avec celle-ci maintenant qu’elle est séparée de Finn. Notons aussi l’adition de Jake, le garçon rebelle et petit frère de Puck, de Kitty, la nouvelle « cheerleader » autant, sinon plus désagréable que Santana ou Quinn, ou encore de Marley, qui sous des apparences d’adolescente effacée, nourrit une passion pour le chant qui transperce l’écran.

La série qui accumule les Emmy, Golden Globes, AfterEllen, People’s choice, Teen choice et Satellite Awards reste toutefois fidèle à elle-même. C’est un mélange incroyable de jeunes talents de toutes classes, races, orientations sexuelles avec des voix magnifiques qui interprètent des chansons de toutes époques confondues, en passant d’un remarquable medley entre You Drive Me Crazy de Britney Spears et Crazy d’Aerosmith jusqu’à tout le répertoire de la comédie musicale de Grease. Les prestations de stars d’un autre univers cinématographique telles Kate Hudson, Sarah Jessica Parker et Whoopi Glodberg apportent un intérêt supplémentaire à la série, ne serait-ce que pour attirer des curieux. D’après le site screenrant.com, nous devrions retrouver au dernier épisode de la série la sulfureuse Lindsay Lohan et le « potineux » d’Hollywood Perez Hilton.

La popularité de Glee tient du fait qu’à mon avis, elle est au centre de cette mouvance vers la musique, la danse et le chant à la télévision. Qu’on pense à des émissions qui plafonnent les cotes d’écoute ou qui ont très bien marché comme The Voice, So You Think You Can Dance, Smash, The Glee Project, Nashville ou Dance Moms.

L’âge d’or du cinéma se situe dans les années 30, alors que l’Amérique se trouvait en pleine crise économique et les « musicals » étaient plus populaires que jamais. Même les films relatant cette époque nous font revivre cette nostalgie (pensons à Cabaret (1972), Victor, Victoria (1982) ou Chicago (2012). Les gens allaient au cinéma pour voir du rêve et s’évader. Plus tard, avec le cliché de la star qui part de rien, mais qui se rend au sommet cristallisé dans le film de 1950, All About Eve, a fini de consolider le mythe et d’attiser les ambitions les plus folles.

Est-ce un hasard qu’en pleine crise économique mondiale, ce genre revienne à la mode ? Le paradoxe ici, c’est qu’au moment où l’on valorise les arts de la scène dans toute leur opulence, les différents gouvernements de la planète aux prises avec d’importants déficits n’hésitent pas à couper dans le domaine des arts. Pensons à la seule chaîne publique américaine PBS dont l’avenir semblait définitivement menacé avec une possible élection de Mitt Romney ou encore les coupes répétées du premier ministre canadien Steven Harper à l’endroit de Radio-Canada, l’une des plus grandes institutions culturelles au pays. Une chose est sûre, l’univers de Glee, malgré la transition qui s’effectue entre les nouveaux et les anciens, continue d’attirer autant d’Américains devant leur écran, offrant un divertissement de qualité, de tolérance et d’amour de soi.

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